Murs & 9th Wonder – Fornever (2010)

25 04 2010

 Va falloir que 9th Wonder et Murs pensent sérieusement à se pacser vu qu’ils en sont déjà à leur quatrième album avec ce Fornever fraîchement débarqué. Même si les deux sont un peu volages et spécialistes des projets communs avec d’autres artistes, lorsque ces deux activistes se retrouvent la magie opère instantanément. Les mélodies légères et les samples de 9th Wonder frôlent comme d’habitude la parfaite harmonie avec le flow de Murs et son art de conter les histoires avec sincérité. En témoigne cette aventure originale avec une star du porno qu’il nous raconte sur ‘Vikki Veil’ ou encore sur l’énorme single ‘The Problem Is…’ qui reste le morceau phare de l’opus. En plus d’une production captivante, le thème de fond révolutionnaire, critique du système, qui n’est certes pas tout neuf dans le milieu du Hip Hop retrouve une énergie et des pulsions qui nous manquaient dernièrement. A cela s’ajoute l’intervention sulfureuse et linéaire de Sick Jacken et vous obtenez un titre très efficace. Lire le reste de cette entrée »





DJ Quik & Kurupt – BlaQKout (2009)

23 06 2009

 

Voila un album qui accentuera la nostalgie des amoureux de cette époque ou la Westcoast ensoleillait et dominait le Hip Hop. Finis l’esprit et les crapuleries de l’écurie Death Row, seul les amitiés ne se sont pas effritées, en témoigne cet album commun fabriqué en 2009 par ces deux lascars qui continuent de nous faire vibrer. Dj Quik, producteur génial à la touche funky qui vous caresse l’intérieur du crâne, et Kurupt, chien fou de Los Angeles au style rafraîchissant et inimitable, la formule nous en donne déjà l’eau à la bouche. Surtout qu’on se souvient de l’excellent « Digital Smoke » que ce dernier avait conçu avec J. Wells. Deux gros noms que tout le monde connaît, mais néanmoins deux artistes qui semblent ne pas avoir reçu l’engouement mérité durant leur carrière. Probablement dû à une discographie en demi-teinte pour Kurupt, et l’impacte de Dr. Dre qui a semble-t-il toujours fait de l’ombre aux autres prodos californiens. Cela n’a pas pour autant empêché le travail de DJ Quik d’être reconnu, de resté dans l’histoire et d’être encore aujourd’hui grosse référence pour les générations qui suivent. Lire le reste de cette entrée »





B-Real – Smoke N Mirrors (2009)

16 03 2009

A bien y réfléchir, B-Real était l’un des seuls piliers de gros groupe à ne jamais avoir sorti d’album solo. On n’en connaît pas réellement les raisons, paresse personnelle, volonté de trop bien faire, veto posé par Columbia Records ? Une multitude de possibilités récurrentes nous sautent immédiatement à l’esprit. En tout cas, cela fait maintenant plus de 20 ans, depuis les débuts des Cypress Hill, qu’on attendait comme des morts de faim un tel projet de sa part. Et c’est lors d’une escapade chez Duck Down Records qu’il va enfin concrétiser celui-ci après une série de mixtape « Gunslinger » qui annonçait l’évènement. Après Frost, B-Real est l’artiste latino le plus célèbre du Hip Hop ; sa voix nasillarde, sa vibe et ses phrasés infusés de marijuana en ont fait un personnage emblématique dans le milieu. Pour les jeunes et moins jeunes de la communauté hispanique, c’est carrément un modèle, une icône qui représente fièrement « La Raza ». Lire le reste de cette entrée »





Snoop Dogg – Ego Trippin’ (2008)

12 03 2008

Il était temps que les amateurs de rap Westcoast acceptent une fois pour toute que Snoop Dogg ne concevra jamais un Doggystyle bis (ni une suite à son dernier classique certifié Tha Last Meal), la mode du G Funk appartient au siècle dernier même si des irréductibles la font perdurer (même dans nos contrées du Val II Marne). Mais Snoop n’a pas attendu l’avis des conservateurs pour poursuivre son évolution artistique, il avait d’ailleurs scandalisé son fidèle public avec R&G The Masterpiece en 2004. Pour Ego Trippin’, le rappeur de Long Beach tenait absolument – au départ – à réaliser un album sans aucun invité, très personnel, produit uniquement par The Neptunes et sur lequel il pourrait faire trembler sa luette comme il le sentait. Une démarche audacieuse carrément à l’opposé d’un Tha Blue Carpet Treatment featuring la côte ouest au complet plus des grands noms rap/r&b en tout genre, artistes et producteurs confondus. À l’arrivée, le résultat n’a rien à voir avec ce qui était convenu : Quatre artistes se sont greffés à ce projet supervisé par QDT Muzik…QDT ? l’acronyme de Quik/Dogg/Teddy, plus précisément un trio formé de Snoop, l’illustre producteur Westcoast DJ Quik et Teddy Riley, la légende urbaine qui a inventé le New Jack à la fin des années 80 et produit Dangerous de Michael Jackson.

