Method Man & Redman – Blackout! 2 (2009)

30 04 2009

 

Il n’y a pas qu’en chimie où l’on décèle des réactions explosives. Dans le monde du Hip Hop l’association de deux éléments peut aussi rapidement devenir dévastateur. L’équation la plus connu résulte d’une partie du Def Squad en contact avec un membre du Wu-Tang. Un peu de Red, un peu de Meth et la catastrophe d’un Blackout! est assuré. Tout le monde garde encore quelques séquelles de leur premier union il y a 10 ans de cela, notamment provoqué par un « Da Rockwilder » d’anthologie qui ne cesse de rendre fou le public lorsqu’il le joue en live. Leur carrière solo respective, les changements évidents du mouvement Hip Hop n’ont nullement effrité la complicité des ces deux électrons libres qui gardent leur excitation et leu inspiration initiale. Pour le prouver, les frères pétards nous laisser tirer sur leur nouveau joint fraîchement roulé. Rendez-vous pris dans une cave obscure le 19 Mai 2009; deux ans d’enregistrement, toujours sur Def Jam, une équipe de producteurs toujours irréprochables, la suite attendu de l’album mythique est désormais disponible. B.O! 2, bitch, we bring the drama.

  

On ne savait pas trop à quoi s’attendre avec ce volume 2, le titre nous fait tant pensé au carnage du premier qu’on craint vite la déception malgré cette tracklist alléchante. Difficile de faire mieux niveau banger, c’est sans doute pourquoi Method Man et Redman ont joué ici la carte de l’homogénéité: street, sans artifice, sans fioriture, juste eux leurs techniques d’écervelés et leurs textes qui sentent le beuh. La tête dans les nuages, les yeux globuleux et rouges, personne ne peut les défier dans le domaine de la fumette qui fait rire. C’est en gros ce qu’il nous font savoir sur l’énorme « Dis Iz 4 All My Smokers (Prod. DJ Scratch), successeur d' »How High », « We can puff til our voice get lower than Tone Loc ». Le deux premiers singles sont d’ailleurs les seuls morceaux qui sortent du lot, ce ne sont pas forcément les meilleurs mais ils ont cette vibe idéale pour passer en radio et crée le buzz. « A-Yo » est produit par Pete Rock: convivial, il est ambiancé au refrain par Saukrates, tandis que Buckwild revisite le catalogue Blue Notes pour le très smooth « Miss International » dans lequel Erick Sermon chante le refrain. 

Le duo nous étant bien familier on en perd évident les saveurs de la découverte. Partie dans leur délire ils nous laissent par moment sur notre faim avec des titres simplistes comme « Never Herd Dis B4 » ou le flambeur « How Bout Dat » (Feat. Ready Roc et Streetlife). Mais conscient de leur sonorité inégalé et de leur flow ravageur, ils arrivent à nous en faire oublier la déception avec des titres bien underground, qui sentent la poudre et le bombage de torse, tel le grimy et très linéaire « I’m Dope Nigga » produit par Havoc ou encore « Dangerous MCees » conçu par Erick Sermon. Le Green Eyed Bandit était d’ailleurs le principal fournisseur sur Blackout! premier du nom; les deux complices ont préféré ici jouer la carte de la rotation. Ty Fyffe recycle un vieux sample Soul pour le planant « Father’s Day », King David lâche une sonorité à la Timbo sur le génial  » I Know Sumptn », un titre percutant comme il y aurait du en avoir plus sur cet opus, une rencontre entre les années 90’s et l’auto-tune (utilisé ici par Poo Bear). Le norvégien Nasty Kutt a eu l’honneur de servir ces énergumènes avec en plus un invité de luxe sur « City Light », Bun B, qui retrouve la voix de Pimp C de « One Day ». 

Ce retour est l’occasion de fanfaronner avec leurs acolytes de longues dates, c’est le cas de Erick Sermon comme on l’a vu précédemment, mais surtout Rockwilder qui reste toujours dans l’entourage de Redman et qui leur a concocté pour ce come back deux instrus efficaces; « A Lil Bit » qui clos en douceur l’album avec la délicieuse Mélanie Rutherford et l’excellent « Hey Zulu », le nouveau tube déjanté crée par le trio de « Da Rockwilder ». Keith Murray retrouve le Funk Doc sur l’électrique « Errbody Scream », alors que Method Man ramène ses compères Raekwon et Ghostface Killah pour nous rappeler ce qu’est le parfum Wu-Tang avec le démesuré « Four Minutes To Locks » sur un beat terrible de Bink! L’esprit du Wu ne s’entend pas que dans le passé comme on pourrait le penser, il continue a revivre à certains instants comme sur ce featuring. Dans les anecdotes du projet on remarquera l’absence de RZA. Comme le disait Redman, il se serait mentis s’il n’avait pas fait d’album en commun, avec cette suite qui finira sûrement en trilogie Method Man et Redman semble franc et nous disent la vérité sur leurs activités, rien que la vérité. 

 

 


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