Little Brother – Leftback (2010)

7 05 2010

 Parfois on a vraiment l’impression que les artistes se foutent de notre gueule, comme lorsqu’en 2008 Big Pooh annonce que les Little Brother pourraient ne plus sortir d’album et que son acolyte Phonte le contredit peu de temps après en annonçant l’arrivé imminente de Leftback. Il fallait en fait comprendre par les dires de Big Pooh qu’après ce quatrième projet commun une longue pause (définitive?) prendra forme dans la carrière de ce groupe phare qui a éclairé la scène Hip Hop de la Caroline du Nord. On comprend qu’ils ne veulent pas égratigné au fur et à mesure la magie de leurs premiers opus, d’autant plus qu’avec le départ de 9th Wonder on a ressenti comme un léger essoufflement malgré le travail d’Illmind, Khrysis et les autres qui ont supplée le célèbre producteur comme ils pouvaient. En témoignage du passé et comme pour montrer que l’aventure Little Brother penche vers la fin, Phonte et Big Pooh ont ressortis les archives sur cette pâle pochette d’album. Les deux artistes sont les acteurs et les témoins d’une chevauchée fantastique qui a atteint sont apogée il y a cinq ans déjà avec le magnifique The Minstrel Show. Lire le reste de cette entrée »





Shafiq Husayn – Shafiq En’ A-Free-Ka (2009)

7 10 2009

 Non satisfait de nous avoir fournis qu’ un nouvel album cette année (« Nuclear Evolution » qu’on chroniquera un de ces jours), les Sa-Ra Creative Partners on décidé d’exploiter leur potentiel en solitaire pour continuer de nous transporter avec leur univers indescriptible. Depuis leur découverte, leur univers futuriste a séduit beaucoup de monde, notamment Kanye West qui les avait même signé sur son label G.O.O.D. Music avant que Sony BMG ne change ses plans. Pas de problème pour eux, leur aventure en indépendant via Babygrande ou Ubiquity ne travestit aucunement leur musique. Libre d’orienter sa musique comme il le souhaite c’est tout ce dont avait besoin Shafiq Husayn, tiers du groupe qui n’a pas attendu qu’on lui ouvre des portes de major pour faire vibrer sa musique dans le monde du Hip Hop. Lire le reste de cette entrée »





Scarface – Emeritus (2008)

7 12 2008

Il va falloir qu’on s’y fasse, mais le célèbre label texan Rap-a-Lot Records voit en « Emeritus » (Asylum Records) le tout dernier album solo de la carrière de Scarface. Après une année 2008 pourtant fructueuse qui a vu débouler le nouveau Bun B, Devin The Dude, les solos de Z-Ro et Trae ainsi que leur collaboration commune, la plus grosse et l’une des plus anciennes structures sudistes va donc devoir continuer son bout de chemin sans celui qui l’a construit et boosté par l’intermédiaire de son groupe Geto Boys.

Le patron J. Prince prend une fois de plus la parole dès l’introduction, mais contrairement à ce qu’on pouvait le supposer, ce n’est pas pour rendre hommage à l’artiste qui lui a permis de connaître la gloire, mais plus pour tergiverser pendant 4 min sur des anecdotes et drames personnels. Étonnant, pour ne pas dire plus qu’irritant lorsqu’on a les oreilles affûtées pour écouter la dernière balle d’une légende et qu’on se retrouve endormis par un discours sirupeux. Scarface à beau approuver cet aparté, on a encore plus de mal à croire à sa retraite définitive. C’est cet effet de mode qui nous pousse vers la méfiance et le doute. Mais venant de la part d’un activiste qui a 22 ans de routine et qui tirerait sa révérence sur un coup de tête en achevant son neuvième album, on se demande vraiment pourquoi il ferait une telle chose, surtout qu’il semble avoir encore de nombreux discours à expliciter. Lire le reste de cette entrée »





The Game – L.A.X. (2008)

