Asher Roth – Asleep In The Bread Aisle (2009)

15 04 2009

 

Dans une société ou pour beaucoup l’espoir du rêve américain s’est transformer en cauchemar, on ne renonce pourtant pas à ces croyances historiques et on persiste tout de même encore à y croire grâce au destin magique qu’ont connu certaines personnes. Tout va trop vite, un jour tu perds un jour tu gagnes, un jour tu n’es personne et le lendemain tu deviens célèbre. A aucun moment Asher Paul Roth, jeune étudiant blanc né en pleine cambrousse de Pennsylvanie, n’aurait imaginer devenir en si peu de temps une des pointures du Hip Hop et arpenter le haut du billboard. Mais le pouvoir d’Internet et surtout de la plateforme Myspace allait une fois de plus bouleverser la carrière de quelqu’un. Partis dans le simple but de s’amuser avec ses potes en mettant ses morceaux en libre écoute, il se retrouve convoiter par Def Jam, Warner Bros, Atlantic,… et sera finalement signé chez Steve Rifkind et son SRC Records lié à Universal. Sa mixtape The Greenhouse Effect dirigé par DJ Drama & Don Cannon nous présente donc cet universitaire fêtard qui ne se prend pas la tête et balance des textes représentatifs de son milieu de vie, autrement dit des thèmes bien lointain de ce que le Hip Hop a l’habitude de nous faire partager. 

Il représente cette jeunesse américaine de la middle class qui aime les grasses matinée, glander toute la journée en pyjama pour jouer online à la Playstation, s’évader dans les beuveries de fin de semaine ou encore tirer sur des gros joints. Les effets psychotiques de l’herbe pénètrent d’ailleurs les poumons de la production de [i] »Blunt Cruisin' »[/i]. Le slogan qui qualifierait le mieux Asher Roth se trouve dans sa généreuse lyric [i] »Drink my Beer & Smoke My Weed »[/i] que l’on retrouve sur son tube [i] »I Love College »[/i] (Prod. Mike Caren & Ben Allen). La convivialité du morceau nous démontre à quel point les années lycées ont un tout autre esprit outre Atlantique; house party à chaque fin de semaine, spring break,… Asher Roth passerait bien sa vie à ce niveau d’étude pour s’éclater un maximum et on le comprend. [i] »I Love College »[/i], un hymne pour étudiants qui a rapidement fait sa place dans les charts. Avec une telle hype et une grosse structure derrière lui, Asher Roth a toutes les cartes en mains pour confectionner son premier disque. Les featurings désirés ne sont pas inaccessibles pour preuve: la douce Keri Hilson apparaît sur [i] »She Don’t Wanna Man »[/i], une track plus que médiocre, Busta Rhymes partage ses prouesses sur [i] »Lion’s Roar »[/i], Jazze Pha ne produit pas mais chante sur ce bon storytelling qu’est [i] »Bad Day »[/i]. Beanie Sigel, Rock City ou même Slick Rick sont présent sur les bonus tracks des éditions Itunes et UK. 

Après avoir débuté par la track [i] »Lark On my Go Kart »[/i] qui nous introduit bien l’authenticité du personnage, on se demande encore pourquoi certains on osé la comparaison avec Eminem. Hormis la couleur de leur épiderme, les deux rappeurs ne joue en rien dans la même catégorie. Leur environnement natal n’on pas été aussi malsain, il est donc logique qu’il ne berce pas leur texte dans la même sauce, de plus si Asher Roth est capable d’être pertinent sur certains points ou de créer des métaphores intéressantes on perçoit nettement ici ses limites artistiques par rapport au premier. Une comparaison démesurée qui l’agace autant que nous et qui l’oblige à écrire un morceau pour l’occasion. [i] »As I Em »[/i], au titre bien trouvé, met les choses aux clairs qu’hormis la ressemblance vocale ils n’ont rien à voir, Asher Roth à sa propre identité. Il se bat pour valoriser son nom mais aussi justifier la place médiatique qu’il occupe actuellement ([i] »La Di Da »[/i]). Histoire d’enfoncer le clou il va nous narrer comment il est tombé dans la mouvance Hip Hop et les relations qu’il entretient avec ([i] »Fallin' »[/i] Prod. Nottz & Novel). 

Frivole, trop jeune pour se caser, il préfère pouvoir encore s’amuser et mater les matchs de football avec ses potes avant de passer aux choses sérieuses avec les femmes, c’est ce qu’il nous dévoile sur [i] »Be by Myself »[/i] avec un refrain de Cee-Lo dans l’esprit Gnarls Barkley. Son succès, il le laisse de côté un moment pour argumenter sur la pauvreté qui touche son pays sur [i] »Sour Patch Kids »[/i]. Et lorsqu’il continue sa lancé de textes plus consciencieux, plus personnel cela donne le larmoyant [i] »His Dream »[/i], une dédicace à cet homme de 56 ans décédé dont on émet fortement l’hypothèse qu’il s’agit de son paternel. Loin des répétitifs tonalités du moment, le producteur Oren Yoel a réussit a donner une musicalité nouvelle, assez Pop voir Variété, qui se marie bien avec la fraîcheur de l’univers d’Asher Roth. Les 12 petites tracks de « Asleep In The Bread Aisle » sont amusantes, touchantes, très éclectiques, mais ont pour la plupart une replay value (« rejouabilité ») très très faible. Un essaie en demi teinte pour Asher Roth qui devra encore mieux confirmer tout le bien qu’on pense de lui dans le prochain. 


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