M.O.P – Foundation (2009)

29 06 2009

 

Les gueulards sont de retour! 

M.O.P. c’est un duo agressif qui ne fait pas dans le détail depuis leur création au début des années 90, mais M.O.P. c’est aussi une malédiction qui les a fait taire pendant trop longtemps… On voyait déjà un avenir brillant pour eux et pour nos oreilles au sein de l’écurie Roc-A-Fella si ce n’est que d’instables relations avec les dirigeants (Dame Dash/Jay-Z) ont poussé leur décision à sortir par la grande porte. On les voyait alors renaître de leur cendre en 2005 sur G-Unit Records alors en plein boom, mais la encore la liste des priorités ne présentait aucune trace de leurs initiales. Triste sort pour un groupe à l’image pourtant forte et significatif d’un rap cru. Voué au silence après leur album « Warriorz », Lil’ Fame et Billy Danze verront le reste des années 2000 sous le signe des mixtapes, compilations déterrant des inédits ou encore un opus de remix rock de leurs morceaux. Libéré des contraintes artistiques du label de 50 Cent, ils se décident finalement de dévoiler leur véritable nouvel album sous E1 Music (anciennement Koch pour ceux qui ne sont pas encore informés). 

Enregistré entre 2006 et 2009, « Foundation » signe enfin le retour du duo de Brooklyn dans les bacs. Un fat come back qui se fête triomphalement sous la levé des cuivres (« Blow The Horn ») pour voir défiler devant eux ces deux poids lourds du Hip Hop. Évidemment on n’a guère pu les oublier même avec tout ce temps écoulé, mais comme pour se représenter aux nouveaux auditeurs ils entament à leur manière, c’est à dire tout en délicatesse, avec un « I’m A Brownsvillian » alourdi d’un gros rif de guitare de Nottz. Fier de leur quartier, ils représentent toujours à la mort Brownsville mais aussi Crown Heights, Bushwick, Red Hook, Bed Stuy et tous les autres quartiers de « Brooklyn ». 

Lil’ Fame, qui avant de cracher son venin au micro était uniquement le DJ du groupe (avant leur début discographique), continue de côté sa carrière de producteur en tant que Fizzy Womack. Ça semblait donc naturelle d’y retrouver quelques unes de ses oeuvres. « Stop Pushing » est énorme, non pas dans le texte qui nous avertis juste une fois de plus qu’on a affaire à de pur produit de la rue, mais plus dans sa composition et son somptueux sample des War « The World Is A Ghetto ». Ils nous ont délivré les plus belles descriptions des bas fond new-yorkais dans leurs disques, malgré les rides ils gardent cette authenticité qui fait leur force et qui fait que le « hood aime leurs voix ». Mis au goût du jour avec la voix autotuné de Demarco, « Street Life » n’est qu’une photocopie verbale de ce qui s’y passe et un hommage a ceux qui y survivent au jour le jour. Évidemment ce featuring ne sera pas du goût de tout le monde, mais le résultat final est plus qu’agréable. 

L’association DJ Premier/ M.O.P. prend tout le monde a contre pied et s’installe dans une vibe R&B/Soul avec ce sample de Diana Ross sur « What I Wanna Be » (Feat. Rell). Statik Selektah, qui côtoie souvent le duo lors des tournées, trempe sa patte productrice sur « Crazy » avec Termanology qui ce prend ici pour un jeune Rakim et « Forever & Always » pour tout ceux qui ne se souvenaient plus des deux lascars. Petite polémique en revanche en ce qui concerne le sample et la production de l’excellent « Rude Bastard ». Crédité Fizzy Womack dans le livret, elle est en fait réalisée par les soins de Rahaman Kilpatrick, un producteur de l’ombre qui avait passé son cd de beats lors d’un show à Laze E. Laze, le manager du groupe. Après avoir déclaré son désarrois sur Internet, Lil’ Fame a à son tour rectifié le tire en démentant avoir produit le morceau et a simplement déclaré que Laze c’était trompé. 

L’album démarre fort avec des titres qui sentent la sueur, les larmes et le sang comme « Foundation », malheureusement il perd petit à petit de son intérêt dès le milieu de l’écoute et détient une qualité de mixage pas toujours des plus performantes. DJ Green Lantern froisse les tympans avec son « Bang Time » (feat. Styles P) énergique mais rapidement irritant, alors que « Riding Through » ne décolle pas du tout malgré la présence de Redman. Les M.O.P. font aussi des retrouvailles avec DR Period qui est au commande de « Salute A G » qui clos ces festivités en demi teinte. Le Hip Hop peut parfois s’apparenter a un zoo; il y a ceux qui font leurs singeries pour se faire remarquer, il y a les vieux éléphants, oui il y a également des chèvres c’est vrai… mais il y a aussi des requins comme les M.O.P., à la mâchoire affûtée et plus appâtés par le sang qui coule dans les rues que par l’odeur de l’argent. 


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