Brother Ali – Us (2009)

16 09 2009

 

Quand on dit que le Hip Hop n’a pas de couleur ce n’est pas toujours pour faire une morale gnan gnante et simpliste. Pour Brother Ali elle a un sens bien précis. La pochette noire et blanche de son nouvel album « US » n’est pas non plus anodine. S’il y en a encore qui ne le connaîtrait pas, ce rappeur débarqué de fin fond du Minnesota est atteint d’albinisme. Une maladie génétique mal comprise, mal vu par certains écervelés. Pour l’anecdote, les albinos sont même persécuté dans quelques pays africains par des sorciers qui se servent de leur corps pour créer des potions soi disante guérisseuses. Inutile de vous raconter que, même dans une démocratie comme les Etats-Unis, toute sa vie il a dû essuyer des critiques, des discriminations et autres revers de toutes parts à cause de sa pigmentation trop pâle. Les évènements de son vécu ont forgé le moral et les textes de ce rappeur d’exception, et c’est pour ces raisons qu’on est souvent obligé de raconter son passé, son statut, afin de mieux comprendre ses albums tous aussi intelligents et bien ficelés les uns que les autres. Peu importe sa couleur, de savoir qu’il est blanc ou noir quelle importance, sa musique est bonne et c’est bien la seule chose qu’on est en droit de connaître. 

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Nelly – Brass Knuckles (2008)

7 09 2008

Nelly c’est le rappeur de Saint Louis qui a su très rapidement se faire une place avec son célèbre tube « Country Grammar » et l’album du même nom qui avait nettement rafraîchi les humeurs sudistes et le Hip Hop de l’époque. Lui qui aurait pu s’apparenter à un simple effet de mode, à un one hit wonder, à finalement réussi à camper sa vibe atypique, sa touche du Missouri dans le game avec un second opus « Nellyville » riche en tubes variés et ultras efficaces. Le succès de celui-ci était tel qu’il semble depuis avoir perdu pied en se noyant dans la facilité d’inviter n’importe qui, pour tenter de réaliser d’autres titres qui lui feront revivre ses mêmes sensations. Résultat : le double album ou plutôt les deux disques séparés Suit/Sweat sortis courant 2004 ne ressemblaient plus à grand chose, encore moins au style initial du petit rappeur de St. Louis qu’on aimait écouter.

Son retour en cette fin d’année surchargé nous laisse alors voguer dans le flou total. La trackliste n’a rien pour nous rassurer avec son côté cérémonie MTV Awards, la pochette (sans aucun goût artistique) semble être un musclé trompe l’œil, et le titre « coup de poing américain » nous laisse de marbre venant de sa part. Sait-on jamais… voyons plutôt l’opinion de trois forumeurs particuliers qui nous donnent leur avis sur ce « Brass Knuckles »: Lire la suite »





Pump Ya Fist (1995)

7 02 2008

Pour tout vous dire, voilà une compile Hip-Hop qui m’a bien marquée. On est en 1995 et celle-ci réunit une partie des artistes les plus revendicateurs de cette culture à l’époque. Comme l’indique l’intitulé, les morceaux sont essentiellement inspirés par le mouvement révolutionnaire afro-américain des Black Panthers. Plus qu’un simple partie c’est une organisation qui a marqué l’histoire des États-Unis, qui a changé beaucoup de choses pour la communauté noire, malgré certaines méthodes reprochées par certains, et a donc, comme c’est le cas ici, influencé et bercé les textes de beaucoup d’artistes. KRS-One aime ce genre de rassemblement, on se rappelle qu’il avait déjà heurté les consciences en 89 avec son appel à l’unité baptisé Stop the Violence Movement et notamment grâce à son titre phare ‘Self Destruction’, il remet ça avec ‘Ah Yeah’. Tupac, activiste multifacette a lui été élevé dans une famille étant directement liée au mouvement, on ne se demande donc pas où il a pu trouvé cette force qui a composé les nombreux textes de sa courte, mais abondante carrière. Ne pas voir Chuck D sur ce projet aurait été comme un anniversaire sans gâteau, militant de longue date et tête pensante du bouillant groupe Public Enemy, il vient ici poser l’énorme ‘It’s a Pride’. Lire la suite »





Public Enemy – How You Sell Soul… (2007)

