Jay-Z – The Blueprint 3 (2009)

28 11 2009

Shawn Carter aka Jay-Z
Mes Mémoires-Ma-Vie-Mon Oeuvre
 
Chapitre 11 – The Blueprint III
 
Tous les jours je me lève en étant fier de ce que j’ai accomplis dans ma carrière. Je ne remercierais jamais assez Dieu de m’avoir donné cette vie de rêve. L’idée que j’ai eu de prendre une retraite anticipé me paraît aujourd’hui totalement absurde. L’air que je respire est aussi primordial à mon bien être que je le suit pour le Hip Hop. J’ai bien conscience d’être une véritable légende vivante pour cette musique (« il a récemment été élu meilleur MC de tous les temps ») et je met tout en oeuvre pour jamais décevoir les gens. Après une promesse de longue date à mes fans, c’est dans cette optique que je me suis enfin décidé d’entrer en studio pour enregistrer le dernier volet de ma trilogie des Blueprint. Un projet tant attendu méritait bien une plus grande attention de ma part dans sa conception. J’ai d’abord pris mes distance avec Def Jam pour créer ma propre structure chez Live Nation que j’ai intitulé Roc Nation, puis j’ai mis les voiles vers Hawaii histoire d’aérer mes inspirations artistiques et de m’éloigner du vacarme des grandes villes. Malgré mon pouvoir dans cette industrie je n’ai par contre pas encore le bras assez long pour éradiquer le fléau du téléchargement sur Internet. La date de sortie prévu au 11 Septembre 2009, date d’anniversaire du Blueprint premier du nom, s’est donc vu avancé de trois jours. Étant l’un des artistes les plus bootlegé de l’histoire il fallait bien s’y attendre, mais je m’inquiète pas car ce onzième album finira lui aussi #1 au billboard et je battrais ainsi le record du king Elvis. N’oublié pas non plus de garder en tête les titres évincés du final mais qui ont crée le buzz de bel manière: « Ain’t I », « Jockin’ Jay-Z », « Brooklyn Go Hard » ou encore cette célébration de l’élection d’ Obama à la présidence sur « History » que j’aurais bien mis sur ce dernier Blueprint si seulement l’auteur du sample qu’à emprunté Kanye West (NDLR Véronique Sanson) ne l’avait pas découvert sur un plateau télévisé français.
Sans plus d’attente je vous invites dans les coulisses de ma nouvelle oeuvre raffinée, Blueprint 3, qui marque la fin d’un cycle dans ma carrière…
 

 

What We Talkin’ About (Feat. Luke Steele)

Vos pupilles se dilateront forcément sur cette opening track entraînante! J’ai l’habitude de ce genre d’exercice et j’ai toujours voulu que les premiers morceaux accrochent l’auditeur tel un bébé à un biberon. Je vous nourris ici d’une cuvée à l’ambiance fantastique comme mon vécu. Kanye West et son acolyte No I.D (que j’affectionne tout particulièrement pour rien ne vous cacher) se charge de planifier ce décor. Vient s’ajouter à mon pamphlet Luke Steele, que j’ai placé au refrain connaissant son style psychédélique. Blueprint² a extériorisé ce profond désir que j’avais en moi de croiser le Hip Hop avec différent courant musicaux, plus personne ne sera donc étonné si j’ai opté ici pour un artiste Pop australien. Dans ce morceau j’en place une également pour ceux qui restent dans ma ligne de mire, des énergumènes jaloux comme Damon Dash, Jim Jones, The Game ou bien encore Jaz-O mon mentor des premières heures. Jaz et moi on ne s’est jamais vraiment réconcilié mais je dois avouer que je lui dois tout de même une petite partie de mon succès d’aujourd’hui. « I don’t run rap no more i run the map » comme je dis.

Thank You

Ça aurait pu être ce morceau qui signe ma révérence rapologique, pas besoin de long discours un simple merci à tout ceux qui m’ont soutenu et m’ont fait multimillionnaire aurait suffit. Aussi classe que mes costards les cuivres intégrés sur cette chanson me rappelle ces luxueuses soirées passées avec ma femme sur un Yacht à St Tropez. Une de mes tracks préférés sur l’album, j’en suis d’autant plus fier que j’ai osé une comparaison plutôt délicate dans le troisième couplet.

