Jadakiss – The Last Kiss (2009)

28 05 2009

Jadakiss fait partie de cette catégorie de rappeur qu’on reconnaît instantanément dès qu’il ouvre la bouche. Une patte vocale assez imposante, légèrement enrayée, qui a fait de lui l’une des figures importantes qui composent le Hip Hop. Oui mais voila, lorsqu’il s’échappe en solitaire et laisse de côté ses camarades des L.O.X., la sensation s’amoindrit très nettement. Le pilier Jadakiss est poursuivi par cette malédiction qui veut que sa discographie se vende mal et pire, soit mal acceptée par la critique. La raison de ce phénomène semble, à notre avis, se trouver dans ce souci de plaire à un large de public en invitant tout et n’importe qui, de trop se prendre la tête artistiquement pour au final dénaturer vraiment le produit de la rue qu’il est. Et être encore lié indirectement à Bad Boy Records à l’époque n’est pas anodin à ces contraintes. Là où « Kiss tha Game Goodbye » répondait quelque peu à notre attente avec une pincée de singles sulfureux, « Kiss of Death » se ratatinait de plus belle et se focalisait principalement sur cette polémique autour de sa punchline « Why Do Niggas Push Pounds of Powder? Why did Bush Knock Down The Towers? » (Dans le morceau « Why » avec Anthony Hamilton). Après 5 ans de réflexion et d’interminable décalage de date, Jada semble prêt à nous révéler son projet qui clôturera ainsi la trilogie des « Kiss ». Même si l’envie le démangeait ce ne sera finalement pas « Kiss my Ass » qu’il l’intitulera, son envie de frapper un grand coup avec un titre percutant s’est en fin de compte transformer en un larmoyant « The Last Kiss » par souci de langage. Encore une fois l’authenticité de son auteur s’effondre même dans le titre. Lire le reste de cette entrée »





Master P – Ghetto D (1997)

30 06 2007

Dix ans déjà, une décennie que cet album de Master P est sorti. Pour fêter cet anniversaire en beauté, Priority Records/EMI réédite ce classique qu’est Ghetto D, agrémenté de quelques bonus inédits. Cet album est avant tout celui qui a consacré et confirmé le règne de Percy Miller et de son empire No Limit Records sur une partie du paysage Hip Hop, particulièrement le Dirty South, dans les années 90.

A l’époque, les tendances viennent principalement des deux côtes. Les artistes venant de la Nouvelle-Orléans ou autres sont vus comme de simples campagnards et ont du mal à démarcher envers les maisons de disques. Des pauvres bouseux pourtant nombreux, qui vivent eux aussi dans des ghettos parmi les plus dangereux et insalubres des Etats-Unis. C’est donc avec une stratégie et un business bien adapté que la dynastie No Limit s’est construite : une surproduction d’albums de gangsta rap, des documentaires/films et autres produits dérivés qui reflètent la réalité des quartiers du sud afin que ses habitants se sentent enfin représentés. Son succès ne se fait pas attendre et sa fortune colossale font rapidement de lui l’un des boss du Hip Hop. Ghetto Dope est sûrement son meilleur album et c’est aussi celui qui le représente le mieux. Censuré au dernier moment pour devenir Ghetto D, la pochette est elle aussi retouchée en enlevant l’image d’un jeune drogué fumant son crack devant le magasin de disque de Master P. Toujours dans la même veine des CDs qui sortent sous cette étiquette, Ghetto D est bourré de featurings d’artistes signés principalement dans sa crèche histoire de les mettre en avant (Mystikal, Fiend, Mia X,…). En plus, il a une pochette qui saute aux yeux et contient pas mal de tubes hardcore qui font mouches. Lire le reste de cette entrée »