Havoc – Hidden Files (2009)

26 03 2009

Le nom d’Havoc résonne dans toutes les têtes comme la moitié de Mobb Deep ou encore comme le producteur qui a apporté une touche sombrement glaciale au Hip Hop via ses boucles de piano. En bref, il fait partie de ces artistes qui n’ont plus rien à prouver, avec une réputation déjà bien fondée. Oui mais voilà, en étant si sûr de soi avec un tel passé et en continuant son chemin comme si de rien n’était, certains en oublieraient presque ce qu’il pourrait surtout y perdre… Une désillusion, un manque d’engouement qui s’est malheureusement confirmé avec Havoc lors de son premier solo « The Kush ». Trop synthétique, peu inspiré, la déception fut aussi grande (voire plus) que l’attente suscitée par ce dernier malgré une ou deux pistes potables. Deux ans plus tard et dans une campagne de promo quasi nulle d’E1 Music (Koch Records), la figure du Queens tente discrètement de reconquérir la critique avec un second opus solo, « Hidden Files », qu’il produit bien sûr entièrement.Première écoute intégrale et d’emblée nos sensations semblent dépitées face à cette monotonie qui gagne le projet à l’image d’un « I Clap Em Up » bien fade. On tourne vite en rond, on baigne continuellement dans une atmosphère textuelle/musicale street, mais qui s’apparente à une bien pâle copie des Mobb Deep, la rythmique, l’enthousiasme et l’authenticité en moins. Tout ça nous ramène à l’époque où une grosse majorité le trouvait plus talentueux, plus convaincant, plus appliqué que son partenaire. Des sentiments qui aujourd’hui ont fondu dans leur bouche comme des M&Ms, ou se sont échappés dans leur amnésie soudaine. Il faut aussi avoué qu’Havoc s’est trompé d’année pour dévoiler ses premiers disques personnels, même si Prodigy avait été critiqué à tord en 2000 pour son sulfureux « H.N.I.C. », il aurait dû suivre la même tangente et battre le fer pendant qu’il était encore chaud. Ça nous aurait déjà évité des déchets radioactifs de saison comme « Watch Me » avec le jeune auto-tunné Ricky Blaze.

C’est triste à dire, mais on aurait préféré que ces « dossiers cachés » ne nous soient jamais révélés et restent des secrets bien gardés. Lorsqu’Havoc ne fait pas du Havoc minimaliste, il essaie d’innover en tentant un tube ‘timbalandesque’ de moindre mesure avec « Tell Me More » (feat Sonya Elise). Ce qui sauve un peu ce nouvel album, ce sont ces légères mélodies obscures que l’on peut percevoir par moment et qui nous replongent un court instant dans le passé comme sur « Heart Of The Grind », « My Life », « The Millenium ». Mais tout ça manque encore trop d’intensité pour que ça nous percute à juste titre. Le meilleur reste quand même lorsqu’il puise du côté de sa source du Queensbridge pour un obscur featuring de Big Noyd qui sent le souffre (« This Is Where It’s At »), ou encore et surtout lorsqu’il se réassocie avec Pee sur l’excellent « On A Mission » qui résonne nostalgiquement dans nos oreilles tant l’univers Mobb Deep reprend instantanément racine.


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