Ghostface Killah – Ghostdini: Wizard of Poetry in Emerald City (2009)

25 09 2009

 Tout le long de sa carrière on sentait que les collaborations ou remix R&B/Soul faites par le charmeur du Wu Ghostface Killah le titillaient de plus en plus. Le remix d’ « Again » de Faith Evan, « Never Be The Same Again » avec Carl Thomas, « Back Like That » avec Ne-Yo, « Love » avec Musiq, sa version de « You Know I’m Good » d’Amy Winehouse, celle d' »Irreplaceable » de Beyonce ou encore le célèbre « All That I Got Is You » avec Mary J. Blige pour ne citer que ceux la. Mais attention! Comme on peut le voir il ne fonce pas tête baissé, il sélectionne comme un oenologue le cru qui lui chatouille le palet. Ajouter à cela le fait que les femmes ont toujours eu une place importante dans ses textes, plus ces samples de Soul 60’s/70’s qui sont constamment liés à sa voix et vous obtenez un projet entièrement dédié à cette rythmique sensuelle. « Ghostdini The Wizard of Poetry in Emerald City » est un album osé, mais franchement qui d’autre que GFK pouvait se le permettre. Bizarrement c’est sa verve virulente qui se conjugue à merveille avec ce style et qui rend magique ses interventions. Même deux grands comme Jay-Z et R. Kelly ont totalement raté ce pari par le passé.Bienvenue dans le jardin secret de Ghostdini, celui ou la femme est le sujet de toutes les discutions. Et ça démarre très fort sur un beat 90’s de Scram Jones avec [i] »Not Your Average Girl »[/i], une collaboration avec Shareefa dans laquelle il nous donne ses préférences féminines. L’album est à peine sortis qu’on annonce déjà un projet commun avec Raheem DeVaughn. Le jeune prodige de la Nu Soul, rebaptisé pour le coup en Radio Raheem, s’exécute ici sur deux morceaux. Il apporte du charme aux refrains de [i] »Do Over »[/i] pendant que Ghost dévoile ses sentiments à sa moitié, et sur [i] »Baby »[/i] dans laquelle à notre grande surprise il utilise l’auto-tune. Pour réussir ce disque R&B Ghostface à voulu s’entourer des bons artistes du moment, mais ce ne fût pas si simple. Faute de temps à essayer de tous les contacter et les convaincre, comme Alicia Keys par exemple, il n’a pu en réunir qu’une partie. Estelle (ainsi que Vaughn Antony) lui donne la réplique sur le délicieux [i] »Paragraphes Of Love »[/i] (Produit par Bei Maejor & Tim Bosky). Avec ces douces notes de piano on se croirait presque dans un film romantique; Deux destins se croisent, se regardent, s’attirent, se séduisent, mais chacun est déjà accompagné. Un amour impossible, du moins pour cette vie la, magistralement orchestré. John Legend a aussi répondu présent et se la joue Marvin Gaye le temps de [i] »Let’s Stop Playing »[/i] pour que Ghostface et sa rime poétique flattent du mieux que possible sa cible.

Dans ce champs d’amour où les fleurs ne fanent jamais, on aurait pu s’attendre à des morceaux trop mous, à des productions trop édulcorées comme il y en a souvent dans ce genre. Mais hormis l’horrible bonus [i] »She’s A Killah »[/i] de Ron Browz qui, si on image le tout s’apparenterait à une grosse verrue sur le visage d’une mannequin, il n’y a rien d’affligeant. On connaît le talent de Ghostface, mais de la à n’y retrouver aucune déception la surprise est encore plus belle. Les productions choisis sont idéales. Sean C & LV ont fait un excellent travail sur leurs quatre cargaisons à base de sample, comme par exemple sur la mélancolique instru de [i] »Lonely »[/i] qui correspond bien avec l’histoire narrée, mais surtout sur ce déjà culte [i] »Sapleton Sex »[/i]. Carré blanc, interdit au moins de 18 ans, tout ce que vous voulez mais quand Ghostface Killah parle de sexe pendant l’acte cela donne un couplet monumental, susurré de gémissements excitant, aussi hardcore que tordant. On dédicace au passage ce son au vénéré Rudy Ray Moore qui nous a quitté l’année dernière et qui aurait apprécié l’oeuvre. Skymark sample Yvonne Fair (« Stay A Little Longer ») pour qu’il essaie de convaincre une autre de ses proies, Clyde & Harris misent eux sur l’incomparable sonorité des Whatnauts sur [i] »Forever »[/i] ou alors les J.U.S.T.I.C.E League recycle le même son qu’ils avaient cédé dernièrement à Rick Ross (« Yacht Club »), mais la prod est tellement bonne qu’on ne peut que voir ça d’un bon oeil.

Il n’a pas tous les guests escomptés mais il peut compter sur les jeunes recrues comme Ne-Yo ( avec Kanye West pour un remix de [i] »Back Like that »[/i] toujours bon à prendre), Shareefa, l’ex Cheetah Girl Adrienne Bailon ([i] »I’ll Be That »[/i]), ou encore la voix envoûtante de Lloyd qui conclus un [i] »Goner »/i] bien efficace et mélodieusement produit encore une fois par Sean & LV. La pochette de l’album très bling bling est semblable au monde utopique rêvé par son auteur. Elle n’est pas sans nous rappeler la marque de fabrique tape à l’oeil des albums No Limit Records, avec toutes ces fioritures ajoutées par Pen & Pixels. En plus de prouver que l’on peut faire des crossovers de qualités sur tout un album, Ghost confirme sa grande forme productive et son actuel charismatique statut de leader du Wu.


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