Maino – If Tomorrow Comes… (2009)

29 06 2009

 

Jermaine Coleman a payé sa dette à la société. Dix lourdes années derrière les barreaux auront raison de sa destiné. Celle-ci se consacre désormais entièrement à la musique et non à l’univers malsain de la drogue qui lui a déjà causé suffisamment de soucis. Le rap comme seul issue, des histoires écrites dans sa tête comme seule échappatoire, c’est ce qu’à trouvé ce résident de Bed-Stuy devenu Maino pour s’évader de l’impitoyable univers carcéral et de ses 23h/24h enfermées entre quatre murs. Dès sa sortie en 2003, il tente de se réinsérer en créant son label Hustle Hard Entertainment. De contact en contact, il finit par rencontrer le célèbre DJ Kay Slay qui évidemment impressionné par son passé et par son ambition de réussir dans le rap ne tarde pas à lui permettre de sortir quelques mixtapes, de se faire un nom petit à petit, et de collaborer avec une autre artiste de BK: Lil’ Kim . Son deal avec Universal pour sortir son solo « Death Before Dishonor » est vite avorté lorsqu’il s’aperçoit du manque d’attention qui lui est accordé par cette major. Ce sera finalement avec Atlantic Records qu’il pourra déployer ses ailes et démarrer une nouvelle vie avec l’enregistrement de son album à l’intitulé qui résume bien l’imprévisible street life, « If Tomorrow Comes… » 

Pour célébrer sa sortie de taule et nous montrer son état d’esprit enjoué d’être à nouveau libre, il démarre son projet sur une ambiance festive. Qui dit Swizz Beatz à la prod. dit forcément banger, une chance sur deux avec lui d’avoir un bon ou un mauvais cru, en l’occurrence ici « Million Bucks » réussi son pari. Non Maino n’essaie pas de vanter sa richesse avec ce titre, il veut juste délirer et faire bouger les quartiers avec ces billets verts convoités par tous les moyens. Après la danse de Busta Rhymes sur « Arab Money », Swizz Beatz sort la sienne sauf qu’il faut avoir les mains rempli de biftons pour y participer. Retour plus terre à terre avec « Back to Life » (Feat. Pusha! Montana) qui comme son nom l’indique le ramène dans son bastion sur Nostrand Avenue où il renoue les contactes avec des connaissances de l’époque et leur explique comment il voit son avenir. Welcome Home! Cloîtré dans sa cellule, la colère et les rancoeurs laissent place à la réflexion. C’est sans doute dans une période de nostalgie, d’angoisse et de solitude qu’il a écrit « Remember My Name », une consciencieuse chanson sur le fait qu’on se souvienne de lui après sa mort, quoi qu’il est fait par le passé, juste ne pas tombé dans l’oublie de son entourage. 

Des parents accrocs, des quartiers entiers de New-York tombés dans l’épidémie de crack, avec les deux pieds dans la poudre il était difficile pour lui de passer au travers. Il retrouve l’atmosphère du béton et de son dur passé de dealer sur « Soldier » ou encore « Gangsta », une combinaison avec le sudiste B.G le tout sur une production de Blast Off qui percute surtout par son sample de Johnny Guitare (« Gangster of Love »). Le mauvais garçon reprend du poil de la bête sur « Here Comes Troubles » avec une fois de plus une épatante, que dis-je… une éléphantesque production de la J.U.S.T.I.C.E League. Pour la promo du disque et les rotations radios, Maino a de quoi faire chauffer les enceintes. Son amour pour le ghetto chanté avec le tombeur de ses dames Trey Songz via « Hood Love », « All The above » au refrain T-Painesque et produit par un Just Blaze encore très limité niveau inspiration, ou encore l’excellent délire de « Hi Hater » et son rythme convivial de Mista Raja. Des hits singles certes mais qui restent néanmoins dans son univers remplis de peines et de rapaces. Les strings et les poom poom shorts pourront quand à eux shaker à leur guise sur la brise « Let’s Make A Movie ». 

L’opinion sur « Kill You » est délicate. Le morceau est à la fois démonstrateur de son talent de storyteller mais le sujet, qui est dans la lignée de « Kim » d’Eminem, est délicat et fait contraste avec l’ambiance, la personnalité et l’authenticité du reste de son album. Seul son flow déroutant est critiquable, sinon impossible de le blâmer de wack MC car Maino dévoile sa véritable histoire et ce qu’il a sur le coeur après toutes ces années au placard. Un album sincère qui mérite toute notre attention et qui voit toute sa profondeur dans des morceaux tel « Runaway Slave » (produit par Versatile & Delemma) dans laquelle il voit la mort de près. Évidemment rien n’est parfait, un titre comme « Floating » aurait pu être évincé de la tracklist mais le résultat global reste dans l’ensemble bien carré. Des débuts prometteurs qu’il clôt comme il a commencé, c’est à dire en fiesta sur les 10 min de « Celebrate », avec des shouts out sur la fin de ce titre. 


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