Après écoute des 21 pistes, aussi différentes les unes que les autres, il fallait une analyse complète et précise de cette œuvre surprenante point de vue créatif. Pour cela, le westcoastler Bobby Milk et moi-même, défenseur d’un Hip Hop progressif, allons confronter nos avis titre par titre à travers nos descriptions. Lire le reste de cette entrée »





NORE – Noreality (2007)

7 08 2007

Si il y a bien un artiste qui déçoit ces derniers temps c’est bien NORE. L’ancien partenaire de Capone n’est plus celui qu’il a été. Finie l’époque où les deux activistes défrayaient la chronique et s’habillaient de leur tenue militaire pour nous rapporter les dernières news sanglantes en direct des quartiers du Queensbridges et de LeFrak City. Mais qu’est-ce qui peut autant nuire à la carrière d’un rappeur? Encore et toujours ces problèmes de changement de label… Déchu de son nom de Noreaga, il passa des années à chauffer les bancs de Def Jam pour finalement sortir God’s Favorite, son seul et unique album en 7 ans. Sans compter son disque tant annoncé 1 Fan A Day chez Roc A Fella, qui enfin de compte a fini aux oubliettes, et sa piètre aventure reggaeton de l’année dernière sur Roc La Familia (N.O.R.E. Y La Familia…Ya Tu Sabe) avec laquelle il pensait enfin retrouver le sourire en surfant sur le succès de ce courant musical. Mais son origine porto-ricaine et le tube « Oye Mi canto » n’ont pas suffit a redorer son blason.

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Kurupt & J. Wells – Digital Smoke (2007)

28 06 2007

L’été approche à grand pas, et c’est justement pour tous les amoureux des bon gros sons ensoleillés que Kurupt & J.Wells se sont associés pour nous proposer une recette typique californienne. Baptisé Digital Smoke (Bonzi Records), ce produit est une came composée d’ingrédients déjà très répandus sur la côte ouest. Mais ces gros barons ont les bras longs et savent toujours comment attirer les clients, nouveaux ou anciens, en les rendant vite accros. La réputation du bouche à oreille fait souvent vite effet, c’est pour ça qu’ils ont fait appel à des experts en ’weedologie’ afin qu’ils testent, analysent et rendent le produit plus crédible, plus commercial. Un certains Mr. Kane, grand chercheur de Pomona renommé pour ses travaux sur l’addiction à ces substances, est devenu vite gaga lorsqu’il s’injecta dans les tympans une dose que lui a réservé J.Wells (« I Came In The Door« ). Bruitage de lèvres, imitation de chèvre, des pleurnicheries lyricales, bref un sentiment de psychose mêlé à l’extase s’est installé en lui. Lire le reste de cette entrée »





Sa-Ra – The Hollywood Recordings (2007)

7 05 2007

Il y a quelques temps, j’aurais eu du mal à vous répondre si vous me demandiez de trouver un groupe plus décalé que les Outkast. Mais depuis peu je n’hésiterai pas une seconde à vous répondre le trio Om’Mas Keith, Shafiq Husayn et Taz Arnold, plus connu sous le nom de Sa-Ra Creative Partners. Une tenue vestimentaire originale, mi-fashion mi-rétro : le genre de personnes qui s’habillent avec les rideaux de grand-mère adaptés à notre époque. Et surtout une musique futuriste, kitsch et cosmique qui comme leurs vêtements s’imprègnent d’un héritage. Les quelques astéroïdes (Maxi, Vinyls…) lancées furtivement dans les bacs n’ont pas suffit puisqu’ils reviennent cette fois-ci avec leur véritable album nommé The Hollywood Recordings (Babygrande Records). Et le moins qu’on puisse dire c’est que nous avons le droit à un véritable film des studios hollywoodiens avec ce disque, pour le coup il faudrait même l’écouter dans son lecteur DVD, son 5.1 dolby surround. Le spectacle est assuré à coup sûr, les paillettes et les spots illuminent les pistes, les acteurs vedettes sont présents (Talib Kweli, Bilal, Kurupt, Erykah Badu…), le scénario est un mélange de déjà vu (Thrilla et Fish Fillet extraits de leur maxi Second Time Around) avec des nouveaux ingrédients, des effets spéciaux, très spéciaux, « So Special » comme dirait Rozzi Daime. Il ne reste plus qu’à s’installer confortablement dans son fauteuil, boite de pop corn à la main pour déguster et profiter de ce savoureux voyage spatio-temporel que nous proposent les Sa-Ra. Lire le reste de cette entrée »