Obie Trice – Special Reserve (2009)

7 12 2009

 On le connaissait gros consommateur avec son premier essai « Cheers » sous l’ère Shady/Aftermath, on le découvre désormais fournisseur nous arrosant à volonté d’éthanol sur ce street album d’excité. Après nous avoir saoulé et rendu malade avec sa liqueur frelatée sur « Secound Round’s On Me », « Special Reserve » marque le retour du vrai lyriciste des rues de Détroit qu’est Obie Trice. Pour l’anecdote il ne s’agit pas tout à fait d’un disque enregistré récemment car une grosse majorité de cette livraison est une cuvée datant de la période 97-2000, ceci explique alors cette rage et cette énergie similaire à ses premières armes. Tout ce liquide a fermenté jusqu’à aujourd’hui dans les cuves du producteur MoSS et nous est donc servis fin 2009 pour fêter comme il se doit l’arriver d’une nouvelle décennie. Afin de s’affranchir du mieux que possible du label d’Eminem, Obie Trice a eu la malicieuse idée de ressortir cette collaboration concentrée 100% produit par MoSS, premier producteur à être signé sur le label de Dj Premier (« Works of Mart »). Pas besoin de dessin pour vous dire que le bonhomme est talentueux. Sa patte brutalement inquiétante fait froid dans le dos, un terrain de prédilection pour que notre rappeur retranscrive ce qu’il a écrit sur papier en une piste audio terrifiante. Comme cet air militarisé qui imprègne l’histoire de « You’ve Been Slain » pour avertir les plus jeunes que la vie dans le ghetto est dangereux.  

Des beats grimy il y en a à foison, l’adrénaline monte d’un cran avec cette boucle de piano d’ « On And On » sur laquelle Obie Trice fait une très lourde démonstration et débite ses mots avec une impressionnant de voracité. On comprend comment ce freestyleur hors pair à rapidement séduit le Slim Shady. On le sent affamé comme un lion qui n’aurait pas eu sa portion de chair fraîche (« Got Hungry ». Tu ne connais pas bien encore ce emcee? Ça m’étonnerait fortement, m’enfin avant qu’il ne se crée sa propre signature avec ‘Obie Trice, real name no gimmicks’ rien de mieux que d’écouter attentivement la track « I Am » pour en savoir un peu plus sur ce gaillard alors à peine plus âgé de 20 ans qui montre les crocs aussi facilement qu’une catin baisse sa culotte. Violence, arrogance, cool, cruauté, moqueries sous fond de lourdes punchlines, Obie Trice expliques ses différentes facettes sur « Cool Cats ». Seul invité de cette compilation le chanteur Deuce Wonder qui assure une légère brise de calme dans le refrain du sulfureux « Roughnecks ». Notre rappeur est en battle avec lui même par moment, sur cette dernière on imaginerais bien un clip sombre dans lequel on le verrait rapper violemment devant le miroir fissuré de sa salle de bain rempli de moisissure. Retour en force (ou plutôt retour en arrière réussi) donc pour ce spécialiste des textes alcoolisés qui nous serrent avec son acolyte MoSS onze cocktails houleux et intense. De quoi espérer un éventuel retour au source avec son prochain album studio « Bottom’s Up » prévu courant 2010.  

Buvez au goulot, c’est du bon!  


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