31 05 2008

Sur l’arbre généalogique du Hip Hop, The Game appartient à la branche descendante des N.W.A. Il fait partie de cette génération bercée et élevée dans le bain des provocations de ces pionniers qui ont mis le monde sens dessus dessous avec leur rap de gangster. La côte californienne cherchait depuis quelque temps déjà un héritier digne de ce nom qui pourrait faire revivre sa réputation. Sous l’aile protectrice de l’intouchable Dr. Dre et de 50 Cent (alors en pleine jouissance médiatique) les premiers pas de The Game avec « The Documentary » l’ont immédiatement désigné et propulsé comme l’incarnation du renouveau de la scène Westcoast. S’en ai suivi de multiples évènements dont je passerais les détails, car tout le monde les connaît et on en a déjà parlé indéfiniment sur rap2k. Mais son deuxième solo intitulé « Doctor’s Advocate » était encore plus attendu dans le sens où sans l’aide des deux artistes précédemment cités The Game allait-il pouvoir s’en sortir et achever un nouvel album ravageur? Dès les premières notes, le public a été fixé; avec ses collaborateurs, son talent et son envie de croquer le monde il a fait fermer les bouches de tous ces détracteurs. Le nouveau millénaire est frappé de son sceau ‘bloodien ‘, la ou avec le temps certain s’enlise ou dégringole lui ressurgit encore plus fort en déclarant toujours autant son amour pour le Hip Hop, son quartier et ses légendes. Que pourrait bien nous apporter un autre album de The Game si ce n’est du plaisir et une confirmation de plus de sa suprématie dans son domaine . L’annonce faite au réveillon de l’an dernier semble nous diriger vers une autre attente insoupçonnable : « L.A.X. » serait selon ses affirmations son troisième et dernier album. Une retraite définitive voulue, sans possibilité de come-back à la Jay-Z, pour rattraper le temps, être plus présent au sein de sa famille et s’occuper plus amplement de son label Black Wall Street. Entre nous, qui est choqué par cette annonce? Cela paraît tellement gros, tout lui réussit si bien qu’on a vraiment du mal à y croire! On verra bien ce qu’il nous réservera à l’avenir, pour le moment dégustons ce énième volet qu’il nous propose, et qui sonne donc comme la bande-annonce de la cérémonie de clôture d’une carrière courte et incroyable (comme celle de ces idoles). Lire le reste de cette entrée »





Sa-Ra – The Hollywood Recordings (2007)

7 05 2007

Il y a quelques temps, j’aurais eu du mal à vous répondre si vous me demandiez de trouver un groupe plus décalé que les Outkast. Mais depuis peu je n’hésiterai pas une seconde à vous répondre le trio Om’Mas Keith, Shafiq Husayn et Taz Arnold, plus connu sous le nom de Sa-Ra Creative Partners. Une tenue vestimentaire originale, mi-fashion mi-rétro : le genre de personnes qui s’habillent avec les rideaux de grand-mère adaptés à notre époque. Et surtout une musique futuriste, kitsch et cosmique qui comme leurs vêtements s’imprègnent d’un héritage. Les quelques astéroïdes (Maxi, Vinyls…) lancées furtivement dans les bacs n’ont pas suffit puisqu’ils reviennent cette fois-ci avec leur véritable album nommé The Hollywood Recordings (Babygrande Records). Et le moins qu’on puisse dire c’est que nous avons le droit à un véritable film des studios hollywoodiens avec ce disque, pour le coup il faudrait même l’écouter dans son lecteur DVD, son 5.1 dolby surround. Le spectacle est assuré à coup sûr, les paillettes et les spots illuminent les pistes, les acteurs vedettes sont présents (Talib Kweli, Bilal, Kurupt, Erykah Badu…), le scénario est un mélange de déjà vu (Thrilla et Fish Fillet extraits de leur maxi Second Time Around) avec des nouveaux ingrédients, des effets spéciaux, très spéciaux, « So Special » comme dirait Rozzi Daime. Il ne reste plus qu’à s’installer confortablement dans son fauteuil, boite de pop corn à la main pour déguster et profiter de ce savoureux voyage spatio-temporel que nous proposent les Sa-Ra. Lire le reste de cette entrée »