7 02 2008

Cela fait 20 ans qu’ils font brûler l’étendard du Hip Hop à travers le monde. Jamais épuisé, jamais égalé, les années passent mais ne croyez pas pour autant qu’ils ont de l’arthrite aux mains (dur de tenir le micro), la langue sèche ou autres signes de vieillesse qui ferait du plus grand groupe de Hip Hop des préretraités complètement gagas. A respectivement 47 et 48 ans, Chuck D et Flavor Flav n’ont pas changé leur fusil d’épaule, leurs convictions sont intactes, leurs textes perturbateurs bien conservés, leurs regards restent pertinents, critiques et perpétuent donc encore la sulfureuse réputation qui a toujours collé au groupe. Public Enemy, que ce soit pour un ancien ou pour un tout récent auditeur de cette musique, cela évoque forcément quelque chose. Le ressenti n’est sûrement pas de la même force entre les générations, ce qui se comprend mais reste regrettable, mais le simple fait qu’ils ne laissent pas indifférent prouve l’efficacité et la force de leur combat passé. Rarement un groupe aura autant influencé, mais leurs héritages n’est pas prêt d’être légué vu la longévité et la persévérance des deux MC’s. Yo! Bum Rush the Show voyait le jour sous la houlette de Rick Rubin il y a deux décennies de cela, How You Sell Soul to a Soulless People Who Sold Their Soul??? prend en 2007 la relève des puissants coups de gueule et continue ainsi d’écrire l’histoire des prophètes de la rage. Lire la suite »





Public Enemy – Remix Of A Nation (2007)

7 12 2007

En Mars 2006 sortait sur le label de Paris (Guerilla Funk Recordings) Rebirth Of A Nation, le dernier album des Public Enemy. Bien qu’un nouvel opus du groupe est de nos jours beaucoup moins attendu, car en sortie indé, et surtout beaucoup moins remarqué qu’à la fin des années 80 / début 90, leur grande époque chez Def Jam, il va de soit que ça n’en reste pas moins toujours un évènement venant de la part d’un des groupes qui a le plus traumatisé la planète Hip Hop. En 2007, ce même Paris décide de ressortir le projet dans une version remixée réintitulée donc Remix Of A Nation , une sorte d’extra, de supplément à consommer sans rechigner vu que c’est que du bonus, et du bon.

Sont réunis toujours la crème des rappeurs révolutionnaires : les californiens Kam, Paris, Conscious Daughters sont de la partie, avec également les Dead Prez et Immortal Technique. Toutes les tracks sont issues de l’album précédent et sont remaniées de manière bien plus virulente avec des beats plus frappant et des couplets inter changés de ci de la. « Can’t Hold Us Back », « Hard Truth Soldiers », « Watch The Door » prouvent que Chuck D et Flavor Flav sont bel et bien en forme et continuent de faire valoir leurs regards critiques sur le gouvernement américain et un tas d’autres sujets sensibles tels que la guerre, le racisme, la violence de la police… En témoigne également l’incroyable et tonitruant Krush Groove Remix de « Hell No, We Ain’t Allright », où ils se font comme souvent porte parole du peuple en fustigeant le drame de la Nouvelle-Orléans et tout ce qui s’en est suivi après l’ouragan Katrina. Disque qui passera encore bien plus inaperçu qu’un de leurs albums, mais qui vaut pourtant vraiment le coup d’oreille, les deux oreilles même.





Busta Rhymes – The Coming (1996)

4 09 2005

Aujourd’hui mondialement reconnu, Busta Rhymes est considéré comme un pilier du rap US. Mais avant d’en arriver la à une carrière solo solide, le jeune Trevor Smith à déjà eu une première vie dans le milieu du rap game. Il commence a poser ses premiers vers à l’age de 12 ans puis côtoiera les plus grands jusqu’à son ascension médiatique. De Chuck D qui l’épaula lui et son groupe Leaders Of The New School, la collaboration avec A Tribe Called Quest ou encore sa participation aux remix de ‘Flava In Ya Ear’ de Craig Mack aux côtés de noms tels que Notorious BIG, LL Cool J donnera à Busta Rhymes une grande expérience et une rigueur certaine avant de commencer une épopée en solitaire, ce que beaucoup ne peuvent pas se vanter. Lire la suite »