D.O.A. (Death of Autotune)

Nous y voila! Afin d’éclaircir ceux qui n’étaient pas au courant, Death of Autotune n’est pas un beef envers quelqu’un de précis. T-Pain a apporté l’autotune mais en aucun cas je le dénigre comme j’ai pu le lire sur Internet. Ce que j’essaie juste de dire c’est que ce logiciel playskool pour changer la voix est devenu un vrai phénomène de foire et déstabilise la créativité dans le circuit. A l’image des ringtones, il prolifère pire qu’un virus dans la bouche des artistes. Surtout chez les petits nouveaux qui usent du filon pour rentrer dans le moule. A coup sûr cette overdose le détruira avec le temps. Ne vous posez pas trop de question non plus sur le fait que ce soit uniquement No I.D qui produise cette track anti autotune. Kanye West a beau avoir plongé son « 808’s & Heartbreaks » dans cette gangrène, il n’en reste pas moins compréhensif sur l’objectif du morceau et de mon album entier garanti sans ce logiciel merdique. Moi l’ancien, l’enfant de Brooklyn je reviens juste mettre les choses dans l’ordre pour que le Hip Hop retrouve ses couleurs et ne tombe pas dans la facilité. L’orchestration de No I.D. a se sujet est juste parfaite à mes oreilles.Si vous avez vu mon vidéo clip de ce first single, vous apercevrez Harvey Keitel et le cavalier LeBron James pour qui j’ai plus que l’admiration pour son talent de basketteur puisque c’est aussi un ami dont j’ai écouté les conseils pour réaliser l’album.

Une minute de silence pour l’autotune s’il vous plait!

Run this Town (Feat. Rihanna & Kanye West)
 
J’enchaîne avec le second single où je retrouve mon poulain de producteur sous l’air Roc-A-fella. Aujourd’hui devenu grand, il goûte à son tour à cette fast life. Une vie de gloire qui défile à 100 à l’heure et ou l’inaccessible se trouve désormais à porté de bras. Une étape franchis ensemble; moi, le label et mes artistes. On a conquis le marché du disque, les médias, tout comme la jeune Rihanna (mon autre protégé) et ses vocalises qui s’entendent sur toutes les radios. A nous trois on a crée une révolution dans le monde de la musique, on a le monopole, c’est la clef de cette réussite que j’ai décidé de célébrer ici sous une touche sonore militarisée.
Empire State of Mind (Feat. Alicia Keys)
 
Lorsque je ne suis pas à l’étranger ou dans un autre état américain pour je ne sais quels évènements, j’aime revenir dans le coeur de monde, donner des concerts dans la ville qui m’a vu naître et qui m’a forgé. A TriBeCa, de mon appartement j’ai une des vues les plus magnifiques au monde. Verre de vin à la main, je regarde par ma grande baie vitrée teintée le va et vient des taxis tout en écoutant « New York New York » de Sinatra. Un moment magique qui me donne des frissons et qui me remet en tête tous les échelons que j’ai dû franchir pour arriver à cette hauteur. Malgré ma fortune et ma délocalisation, mon coeur reste ghetto et ça personne pourra le retirer. New York est une ville tout simplement incroyable, tout est possible. Des playgrounds des Projects aux festivités de Broadway, de Spike Lee à Robert De Niro, de la Statue de la Liberté au centre financier de Wallstreet, des cuisines du Mc Donald au Madison Square Garden, … j’adore cette ville! Ca dors jamais. C’est en voulant recréer cette magie que j’ai invité Alicia Keys et sa voie de cristal pour le refrain. La production est signé Al Sux. J’avais initialement prévu Nas sur cette track pour notre troisième mythique collaboration, malheureusement ça ne s’est pas fait néanmoins je lui rend un petit hommage à lui et à son Illmatic avec le titre.
 
Real as it Gets (Feat. Young Jeezy) & On to the Next One (Feat. Swizz Beatz)
 
Real Recognize Real, j’ai pas d’autres mots ou phrases pour exprimer la vibe de ma collaboration avec Jeezy. Depuis sa venue sur Def Jam j’ai de la sympathie pour le bonhomme, j’apprécie sa tessiture et ses gimmicks, je trouve ça vraiment dépaysant lorsqu’un tel artiste intervient sur un morceau.

Je reconnais avoir quelque peu merdé par contre en choisissant cette production de Swizz Beatz pour « On To The next One ». J’adore la track qu’il a samplé de Justice (NDLR D.A.N.C.E.) mais au final je me rend conte que l’univers mi banger mi transgénique de celle-ci est un ovni comparé au reste. Peu importe comme je le dis dans mon couplet je me suis bougé et essayé un nouveau délire, ceux qu’aime pas, ceux qui veulent de l’ancien Jay-Z n’ont qu’à acheter mes anciens albums. Le résultat aurait pu être mieux sur un beat différent certes, mais je ne suis pas les Jonas Brothers j’utilise mes cojones moi, je tente, j’innove.

