Slim Thug – Boss of All Bosses (2009)

12 05 2009

Drive slow homie! Le Boss des Boss est de retour pour faire crépiter les boomers et réchauffer le climat. Revenant aux sources avec un album en indépendant chez E1 Music (Koch), Slim Thug aura mis du temps, mais aura finalement retrouver le chemin des bacs avec ce second opus. Finie l’escapade Geffen/Interscope et son affiliation avec les Neptunes, après deux apéros avec l’ensemble de ses Boss Hogg Outlawz, Slim Thug brille de nouveau en solo et fait perdurer la qualité du Hip Hop made in Houston. Il n’a que peu d’années à son actif, mais déjà une réputation des plus solides, facilitée par son physique imposant et une voix qui n’en est pas moins lourde. Entouré par une atmosphère « chillisante » à souhait, Slim Thugga assure, sans forcer, un album qualitativement planant.

Derrière ses black sunglasses et l’épaisse fumée de son cigare se cachent la nouvelle génération du sud. Plus fougueux que ses aînés, plus voyou, plus ambitieux, plus frimeur aussi, ses principales occupations se résument à aligner les billets verts, faire tomber les strings et passer sa vie à dorer au soleil. Pour montrer l’étendue et la grandeur de ses principes, il démarre comme il se doit, c’est-à-dire en trombe sur cette épique track simplement intitulée « Boss of All Bosses ». Un banger triomphal envoûtant, démesuré comme son charisme, et hypnotique à un point qu’on s’en exploserait les tympans avec le volume. Suivez-le, c’est bien lui le patron! Si le Hip Hop était une voiture, Slim Thug ferait partie des SUV aux jantes incrustées de diamants. Back by popular demand? Hell yeah! Le hood voulait une suite plus street à « Already Platinum », il aura le droit à un nouveau condensé de son savoir-faire.

Pas de Dr. Dre sur le projet, pourtant l’original de « I’m Back » le laissait présager (écoutable sur internet). Peu importe, le fidèle Mr. Lee se charge de la recolorer et de la rebooster. Le refrain mystifié par Devin The Dude reste lui intacte. Premier single de l’album, « I Run », autre banger efficace, est entièrement dédié à sa gloire, à sa street credibility, à l’amour qu’il porte pour son ghetto, lui qui ne fait qu’arpenter jour et nuit le bitume de sa ville, vous ne savez pas où le trouver? Demandez à la rue, elle vous répondra. La touche festive de l’ancien producteur des Cash Money, Mannie Fresh , détend et relaxe les nerfs avec « Show Me Love ». Être riche, indépendant, connaître la gloire et le succès n’est cependant pas de tout repos. Outre les rageux qui veulent sa chute et les groupies qui veulent prendre une photo avec lui, la vie n’est pas simple pour Slim Thug… Il garde néanmoins le sourire sur cette mélodieuse et vibrante production de Jim Jonsin (« Smile »).

Une route en bordure de mer, au loin le soleil se couche, les reflets orangés sur la mer se prolongent sur la carrosserie noire de sa caisse, alors qu’à l’intérieur, Paul Wall et Slim Thug, fenêtres ouvertes, repassent leur morceau bien laid back « Top Drop ». “He was once a thug from around the wayyyyyy!” chantait Michel’le au début du célèbre titre « Eazy-Duz-It ». On coupe cet extrait d’Eazy-E, on fait crépiter les basses et on le repasse en boucle pour en faire le refrain de « Thug », histoire d’en tirer une ambiance plus gangsta. Mr. Lee se charge de la majorité des productions, et le travail réalisé est simplement idéal pour l’effet chopped & screwed, dans lequel baigne naturellement la voix de Slim Thug. Et il en est fortement question sur cette combinaison avec les UGK qui semblent avoir subi une insolation sous le soleil du Texas. On n’oublie pas non plus de dédicacer les ladies sous une couche d’R&B 90’s (« My Bitch ») ou tout en douceur, comme une goutte de sueur qui parcours les traits du corps, avec « She Like That ».

À part sa team proche, ce qui faisait défaut au précédent opus, c’était le manque d’artistes locaux. La chose est réparée ici et ils se serrent les coudes avec des figures emblématiques comme Z-Ro sur « Associates », l’intouchable Scarface sur « Hard », les UGK (RIP Pimp C) comme dit précédemment, mais aussi toute la scène de H-Town sur cette gigantesque réunion qu’est « Welcome To Houston »: Mike Jones, Chamillionaire, Paul Wall, UGK, Lil Keke, Z-Ro, Trae, Rob G, Lil’ O, Big Pokey, Mike D et Yung Redd. À l’écoute de cette galette, on est sûrs que Slim Thug est capable de bien plus percutant, mais « Boss of All Bosses » se résume à ces quelques mots : simple, court, aucune originalité, mais juste du bon son du sud pour se mettre bien.

Allo Houston ? On a un problème ! On est resté en orbite…


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