Joe Budden – Padded Room (2009)

28 03 2009

Les relations qu’entretiennent Joe Budden et la musique sont sans nul doute les plus intenses qu’on connaisse dans le milieu du Hip Hop. La majorité des artistes ne peuvent guère s’en passer pour une question de passion ou de rémunération pour d’autres, mais pour Budden, c’est juste une question de survie. Une transcription écrite de son mal-être, posée sur beats, qui chasse ses démons et lui donne encore la force de regarder à l’horizon. Si ce dernier a réussi à décrocher de la drogue, c’est grâce à elle, si sa notoriété et son nom sont reconnus aujourd’hui, c’est encore grâce à elle. Ce rappeur à l’esprit torturé (cf la pochette de l’album où on le voit dans sa camisole à la Hannibal Lecter) a donc tout le temps besoin d’exposer sur feuille de papier la noirceur de ses pensées et de nous les faire partager. Une nécessité qu’il enregistre désormais en indépendant (Amalgalm Digital) depuis que le label Def Jam l’a renié et l’a laissé au placard, malgré le disque d’or et les tubes fournis (« Pump It Up », « Fire »). Peu importe si les ventes ne seront pour lui plus aussi conséquentes, peu importe si le buzz n’est plus pareil, sa série de mixtape « Mood Muzik » et ses streets album dont « Halfway House », qui sont d’ailleurs d’aussi bonne qualité qu’un solo, lui permettent de faire entendre sa plume à qui veut bien l’écouter. Un retour gagnant qu’il concrétise ici avec ce « Padded Room » qu’on attendait depuis 6 ans maintenant. Lire le reste de cette entrée »





Ludacris – Theater of the Mind (2008)

29 11 2008

Date de sortie: 24 Novembre 2008
Réalisé par: Ludacris
Avec: Ludacris, T-Pain, The Game, Jay-Z, Nas, Lil Wayne,…
Film américain.
Genre : Comédie/Drame/Action/Erotique
Durée : 1h 15min.
Année de production : 2007/2008
Producteurs: DJ Premier, 9th Wonder, Cinton Sparks, Scott Storch, DJ Toomp,…
Producteurs Executifs: Chaka Zulu, Jeff Dixon
Distribué par Disturbing Tha Peace/Def Jam Lire le reste de cette entrée »





E-40 – The Ball Street Journal (2008)

23 11 2008

Beaucoup de personnes pensent ou affirment que le Hyphy est déjà mort, que ce n’était qu’un courant de courte durée. Mais cette sensation venue de la Bay peut encore compter sur l’expérience du vétéran E-40, qui traverse les générations en s’adaptant et en restant toujours aussi actif pour représenter fièrement le mouvement. Le fondateur de Sick Wid It Records s’est régénéré en 2004 depuis son départ du label Jive pour s’allier et faire sa cure de jouvence avec le pilier de la Crunk Lil’ Jon via BME et Warner Bros. Le résultat donna lieu à un « My Ghetto Report Card » bien électrisant qui a ravi les fanatiques et les amateurs de gros bangers. Le king du Slang, qui a d’ailleurs récemment sorti un livre à ce sujet, a refait une tournée à la fin de l’année 2008 avec un juicy bien frais dont il est vraiment le seul à pouvoir nous servir. « The Ball Street Journal » est dans la fine continuité du précédent; un cocktail d’égotrip verbal, de productions trempées dans la fonte et d’une sucrette allégée pour convertir les ondes radio. Lire le reste de cette entrée »





Ice Cube – Raw Footage (2008)

27 08 2008

Dans le quartier de South Central les rues recommençaient à trembler en 2006 en retrouvant le flow rageur de son plus prolifique poulain Ice Cube. 6 ans qu’on attendait ça. Son retour en force en a surpris plus d’un tellement on le pensait trop occupé à jouer la comédie dans des films de plus en plus loufoques. Mais même convertis en boy in Hollywood l’appelle de la musique reste un élément prioritaire de sa carrière. Il a su se mettre à jour et suivre la tendance des productions South tout en l’adoptant à sa nature provocatrice. Une renaissance sous fond de gros bangers, signée Lil Jon ou Scott Storch, épaulé de fidèles acolytes tel Snoop Dogg, WC (dont il a sorti l’album l’année dernière sous son propre label) ou Kokane avec lequel ils nous rappellent que la westcoast peut encore compter sur de solides piliers pour la représenter avec honneur. Avec l’art de toujours trouver la formule inquiétante pour intituler un de ses projets il revenait avec autorité sur « Laugh Now, Cry Later » et démontrait ainsi à tous que le vaccin contre la rage n’avait pas eu de résultat sur lui. Un nouvel album du charismatique Nigga With Attitude reste et restera un évènement quoi qu’il arrive, mais une fois l’effervescence du come-back escompté le projet suivant aura nettement moins de buzz, d’autant plus s’il est commercialisé dans la même période que celui de The Game. C’est sous ce climat incertain et trop flou que l’on découvre « Raw Footage » (Lench Mob Records), huitième long métrage de ce vétéran né avec les sourcils froncés. Lire le reste de cette entrée »





Nas – Untitled (2008)

