Paul Wall – Fast Life (2009)

7 05 2009

Après s’être servi à la sauce Rick Ross puis avoir goûté l’encas des texans Slim Thug et Mike Jones, c’est au tour d’un autre larron formé à l’écurie Swishahouse de balancer une nouvelle disquette en 2009. Une « Fast Life », mais un flow qui tourne toujours au ralenti, des chicos argentés, des tatouages tout le long des bras (et des doigts!), un crâne blanc rasé de près, une liasse de billet dans la main, pas de doute c’est bien le nouvel album de Paul Wall qui squatte les bacs. Les Sidewayz vont pouvoir se remettre en mode fast & furious…. En fait pas vraiment, car pour celui-ci notre valeureux sudiste a commencé à bosser directement après « Get Money, Stay True » en voulant concevoir un album plus mature (l’effet d’être papa?), plus recherché au niveau des thèmes et instaurer une diversité sonore qu’on ne retrouvait pas dans ses projets précédents. Autrement dit, pas de grosses boucheries qui sentent le goudron chaud comme « Sittin’ Sidewayz », « Break Em Off » qui lui collent pourtant à la peau, mais plus une variété de tracks mieux réfléchies, mieux travaillées et consolidées durant deux ans avec des producteurs de tous horizons. Ne soyez pas déçus d’avance ! Le résultat contient tout de même quelques surprises savoureuses à ne pas négliger.
Son ami et talentueux batteur Travis Barker, avec lequel il fait partie du groupe Expensive Taste, lui file un coup de main, dynamise et donne bien plus de volume aux morceaux qu’il produit. « I Need Mo » démarre de manière intensive ce début de disque, délicates touches de piano dévorées par une puissante guitare électrique pour accompagner la soif de dollars du rappeur. Changement total de décor pour « Pop One Of These », Paul Wall atterrit sur le terrain de la Bay Area avec Too $hort et The Federation. Travis Barker, lui, compte bien faire du bruit sur les dancefloors avec son produit risqué, mais efficace, mêlant style Hyphy/Pop/Dance. On lui souhaite au passage un prompt rétablissement depuis son crash d’avion auquel il a miraculeusement survécu.

Pas de gros banger ? Finalement si, car sous ses apparences mollassonnes, « Got To Get It » pèse une tonne sous un soleil de plomb. La team local Beanz & Kornbread lâche une ambiance laid back avec leur synthé West et un refrain de Fat Pat en mode Screw. S’il n’y avait qu’une track à retenir de « Fast Life », ça serait sans hésiter celle-ci qu’on mettrait de côté. On continue avec ces mêmes producteurs qui nous étonnent une fois de plus avec le très bon « Daddy Wasn’t Home (Mama Raised Me) », avec en ligne de fond un sample de « Dear Mama » de Tupac qu’on reconnaît immédiatement. Paul Wall raconte avec sincérité ses histoires de famille, mais rend surtout hommage à sa mère qui a su l’élever seul dans une situation économique des plus basses. Pour finir, les Beanz & Kornbread sont également à l’origine du crépitant « I’m Clean » avec un refrain chanté de Z-Ro.

Là encore, ni de Mike Jones, ni de Slim Thug ou de Chamillionaire en collaboration sur ce solo. Mais il peut compter sur des invités au nom plus ou moins exportés pour divertir et alléger la monotonie de son phrasé. Je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée de sa part, mais on peut ainsi découvrir les deux énergumènes Yung « Krusty » Joc et Gorilla « Bozo » Zoe venir amuser la galerie sur un irritant « Fly ». Webbie & Mouse, eux, ont quitté leur quartier de Bâton Rouge pour venir poser sur un « Bizzy Body » bien trop faiblard. Z-Ro réapparaît, pas au top de son savoir-faire, mais avec une voix toujours prenante sur « One Hundred » où le jeune protégé Yung Redd pose aussi son couplet. Le niveau reprend du grade avec les sulfureux Trae et Lil’ Keke qui épaulent Paul Wall histoire de flamber tous ensemble, malheureusement pour nous là encore, la production (de I.N.F.O. & NOVA) nous sort rapidement par les narines.

Le californien Marty James nous transporte en apesanteur avec son refrain chanté qui vient mélodieusement dépayser ce hit du ghetto qu’est « I Grind », alors que Baby Bash refait son come-back en 2009 sur ce clubber « Lemon Drop » qui n’a aucun autre but que de faire bouger les fessiers. Partir en tournée avec la tornade déjantée Tech N9ne lui a forcément laissé des séquelles, il a donc décidé de l’appeler lui et son poulain Krizz Kaliko pour « Sumn’ Like A Pimp » qui sort là encore des sentiers battus avec cette ambiance mystique dont raffole ce premier. Paul Wall plus réfléchi, plus posé équivaut à avoir des morceaux plus sensés dans lesquels il se confie sans problème à l’image de « Look At Me Now » qui fait en gros le bilan de son parcours, de sa vie.

Peu marquant, trop hétérogène, « Fast Life » jouit néanmoins d’une once de solides productions et d’une tentative d’oser de nouvelles choses. Mais globalement, ça reste une étape plus que routinière dans sa carrière.


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