DJ Quik & Kurupt – BlaQKout (2009)

23 06 2009

 

Voila un album qui accentuera la nostalgie des amoureux de cette époque ou la Westcoast ensoleillait et dominait le Hip Hop. Finis l’esprit et les crapuleries de l’écurie Death Row, seul les amitiés ne se sont pas effritées, en témoigne cet album commun fabriqué en 2009 par ces deux lascars qui continuent de nous faire vibrer. Dj Quik, producteur génial à la touche funky qui vous caresse l’intérieur du crâne, et Kurupt, chien fou de Los Angeles au style rafraîchissant et inimitable, la formule nous en donne déjà l’eau à la bouche. Surtout qu’on se souvient de l’excellent « Digital Smoke » que ce dernier avait conçu avec J. Wells. Deux gros noms que tout le monde connaît, mais néanmoins deux artistes qui semblent ne pas avoir reçu l’engouement mérité durant leur carrière. Probablement dû à une discographie en demi-teinte pour Kurupt, et l’impacte de Dr. Dre qui a semble-t-il toujours fait de l’ombre aux autres prodos californiens. Cela n’a pas pour autant empêché le travail de DJ Quik d’être reconnu, de resté dans l’histoire et d’être encore aujourd’hui grosse référence pour les générations qui suivent. 

Toujours à la recherche de nouvelle coloration sonore, d’exploration des genres, de créations diverses, le producteur de Compton l’a joue pourtant minimaliste sur le single [i] »9x’s Outta 10″[/i]. Ils posent sur un beat en pleine mutation, qui semble être encore dans l’usine de conception, ça nous rappelle un peu le travail des Neptunes. Un goût d’inachevé qui donne cet effet transgénique et robotique intéressant qu’on a pas souvent l’habitude d’entendre dans les mains d’artistes qui posent davantage sur des sons bien rythmés. Il continue d’ailleurs dans la fantaisie avec le très spécial et spatial [i] »Jupiter’s Critic & The Mind of Mars »[/i] qui donne l’impression d’être dans un état second, après respiration d’hélium et usage de substances psychotropes. C’est après avoir bossé avec son homie Snoop Dogg sur l’album Ego Trippin’ qu’est venue à DJ Quik l’idée de concrétiser un projet commun avec un autre membre du D.P.G.C. Une association qui paraît presque une évidence tant leur relation est de longue date et pourtant il aura fallu bien des années avant qu’elle se réalise. Fortement inspiré par l’opus de Method Man / Redman, le titre de ce disque se distingue principalement par les initiales Q & K qui ont été rajouté au milieu. 

Gotti ne lâche rien d’extraordinaire, il déverse juste ses textes, comme d’hab, avec cette aisance remarquable. Même si DJ Quik est lui plus réputé derrière les platines que le micro, ses apparitions sont simples mais divertissantes, sans parler de sa petite voix aigue qui pimente toujours un couplet lorsqu’il débarque. Ce n’est malheureusement pas le cas de ce décevant [i] »Watcha Wan Do »[/i], à la sonorité oriental, qui voyait pourtant le très bon come back de YoYo, la protégé d’Ice Cube. Parmi ces expérimentations pas toujours appréciable, Quik revient au source et laisse croquer Young Gotti sur des sons qui sentent bon le style de vie californien. Comme cette entrée magistralement orchestré de la track éponyme, [i] »Cream N Ya Panties »[/i] ou le magique [i] »The Appeal »[/i]. Des morceaux qui mériteraient d’avoir plus de clone dans ce projet ou lieu de partir dans tous les sens. Tout comme le très funky [i] »Fuck Y’all »[/i] qui ne fait pas de détail. En attendant impatiemment la concrétisation discographique des QDT, réunissant Quik, Teddy Riley et Snoop Dogg, savourez les extraits de ce chaleureux et imperturbable combo. On connaît ses inspirations et son admiration pour la musique Reggæ, il aura encore l’occasion de nous en faire profiter sur [i] »Exodus »[/i]. 

[i] »Hey Playa! (Moroccan Blues) »[/i] reste l’un de nos morceaux favoris. Son sample vocale du Maghreb, son refrain, ses instruments dépaysants, l’ambiance y est parfaite pour se relaxer comme il faut. « BlaQKout » aurait été conçu dans les années 90, on le réécouterait probablement aussi nostalgiquement que leurs autres opus, seulement ce n’est pas le cas et avec l’évolution du Hip Hop, la main mise des majors, l’exigence du public et la multiplication accru d’artistes, sortie en indé sur Mad Science/Fontana Distribution leur collaboration passerait presque inaperçu de nos jours. 


Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :