Flo Rida – R.O.O.T.S. (2009)

25 05 2009

Attention! Certaines séquences de cet album et de cette chronique peuvent heurter la sensibilité des amateurs de Hip Hop.

On ne l’a jamais assez dit, mais le Hip Hop est sans nul doute, avec le Rock, la culture musicale la plus riche. Cette graine historique au lourd passé qui a subi maintes critiques a résisté aux tempêtes pour finalement prendre racine et se développer en ce magnifique arbre presque trentenaire. Les diverses branches qui le composent en font sa richesse. Hormis un climat houleux qui donne parfois de mauvaises récoltes, il subit également par période une invasion de vers qui rongent ses fruits. On n’a pas encore réussi à éradiquer ce fléau, mais on les observe attentivement, en voici la dissection de l’un d’entre eux.Apparu pour la première fois fin 2007 grâce au tube « Low », l’épidémie Flo Rida n’était alors que peu urticante par rapport à d’autres phénomènes apparus ces dernières années. Une propagation contagieuse facilitée par les présences de T-Pain, Timbaland créateur d' »Elevator » ou encore de Will.I.Am et Fergie sur « In the Ayer ». Les scientifiques restaient néanmoins sceptiques quant à sa résistance avec le temps… Manque de pot, favorable au climat tropical et rapidement transmissible dans le milieu des night-clubs, le virus est revenu envahir les tympans de la population avec le single « Right Round ».

Ses apparences musclées n’ont de reflet que dans le succès commercial de ses maxi singles, car la mutation qui a eu lieu a poussé le sudiste dans un crossover ridicule mêlant Electro/Pop/Hip Hop. Ici « Right Round », accompagné au refrain par la nouvelle venue Ke$ha, dépoussière le refrain d’un vieux tube Dance anglais « You Spin Me Round (Like A Record) » du groupe New Wave: Dead or Alive. Flo Rida est passé de la tentation aux actes en osant ce mélange qui, il faut le dire, arrive tout de même à nous faire hocher la tête. Mais lorsqu’on va plus en détail dans ce « R.O.O.T.S. », on se rend rapidement compte de la catastrophe du produit.

Le tout n’est qu’usurpation, reprise, méli-mélo à la limite du concevable. Et ça commence par l’ignoble « Jump », dans laquelle vient se fourrer Nelly Furtado. On se croirait presque revenu à l’époque des concerts Dance Machine avec ce tube d’une rare débilité. Pour « Gotta Get It (Dancer) » c’est Tina Turner qui est ressuscitée, un sample qui a dû la défriser si elle a un tant soit peu pris le moment de l’écouter. On reconnaît instantanément la touche festive et funky de Will.I.Am derrière la production d’ « Available »; un sample des S.O.S Band étant obligatoirement nécessaire pour recréer cet esprit si futuriste et entraînant. En revanche, contrairement à nos préjugés, la prestation d’Akon est moins irritante que d’habitude et le résultat s’en porte donc convenablement.

Flo Rida retrouve Ke$ha pour le morceau « Touch Me », qui crépite par ce sample accrocheur du désormais célèbre « Satisfaction » de Benny Benassi. On pensait avoir atteint le summum du n’importe quoi avec le trio Just Blaze/T.I./Rihanna reprenant le groupe O-Zone, et bien on n’était pas au bout de nos peines puisqu’on a eu pire ici avec « Sugar » dégurgitant le « Blue (Da Ba Dee) » des Italiens d’Eiffel 65. Une reprise d’autant plus effrayante qu’on sait déjà que ça va faire un carton… La mélodie de « Rewind » avec Wyclef Jean nous rappelle fortement l’air de « Where Is The love » des Black Eyed Peas, alors que « Be On You » avec Ne-Yo reprend note pour note la boucle légère de « Dilemma » (qui était déjà une reprise de Patti LaBelle).

Flo Rida a beau vouloir se relancer comme il peut avec des titres plus personnels, plus « Hip Hop » comme « Never »,« Finaly Here »,« R.O.O.T.S. » le tout est gâché par les déchets nucléaires qu’on ne peut malheureusement pas effacer. Même si un vaccin est découvert histoire de ne plus en subir les symptômes, on reste pessimiste en se disant qu’il aura forcément un remplaçant qui à son tour recréera une formule identique dans les plus brefs délais. Tout le monde n’a pas le talent pour créer un album aux couleurs multiples et de faire des tubes dansants artistiquement travaillés. Si Flo Rida a voulu reproduire le schéma des derniers albums solos de Timbaland ou de Will.I.Am, il faudra lui dire que c’est totalement raté.

Si le Hip Hop n’est pas mort, certains semblent vouloir l’enterrer vivant.


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