Busta Rhymes – Back on My B.S. (2009)

16 05 2009

 

Universal Motown se frottait déjà les mains en voyant dans ses rangs la venue de l’imposant Busta Rhymes… Partis d’Aftermath/Interscope suite à un différent avec son patron Jimmy Lovine, le Leader of The New School a dû reconstruire entièrement son album à cause ce conflit et un tel retournement de situation laisse forcément des traces. La majorité des titres promos ne figurent donc pas sur ce disque baptisé « Back On My B.S. » , pour Bullshit (« Watch Ya Mouth », « I Got Bass », « Don’t Touch Me », « We Made It », « G-Stro »). Universal se retrouve alors avec une coquille quasiment vide qui a dû être comblé dans l’urgence. Voila principalement les raisons de ce pauvre tracklisting, invités + producteurs, qui n’est pas du tout représentatif d’un vrai album de Busta Rhymes. Pas de J Dilla (même pas une prod. inédite sortie d’un fond de tiroir) et un panel commercial derrière le micro digne d’un nouvel artiste fraîchement débarqué dans le circuit. Seul les Neptunes ont résisté à la tempête. Avec tous ces ingrédients devant nos yeux, difficile de la croire lorsqu’il nous déclare que son huitième opus est un retour aux sources. Lire le reste de cette entrée »





Scarface – Emeritus (2008)

7 12 2008

Il va falloir qu’on s’y fasse, mais le célèbre label texan Rap-a-Lot Records voit en « Emeritus » (Asylum Records) le tout dernier album solo de la carrière de Scarface. Après une année 2008 pourtant fructueuse qui a vu débouler le nouveau Bun B, Devin The Dude, les solos de Z-Ro et Trae ainsi que leur collaboration commune, la plus grosse et l’une des plus anciennes structures sudistes va donc devoir continuer son bout de chemin sans celui qui l’a construit et boosté par l’intermédiaire de son groupe Geto Boys.

Le patron J. Prince prend une fois de plus la parole dès l’introduction, mais contrairement à ce qu’on pouvait le supposer, ce n’est pas pour rendre hommage à l’artiste qui lui a permis de connaître la gloire, mais plus pour tergiverser pendant 4 min sur des anecdotes et drames personnels. Étonnant, pour ne pas dire plus qu’irritant lorsqu’on a les oreilles affûtées pour écouter la dernière balle d’une légende et qu’on se retrouve endormis par un discours sirupeux. Scarface à beau approuver cet aparté, on a encore plus de mal à croire à sa retraite définitive. C’est cet effet de mode qui nous pousse vers la méfiance et le doute. Mais venant de la part d’un activiste qui a 22 ans de routine et qui tirerait sa révérence sur un coup de tête en achevant son neuvième album, on se demande vraiment pourquoi il ferait une telle chose, surtout qu’il semble avoir encore de nombreux discours à expliciter. Lire le reste de cette entrée »





Ace Hood – Gutta (2008)

15 11 2008

 Il n’y a pas plus explicite: Le blason We The Best Music d’un côté, de l’autre celui de Def Jam Recordings, le tout est relié par un bon paquet de fric accompagnant le produit qui a fait fructifier cette collaboration. Ça sent le business à plein nez! Derrière le jeune rookie sudiste Ace Hood on n’est pas étonné de retrouver le manager/Dj/entrepreneur/producteur? le plus gueulard du Hip Hop game, le palestinien le plus bling bling de Miami, j’ai nommé DJ Khaled. Premier poulain de l’écurie, Ace Hood débarque lui aussi de Floride et comme son mentor et beaucoup de nouvelles têtes à venir s’aventurer dans le milieu, il est principalement la pour faire son biz; faire trembler les rétros avec les boomers, bouger les culs et faire voler les dollars sans prise de tête avec une panoplie de titre bangers ([i] »Get’ Em Up »[/i]. Lire le reste de cette entrée »





Nas – Untitled (2008)

21 07 2008

Si on sait que le rappeur est déjà rentré dans la légende du Hip Hop depuis 1994, son arrivé récente au sein de l’équipe Def Jam semble l’avoir régénéré, l’avoir poussé plus en profondeur dans le fin fond de ses pensées pour sortir des produits qui frapperont plus que jamais de plein fouet l’industrie du disque, et restera ainsi gravé dans l’histoire. Il y a deux ans, il créait la polémique et s’attirait les foudres de pas mal de ses confrères du Mic en appelant son opus « Hip Hop Is Dead ». Derrière ce titre racoleur et provocateur, il fallait bien sûr se douter, connaissant le bonhomme, qu’une métaphore plus subtile se cachait. L’album était surtout un appel à la prise conscience des gens, au réveil des esprits, à reprendre les choses en main pour éviter un futur déclin tel celui de l’Empire romain. Nas s’est toujours considéré à juste titre comme un disciple de la rue qui s’adresse à la rue, mais il y a des vérités qui ne sont pas vraiment bonnes à dire et qui font siffler les oreilles de certaines autorités. Alors quand ce dernier décide de baptisé « Nigger » (« Nègre ») son nouvel album, il fallait se douter des répercussions et des multiples critiques qui allaient s’en suivre. Ce n’est pourtant pas le premier à l’utiliser dans un titre, on se souvient de « Strictly 4 My N.I.G.G.A.Z » de 2Pac qui était boudé par les médias malgré l’aspect des initiales ou encore du Niggaz4life dissimulé en « Efil4zaggin » sur la pochette du dernier album des N.W.A. Lire le reste de cette entrée »





Lil’ Wayne – Tha Carter III (2008)

28 06 2008

Par où commencer…. il y a tellement à dire lorsqu’on évoque le cas Lil’ Wayne. Au premier abord ce qui saute immédiatement à l’esprit c’est cette improbable ascension qu’a connu au fil des années le rappeur des Cash Money. Les médias et l’univers musical voisinant le Hip Hop en sont devenu totalement boulimique. À un point qu’on peut, dors et déjà deviner sa présence sur le prochain projet de tel ou tel rappeur. On a beau l’apprécier, ou pas, cette surexploitation en devient étouffante pour tous. D’un autre côté, de fil en aiguille, c’est avec ce procédé qu’il a réussi à Lil’ Wayniser la planète. Une apogée qu’il concrétise le 10 juin 2008 en sortant le très attendu dernier chapitre de la trilogie des Carter. Comme à son habitude une flopée de mixtape (plus ou moins officielles) à vu le jour avant l’album, laissant transparaître quelques inédits qui seront en fin de compte utilisés sur le EP intitulé « The Leak » et qui n’a fait qu’augmenter un buzz déjà trop bien bâti. EP d’ailleurs disponible en bonus avec cet album. « Remember Me » qu’il disait à 16 ans sur ‘Tha Block Is Hot’… Lire le reste de cette entrée »





The Game – L.A.X. (2008)

31 05 2008

Sur l’arbre généalogique du Hip Hop, The Game appartient à la branche descendante des N.W.A. Il fait partie de cette génération bercée et élevée dans le bain des provocations de ces pionniers qui ont mis le monde sens dessus dessous avec leur rap de gangster. La côte californienne cherchait depuis quelque temps déjà un héritier digne de ce nom qui pourrait faire revivre sa réputation. Sous l’aile protectrice de l’intouchable Dr. Dre et de 50 Cent (alors en pleine jouissance médiatique) les premiers pas de The Game avec « The Documentary » l’ont immédiatement désigné et propulsé comme l’incarnation du renouveau de la scène Westcoast. S’en ai suivi de multiples évènements dont je passerais les détails, car tout le monde les connaît et on en a déjà parlé indéfiniment sur rap2k. Mais son deuxième solo intitulé « Doctor’s Advocate » était encore plus attendu dans le sens où sans l’aide des deux artistes précédemment cités The Game allait-il pouvoir s’en sortir et achever un nouvel album ravageur? Dès les premières notes, le public a été fixé; avec ses collaborateurs, son talent et son envie de croquer le monde il a fait fermer les bouches de tous ces détracteurs. Le nouveau millénaire est frappé de son sceau ‘bloodien ‘, la ou avec le temps certain s’enlise ou dégringole lui ressurgit encore plus fort en déclarant toujours autant son amour pour le Hip Hop, son quartier et ses légendes. Que pourrait bien nous apporter un autre album de The Game si ce n’est du plaisir et une confirmation de plus de sa suprématie dans son domaine . L’annonce faite au réveillon de l’an dernier semble nous diriger vers une autre attente insoupçonnable : « L.A.X. » serait selon ses affirmations son troisième et dernier album. Une retraite définitive voulue, sans possibilité de come-back à la Jay-Z, pour rattraper le temps, être plus présent au sein de sa famille et s’occuper plus amplement de son label Black Wall Street. Entre nous, qui est choqué par cette annonce? Cela paraît tellement gros, tout lui réussit si bien qu’on a vraiment du mal à y croire! On verra bien ce qu’il nous réservera à l’avenir, pour le moment dégustons ce énième volet qu’il nous propose, et qui sonne donc comme la bande-annonce de la cérémonie de clôture d’une carrière courte et incroyable (comme celle de ces idoles). Lire le reste de cette entrée »





David Banner – The Greatest Story Ever Told (2008)

23 05 2008

Pour ne pas changer la « mode » actuelle, l’album de ce bon vieux David Banner a lui aussi subit la tempête incessante des reports de date de sortie. Avec un titre tel « The Greatest Story Ever Told » (semblable à celui du prochain album de Saigon qu’on attend désespérément) on ne pouvait qu’avoir l’eau à la bouche bien qu’on sache d’avance que le discours sera forcément disproportionné avec le contenu. Surtout depuis qu’il a comparé la qualité de son projet à l’intouchable « The Score » des Fugees… Son silence radio n’est pas si anodin que ça vu la vie et les tourments qu’a pu connaître le rappeur ses derniers temps. La perte douloureuse de son père, le décès d’un grand nombre de proches dont les biens connus Pimp C et Static Major et pour couronner le tout, comme si le destin ne s’acharnait pas assez sur la même personne, David Banner apprend qu’il est diabétique. Le sort parait le forcer a arrêter sa carrière, a l’abandonner sur le chemin alors que le Hip Hop suit son cours. Lire le reste de cette entrée »