Snoop Dogg – Malice n Wonderland (2009)

12 12 2009

 

Snoop Dogg vient de franchir un cap, celui de son dixième album solo. Une carrière incroyable, ultra prolifique, pour l’un des artistes les plus légendaires et les plus aimés du Hip Hop. Le chien de Long Beach a toujours su retomber sur ses pattes malgré le fait d’avoir fait certains grands écart en changeant de niche (Death Row –> No Limit –> Capitol –> Geffen). Mais pour cette dixième édition le changement est encore plus fort car elle est placée sous le signe de l’indépendance, uniquement guidée par sa propre structure Doggystyle Records et la distribution de Priority dont il arbore fièrement le costume de directeur artistique. Un ambassadeur de renom pour ce même Priority qui avait permis à la scène westcoast de se faire entendre sur une plus grande échelle il y a quelques années. Après nous avoir laissé sur une bonne note d’originalité sur son « Ego Trippin' » où l’on découvrait un Snoop Dogg sous différentes facettes musicales, il re débarque déjà avec un « Malice ‘N Wonderland » qui nous laisse dubitatif quant à son contenu. 

Alors que le film 3D de Tim Burton (« Alice in Wonderland ») sera sans doute l’un des gros évènements cinématographiques de l’année 2010, le Doggfather nous emmène en premier dans son monde merveilleux où les tubes édulcorés s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Car il faut l’avouer ce disque n’est qu’une sucrerie conçu artisanalement. La tracklist est peu appétissante et son contenu vous donnerait presque des caries. On ne va pas faire les mauvaises langues et dire qu’on a pas légèrement bougé la tête sur « Gangsta Luv » (Feat. The-Dream) mais ce premier single montre clairement la façon dont a dérivé Snoop Dogg depuis quatre albums. Du R&G (« Rhythm & Gangsta ») à gogo avec des featurings qui cartonnent. Parfois cela donne lieu à de bonnes combinaisons mine de rien, mais le plus souvent on se demande vraiment pourquoi il continue dans cette voie, par amour de la musique ou pour rajouter des 0 à son comptes en banque? On a beau respecter son passé et apprécier sa personnalité, sa musique devient de plus en plus facile. 

Ses chansons mielleuses ne sont pas catastrophiques, mais on achète pas non plus un album de Snoop Dogg pour se retrouver avec une majorité de balades langoureuses qui ne toucheront que les âmes sensibles. Ou alors faire comme Ghostface Killah dernièrement qui a très bien su associé sa verve sur du R&B. « Luv Drunk » est encore l’oeuvre de The-Dream, le petit prodige semble avoir tapé dans l’oeil du rappeur qui aime poser sa voix charmeuse sur ses douces mélodies. La jeune Jazmine Sullivan envoûte totalement le refrain de « Different Languages », une track propre et carrée encore consacrée à la gente féminine mais harmonieusement produit par Teddy Riley et Scoop DeVille. Avec R. Kelly et Nottz aux commandes ils remettent une couche sensuelle (« Pimpin’ Ain’t EZ ») et tentent d’avoir le même effet que leur tube »Thats’ That Shit ». Les Neptunes eux font une intervention remarquée avec l’envoûtant « Special » qui clos l’album d’une bien belle note avec les voix de Brandy et Pharrell. 

On le croyait disparu de la circulation, le représentant du crunk Lil’ Jon ressurgit de nul part pour délivrer le petit club banger « 1800 ». Dans la continuité des sons pour bouger, on a le très bordélique et inaudible « That’s Tha Homie » produit par Danja et agrémenté de la voix transformé de Timbaland au refrain. On ne sait pas comment un tel massacre a pu émergé de l’esprit de ses trois artistes… « Upside Down » (Feat. Nipsey Hussle & Problem) paraît être une copie raté de « Drop It like It’s Hot » avec son instru très minimaliste, mais Terrace Martin & Jason Martin n’ont pas vraiment la magie et encore moins le touché des Neptunes pour la réussir. Il l’avait défendu des mauvaises langues, le voila maintenant en featuring avec lui, vous ne voyez pas de qui je parle? … Soulja Boy Tell ‘Emmmmm! Le jeune sudiste continue comme il peut son petit buzz en usant cette fois-ci de … l’auto-tune dans un refrain sans inspiration (« Pronto »). Allo? vous êtes toujours parmi nous?… Y’a pas à dire, « Malice ‘N Wonderland » ressemble à une vieille croquette pour chien qui a ramollis. 

Après nous avoir mis sur les nerfs avec ce trop plein de fantaisie, on est comme soulagé de voir inscris le nom de Kokane sur le morceau « Secrets ». Même si ce n’est pas l’extase on est ravi de constater que Snoop Dogg est toujours capable de faire appel à de vieilles connaissances et de garder cette bonne alchimie ensoleillée. Cela faisait je ne sais plus combien de temps qu’on n’avait plus entendu le crooner Kokane, sans parler de Battlecat qui met cette touche funky et qui n’avait pas produit pour un gros noms depuis quelques années. Les deux gros titres majeurs de cet album où l’on retrouve un chien qui a du mordant se trouve au tout début de cette pâtée. Le court mais intense « 2 Minutes Warning » et surtout le sulfureux « I Wanna Rock » produit par Scoop DeVille et mixé par Dr. Dre. Un titre qui dévoile Snoop Dogg tel une Rock Star, intouchable, avec une grosse réputation et qui renoue avec ces titres qui nous invite à scander son blaze mondialement connu. 

Voila en gros de ce qu’on pouvait rapidement dire et en tirer de ce nouvel opus du dog qui est largement à classer dans ses plus mauvais. Un album pas du tout à la hauteur de sa belle pochette inspirée de l’art chicano. Pour info également le titre promo « Snoop Dogg Millionaire » qui avait beaucoup fait parlé sur Internet a été relégué au rang de bonus Itunes. 


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