DaVinci – The Day The Turf Stood Still (2010)

1 04 2010

 « In A Major Way » a été une étape déterminante pour les artistes de la Bay Area. Premier artiste de la région a signer avec une major, E-40 a permis à l’Amérique tout entière de s’intéresser aux nombreux talent qui arpentent les rues de Frisco et ses environs. La tradition des ventes d’album à la sauvette, fabriquer et concevoir tout en indé, tout ça ne s’est pas perdu pour autant, c’est même plus que jamais d’actualité pour créer son buzz. Avec Internet cette démarche est devenu encore plus fructueuse. L’étape ultime pour se faire remarquer sans que l’auditeur ne dépense le moindre dollar est le free album. Gros pied de nez à l’industrie de disque et au business qui l’entoure, cette mise à disposition gratuite d’un nouvel album est devenu monnaie courante si je puis dire… DaVinci, rapper de Fillmore, renoue avec ce circuit indé qui régnait dans le coin et met en libre téléchargement son premier album « The Day the Turf Stood Still ».

Tout comme Westcoast ne rime pas forcément à Gangsta Rap, la Bay Area n’est pas non plus un berceau de rappeurs baignant uniquement dans la sauce Hyphy. DaVinci, dont il est inutile de vous précisez d’où vient l’inspiration de son blaze, se démarque même par ses discours profonds, tantôt plus brut, qu’il peint délicatement sous une multitude de samples Soul, certes déjà usés par d’autres mais toujours très efficace. Comme ce prenant « Aristocrat » qui s’écoute d’une traite, »Guys Wanna », »Long Chain » (déjà samplé par les Cunninlynguists), ou « All I Have » qui ne vaut pas le phrasé nonchalant de Prodigy sur « Nickel & A Nail ». « What You Finna Do » est le titre qui dégage la plus grosse impression: Ambiance digne d’un vieux polar dont la scène se passerait la nuit sous la pluie, on est plongé au coeur de son ghetto et on vit pleinement ses couplets narrateurs avec des images qui nous sautent aux yeux à chacune de ses phrases. « Real Niggaz » ou « Ben » se recentrent sur ses ambitions qui sont semblables à tout jeune issue d’un quartier difficile, à savoir essayer de s’en sortir, devenir quelqu’un et de faire de la tune (d’où ce sample de « Ben » qui n’est pas un hommage à Michael Jackson mais un clin d’oeil au billet vert à l’effigie de Benjamin Franklin). DaVinci aime poser sa plume consciencieuse sur de douces mélodies rêveuses histoire de nous imprégner un peu plus, comme sur « Whiplash », »Idl Mind » et leurs boucles de guitare électrique hypnotique ou sur « Ghetto to Mars » qui flirte carrément avec les étoiles. 

Tout n’est pas parfait bien évidemment, mais DaVinci assure dans l’ensemble une prestation assez intéressante pour le signaler. Un flow simple et efficace, des textes et une ambiance à la fois street et réfléchis, bref un free album et un artiste à découvrir en espérant qu’il passera un niveau de plus dans les années à venir. 

 
 

 


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