21 07 2008

Si on sait que le rappeur est déjà rentré dans la légende du Hip Hop depuis 1994, son arrivé récente au sein de l’équipe Def Jam semble l’avoir régénéré, l’avoir poussé plus en profondeur dans le fin fond de ses pensées pour sortir des produits qui frapperont plus que jamais de plein fouet l’industrie du disque, et restera ainsi gravé dans l’histoire. Il y a deux ans, il créait la polémique et s’attirait les foudres de pas mal de ses confrères du Mic en appelant son opus « Hip Hop Is Dead ». Derrière ce titre racoleur et provocateur, il fallait bien sûr se douter, connaissant le bonhomme, qu’une métaphore plus subtile se cachait. L’album était surtout un appel à la prise conscience des gens, au réveil des esprits, à reprendre les choses en main pour éviter un futur déclin tel celui de l’Empire romain. Nas s’est toujours considéré à juste titre comme un disciple de la rue qui s’adresse à la rue, mais il y a des vérités qui ne sont pas vraiment bonnes à dire et qui font siffler les oreilles de certaines autorités. Alors quand ce dernier décide de baptisé « Nigger » (« Nègre ») son nouvel album, il fallait se douter des répercussions et des multiples critiques qui allaient s’en suivre. Ce n’est pourtant pas le premier à l’utiliser dans un titre, on se souvient de « Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z » de 2Pac qui était boudé par les médias malgré l’aspect des initiales ou encore du Niggaz4life dissimulé en « Efil4zaggin » sur la pochette du dernier album des N.W.A. Lire le reste de cette entrée »





The Game – L.A.X. (2008)

31 05 2008

Sur l’arbre généalogique du Hip Hop, The Game appartient à la branche descendante des N.W.A. Il fait partie de cette génération bercée et élevée dans le bain des provocations de ces pionniers qui ont mis le monde sens dessus dessous avec leur rap de gangster. La côte californienne cherchait depuis quelque temps déjà un héritier digne de ce nom qui pourrait faire revivre sa réputation. Sous l’aile protectrice de l’intouchable Dr. Dre et de 50 Cent (alors en pleine jouissance médiatique) les premiers pas de The Game avec « The Documentary » l’ont immédiatement désigné et propulsé comme l’incarnation du renouveau de la scène Westcoast. S’en ai suivi de multiples évènements dont je passerais les détails, car tout le monde les connaît et on en a déjà parlé indéfiniment sur rap2k. Mais son deuxième solo intitulé « Doctor’s Advocate » était encore plus attendu dans le sens où sans l’aide des deux artistes précédemment cités The Game allait-il pouvoir s’en sortir et achever un nouvel album ravageur? Dès les premières notes, le public a été fixé; avec ses collaborateurs, son talent et son envie de croquer le monde il a fait fermer les bouches de tous ces détracteurs. Le nouveau millénaire est frappé de son sceau ‘bloodien ‘, la ou avec le temps certain s’enlise ou dégringole lui ressurgit encore plus fort en déclarant toujours autant son amour pour le Hip Hop, son quartier et ses légendes. Que pourrait bien nous apporter un autre album de The Game si ce n’est du plaisir et une confirmation de plus de sa suprématie dans son domaine . L’annonce faite au réveillon de l’an dernier semble nous diriger vers une autre attente insoupçonnable : « L.A.X. » serait selon ses affirmations son troisième et dernier album. Une retraite définitive voulue, sans possibilité de come-back à la Jay-Z, pour rattraper le temps, être plus présent au sein de sa famille et s’occuper plus amplement de son label Black Wall Street. Entre nous, qui est choqué par cette annonce? Cela paraît tellement gros, tout lui réussit si bien qu’on a vraiment du mal à y croire! On verra bien ce qu’il nous réservera à l’avenir, pour le moment dégustons ce énième volet qu’il nous propose, et qui sonne donc comme la bande-annonce de la cérémonie de clôture d’une carrière courte et incroyable (comme celle de ces idoles). Lire le reste de cette entrée »





The Game – Doctor’s Advocate (2006)

13 11 2006

Après avoir crée un engouement hors du commun avant la sortie de son premier album The Documentary (sorti sur Aftermath/G Unit Records), The Game n’a pas pour autant cessé de faire parler de lui après la sortie de ce disque qui a connu un énorme succès : environ 400 000 exemplaires vendu le jour de sa sortie aux USA, pour finir double platine et finalement comptabiliser plus de 4 millions d’albums vendus dans le monde. Lui, le nouveau protégé de Dr Dre, lui qu’on nomme déjà comme le nouveau représentant de la Westcoast, est devenu en l’espace de quelques semaines la coqueluche des médias. Il faut dire qu’il y avait matière à se pencher sur son cas, la presse n’ayant cessé de suivre ses péripéties au jour le jour depuis la querelle naissante avec 50 Cent peu après la sortie de Documentary (et qui continue encore de nos jours). Eté 2005, la nouvelle tombe : 50 Cent, qui l’avait pourtant pris sous son aile et contribué à son succès, annonce à la radio qu’il ne faisait plus partie du crew des G-Unit. S’ensuivit alors de nombreuses tensions et représailles à distance, comme la première fois où le slogan fédérateur ‘G-Unot’ fut lancé lors du festival Summer Jam, sans parler des multiples diss-tracks à l’encontre de Curtis Jackson et sa bande. La réaction du camp adverse fut réciproque. Et ce n’est pas cette pseudo-réconciliation lors de donations de fonds pour diverses associations qui changera la donne. Mais qui sème le vent récolte la tempête… C’est un peu ce que The Game va finir par s’apercevoir à force de chahuter tout le monde et de lancer des campagnes nuisibles sur 50 Cent, vu que celui-ci est aussi lié au label Aftermath. Lire le reste de cette entrée »