Common – Universal Mind Control (2008)

22 01 2009

L’année 2008 semble avoir illuminé les esprits des deux plus célèbres rappeurs de Chicago. Kanye West en a étonné plus d’un sur son nouvel album qui a pris des allures électro-blues. Loin de son Hip-Hop initial, il a même concrétisé son rêve en appliquant son talent persuadé de chanteur (dont il est le seul à croire) grâce à la technologie de l’auto-tune. Une direction complètement différente de ce à quoi il nous avait habitués et qui a donc grandement partagé les avis. Mais il n’est pas le seul puisque Common, qui avait depuis longtemps prévu de lâcher son huitième projet, s’est lui aussi penché vers de nouvelles sonorités. « Universal Mind Control », anciennement « Invincible Summer », a finalement réchauffé notre mois de décembre avec un éclectisme riche et surprenant. Enthousiasmé par l’épopée Obama, ni une ni deux, Common s’est psychologiquement motivé par le slogan « Yes We Can », en se le personnalisant en « Yes I Can » pour la réalisation d’un album saupoudré d’électronique, qui ferait bouger les foules et qui élargirait son champ d’auditeurs. Autrement dit, réussir là où il avait échoué avec les critiques de son « Electric Circus » qui présentait déjà un fort penchant pour de nouveaux horizons.

Neptunes presents Common…

Quand on parle de faire des crossovers dans le Hip Hop, de nous apporter des sons futuristes, qui s’inspirent d’un tout autre univers, les artistes font bien souvent appel au célèbre duo des Neptunes. Common n’a pas dérogé à la règle et sait très bien qu’un album quasi intégralement produit et géré par Pharrell Williams et Chad Hugo peut rapidement faire des miracles. Bien entendu, la recette n’a rien à voir avec ses précédentes œuvres entièrement soulful ressortant cette force poétique du ghetto, mais plus à un panel mélangé et réaliste qui reflète ce qu’est le Hip Hop d’aujourd’hui. L’« Intro/UMC » robotique avec Pharrell en featuring met les choses en place, son rôle d’acteur dans le prochain « Terminator Renaissance » l’a semble-t-il marqué. Un véritable son pour breakeur, avec des synthés hypnotiques fortement inspiré du légendaire titre « Planet Rock » d’Afrika Bambaataa qui révolutionna le genre. Le clip d’Hype Williams vaut également le détour pour son esthétisme. Qui ne se souvient pas de la sensuelle chanson « Come Close », sur laquelle Common dévoilait intimement ses convictions envers sa compagne de l’époque Erykah Badu… L’instrumental était déjà conçu par les Neptunes, une ambiance charmeuse et slow jam qu’ils remettent en place ici sur « Punch Drunk Love (The Eye) » ou apparaît en bonne et dû forme Kanye West (vu que l’album sort sur Geffen & G.O.O.D. Music). Le monotone clubber « Sex 4 Sugar » éloigne le consciencieux Common des sentiers battus pour le pousser dans le chemin de la facilité textuelle. Un titre qui aurait cependant très bien pu être exploité par la délicieuse Kelis qui raffole de ces petites friandises. La collaboration la plus fructueuse prend racine sur « Announcement », qui est en quelque sorte un retour dans l’old school où Common et Pharrell semblent donner un mini concert dans la rue avec un son festif et fédérateur. « Gladiator » est quant à lui le titre le plus frappant de l’album en tout point ; tant au niveau de l’originalité et de la créativité qui ressort de cette production ahurissante, qu’au niveau des trois couplets agressifs et transcendants de Common bien ancré dans son personnage de spartiate du Hip Hop. On retrouve les Neptunes dans un style plus conventionnel, avec une rythmique funky/80’s et laid back pour un relaxant et envoûtant « Inhale » qui nous indique quelques confidences sur l’inspiration et la réflexion du rappeur. On finit par une track Hip Hop/Dance/Pop avec l’artiste signé chez Star Track, Chester French, qui pose le refrain de « What A World », un autre tube pour les dancefloors dans le pur esprit de ce qu’avait fait récemment Kenna (autre artiste du label neptunien).

Mr. DJ

Quand on parle d’excentricité, de délire funkadelic, de fusion on pense aussi dans le Hip Hop au duo outkastien qui a tant apporté. Common a donc fait appel à leur ami et proche collaborateur Mr. DJ pour remplir avec brio les trois autres morceaux qui composent son court album expérimental. Chaleur d’un bon grill, détente estivale sur « Make My Day » avec un Cee-Lo, qui comme sur l’album d’Estelle, apporte une exquise couleur Soul à ce gros titre qui n’attend plus qu’un clip pour passer en boucle sur toutes les télés. Obama a marqué les esprits de tous en 2008, la preuve que le monde peut changer, que les gens peuvent changer, les mentalités évoluer… Tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant, mais c’est déjà un grand pas pour l’humanité pour reprendre une célèbre phrase. C’est en gros ce que dégage « Changes » et son onctueuse sensation de planer. Un message d’espoir et consciencieux qu’il retrouve avec la sublime voix de Muhsinah et de sa fille qui conclut cette ferveur par un discours qui suit les traces de son père pour finir par un « Change is Hope ».

Ce nouvel aparté dans sa carrière reste très hétérogène et il semble y en avoir pour tous les goûts. Un mini album qui orientera néanmoins plus les débats sur le pourquoi d’un tel choix musical, comme « Everywhere » qui est clairement de électro-pop-muzik, que sur l’album en lui-même, son innovation et de la richesse qu’il apporte par moment. Un changement réussi qui une fois de plus ne fera guère l’unanimité.


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