Off That (Feat. Drake), A Star is Born (Feat. J.Cole), Already Home (Feat. Kid Cudi)
 
C’est incroyable le nombre de nouveaux venus qui ont talent énorme et qui savent l’exploiter un maximum. J’aime cette génération hipster, ces rappeurs qui apportent une couleur inédite sur la palette du Hip Hop. Mon premier coup de coeur je le dois à Kanye qui a vu juste en signant sur son label le jeune Kid CuDi. Mon second est canadien, a été popularisé par Lil’ Wayne et rap sous son propre nom Drake. Tout deux ont connu un fulgurant succès avec leurs singles respectifs « Day N Night » et « Best I Ever Had ». J’avais envie de leur donner encore plus de buzz alors je leur ai demandé de me faire chacun un refrain sur mon disque. Drake assure parfaitement sur « Off That », une production endiablé et futuriste de Timbaland. Kid Cudi se charge lui d’insuffler de la légèreté à « Already Home, une track qui nous ramène dans la vibe Chi City de Mr. West.

A présent j’introduis J. Cole sur « A Star is Born », la première signature de mon entreprise Roc Nation. Notre collaboration est humble et osé car en ces temps ou tout le monde se tire dessus dans le rap game, on a proposé une alternative en rendant hommage à toutes ces stars du Hip Hop qui ont tiré leur épingle du jeu et laisseront leur emprunte à jamais. Peut être que si je lui enseigne bien les ficelles du métier il suivra les pas de ceux que je cite car il a le potentiel pour.

Venus vs. Mars

Après l’écoute de cette chanson on m’a fréquemment demandé en interview si j’avais lu le livre de John Gray (NDLR « Les hommes viennent de mars, les femmes viennent de Venus »), je leur ai répondu qu’il n’était pas nécessaire de le faire pour comprendre les relations hommes/femmes. Cependant oui je l’ai lu et je m’y suis exactement retrouvé dans ces petites habitudes que ma femme et moi avons chacun de notre côté au quotidien. La femme est un être complexe, je ne dis pas que l’homme ne l’est pas, mais depuis qu’on est ensemble Bey et moi j’ai réussi a percer quelques uns de leurs mystères et a mieux les cerner. Et mon constat est sans appel: on pense différemment, on agit différemment, on a des goûts différents. Nous sommes deux sexes différentes mais qui doivent pourtant se rapprocher pour faire perdurer les générations. L’amour est imprévisible et reste sans nul doute la recette de cuisine (avec le Nutella peut-être) la plus mystérieuse qui soit. Venus vs. Mars c’est Beyonce vs. Shawn si vous voulez. La prod en apesanteur de Timbaland se conjugue parfaitement avec ces intrigues qu’on se pose.

Hate (Feat. Kanye West) & Reminder
 
« Hate » est le plus court des morceaux de Blueprint III et sûrement l’un où mes textes sont les plus brefs, mais je voulais accorder du temps à tous ces rageux, ces hargneux qui ne cessent de nous critiquer nous artistes simplement parce qu’ils nous envient. Eux prennent le métro alors que moi je pose mon cul dans une limo, j’invite ma femme au Fouquet’s pendant qu’ils font la queue au supermarket, alors moi ça me fait bien rire, qu’ils continuent ainsi de toute manière si j’en suis arrivé la ce n’est pas un hasard. Faut pas sucer pour réussir, mais réussir pour le succès, certains l’on toujours pas compris… Ye qui est souvent visé est de la partie sur cette track. Je rafraîchis d’ailleurs la mémoire de tous ces haters avec « Reminder ». Timbaland et Kanye West même combat, s’ils sortent 10 productions pour moi j’utiliserais les 10 comme l’avais dis en préambule de la sortie de l’album.
So Ambitious (Feat. Pharrell) & Young Forever (Feat. Mr Hudson)
 
Un de mes albums ne serait plus concevable de nos jours si les Neptunes ne produisaient pas au moins un morceau. J’ai fais une exception sur le 1er « Blueprint » mais depuis « The Dynasy: Roc La Familia » ils ont toujours été présent et je n’ai à ce jour jamais été déçu de nos collaborations. Ils ont la capacité d’adapté leur musique à n’importe qui. Cette fois-ci mon envie était de travailler avec eux sur un morceau qui touchera tout le monde. Parler de l’ambition, d’essayer de réaliser ou au moins de continuer à croire en ses rêves malgré les contradictions et les discours pessimistes qu’on peut nous raconter depuis l’enfance, c’était important pour moi. Pharell nous donne presque des ailes pour les atteindre avec son chant et sa mélodie légère qui me remémore un peu « Change Clothes ». On reste dans cet esprit positif, d’unité sur la chanson qui clôt ce Volume 3 dans laquelle je reprend la thématique d’Alphaville et son « Young Forever ». J’ai simplement voulu qu’on prenne conscience que la vie est un voyage tellement court qu’il faut en profiter à chaque bouffée d’air, prendre plaisir, de rester jeune dans sa tête. En ce qui me concerne je reste le même malgré les années qui sont passé, malgré les rides qui sont apparu sur mon front, je reste jeune pour toujours et ma discographie est éternelle.

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