The Black Keys – Blakroc (2009)

16 11 2009

 Blakroc est le projet expérimental de cette fin d’année et on le doit en partie à Damon Dash. Non non vous ne rêvez pas, c’est bien le co-fondateur du Roc-A-Fella qui supervise cet album de rencontre entre le Rock et le Rap. Tellement fasciné par l’univers musicale du groupe The Black Keys (Dan Auerbach & Patrick Carney), il a voulu que son associé Jim Jones (Splash Records) collabore avec ce duo surdoué de l’Ohio. Une rencontre et une ambiance tellement magique que le simple featuring s’est vite transformé en un long format invitant d’autres rappeurs fascinés par l’idée. A l’image de Mos Def qui s’est carrément incrusté dans une session. Mais attention! Le choix des artistes reste raffiné. Évidemment pour rester crédible il fallait marquer le coup avec des noms qui en imposent, sans oublier que tout le monde n’a pas le charisme pour côtoyer des productions suintant grosses basses et superbes riffs de guitare. Leur univers n’est pas un Rock pur et dur comme ça pourrait le laisser supposer, il prend plus son essence vers un Rock Blues hypnotisant. Une dimension qui nous transporte encore plus dans ce délire gorgé d’une douce pincée de psychédélie. Comment ne pas être satisfait du résultat du premier extrait « Ain’t Nothing Like You (Hoochie Coo) », réunion d’un Mos Def totalement envoûté par la musique et les choeurs, le tout intercalé par les couplets d’un Jim Jones lâchant sa nonchalance habituel au micro. Un pur moment de plaisir! Et ça ne s’arrête pas la puisque Mos Def revient en remettre une couche, tout seul cette fois-ci, avec l’excellent « On The Vista ». Autre moment fort, le duo de choc Pharoahe Monch et RZA réunit sur « Dollaz & Sense », avec un deuxième couplet infernal de la moitié des Organized Konfusion. Si Damon Dash avait l’utopique envie d’entendre Jay-Z sur un album aussi bien produit mais sans le voir en studio, il réalise en quelque sorte son rêve à sa façon en laissant le rappeur NOE prendre la parole. La ressemblance vocale est troublante, « Done Did It » et « Hard Times » démontre que ce jeune rappeur en a dans le ventre même si on ne peut s’empêcher d’imaginer quelle envergure ça aurait eu avec son meilleur ennemi. 

Les shaolins de Staten Island aiment ces douces guitares électriques qui caressent leurs oreilles, ils aiment ces quelques touches d’un piano tout poussiéreux, et nous on adore lorsqu’ils se retrouvent dans un élément si sombre, ça fait ressortir le charme de leur flow crasseux. RZA a aussi le droit à son solo avec « Telling Me Things » tandis que Raekwon continue sa croisade après OB4CL II et vient délivrer un putain de « Stay Off The Fuckin’ Flowers » qu’on suit pendu à ses lèvres. Dan Auerbach nous en dévoile d’ailleurs un peu plus sur cet enregistrement: « Raekwon came in, heard the music, got inspired and just sat down and started writing. He wrote like 20 verses, just like that, in 45 minutes. And everything that he says is so visual, such a story. His rhyme schemes are just insane. » Le projet Blakroc ressuscite même notre cher ‘sale vieux bâtard’ ODB sur « Coochie », ou se trouve aussi Ludacris, avec un de ses couplets qu’il avait enregistré sous l’air du Roc mais avec lequel il n’avait finalement rien sorti. Pas de doute que l’étrangeté et les guitares électriques de ce disque aurait plu au déjanté du Wu-Tang. La transition est toute trouvée avec notre invitée suivante. En effet la chanteuse Nicole Wray avait côtoyé Ol’ Dirty Bastard en 2003 juste à sa sortie de prison sur le single promo « Welcome Home » qui annonçait ainsi sa venu sur Roc-A-Fella. « Why Can’t I Forget Him » est peut être l’association la moins percutante mais n’en reste pas moins un bon bol d’air. 

Mais les deux « blues rocker » ont aussi fortement été impressionné par l’énergie de Billy Danze, sa prestation sur « What You Do To Me » s’apparente à une étincelle dans un bain d’essence, et sa présence sur « Hope You’re Happy » avec Q-Tip donne plus d’ampleur à l’ensemble. Leur approche avec leur monde du Hip Hop, les Black Keys en ont aussi sûrement discuté avec Danger Mouse qui s’est chargé de leur dernier album (« Attack & Release ») et qui pour nous reste le producteur à l’origine du surprenant The Grey Album, réunissant des a capellas de Jay-Z pour les coller à sa façon sur des instrumentaux des Beattles. Onze jours d’enregistrement à Brooklyn auront suffit à Dan Auerbach et Patrick Carney pour boucler cette prestigieuse compile de 11 titres qui passera peut être inaperçu d’un point de vue vente mais qui gravera fortement notre esprit en cette année 2009. Un album d’une grande richesse musicale, sans aucun sample, sans logiciel utilisé, uniquement à base d’instruments live et ça fait du bien! Le Hip Hop retrouve ainsi ses racines Blues. 


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