Ludacris – Theater of the Mind (2008)

29 11 2008

Date de sortie: 24 Novembre 2008
Réalisé par: Ludacris
Avec: Ludacris, T-Pain, The Game, Jay-Z, Nas, Lil Wayne,…
Film américain.
Genre : Comédie/Drame/Action/Erotique
Durée : 1h 15min.
Année de production : 2007/2008
Producteurs: DJ Premier, 9th Wonder, Cinton Sparks, Scott Storch, DJ Toomp,…
Producteurs Executifs: Chaka Zulu, Jeff Dixon
Distribué par Disturbing Tha Peace/Def JamDans une année où le cinéma est de plus en plus ancré dans sa vie (présent dans l’adaptation sur grand écran de « Max Payne », un rôle dans le dernier film de Guy Ritchie « RocknRolla »…), Christopher Bridges aka Ludacris confirme de plus en plus ses ambitions d’acteurs. Une nouvelle vie qu’il exploite petit à petit avant de prendre définitivement sa retraite dans le rap game. En attendant ce jour, il revient et reste dans cette lignée avec un nouvel album au concept très hollywoodien. « Theater of the Mind », sixième acte discographique de la carrière du sudiste, est un coffret de 14 courts-métrages aux histoires diverses, mais toujours fidèles à l’esprit du rappeur vu qu’il en est le rôle principal. Produit par les plus réputés et où viennent jouer à ses côtés toute une panoplie de stars, c’est le gros blockbuster de cette fin d’année. Passez par la case toilette, éteignez vos portables, préparez vos pop corn, l’intro bande-annonce vous a averti, vous êtes enfin prêt à découvrir « Theater of the Mind ».

On démarre fort avec « Undisputed », une première réalisation de Don Cannon qui a sorti les trompettes triomphales à l’occasion de ce combat de boxe. Coaché par le non moins réputé et invaincu Floyd Mayweather Jr., Ludacris nous fait une véritable démonstration enchaînant uppercut et punchlines fracassants. Deux rounds suffisent, les lyrical bullets de Luda ont rapidement fait la différence. Un échauffement pour le rappeur, qui à défaut de voir son jeu de jambe, comptait bien prouver qu’il n’avait rien perdu de ses jeux de mots. Mais la pression ne fait qu’augmenter, surtout lorsqu’il s’associe à son ‘ancien rival’ sur « Wish You Would ». Qui de T.I. ou de Ludacris est le détenteur du tant convoité titre de King of the South? On n’en saura pas plus dans cet épisode. Pour leur toute première collaboration, ils préfèrent unir leurs forces sur une inquiétante et lourde ambiance de DJ Toomp. « This is a Luda Service Announcement »: Ludacris nous met en avant les vertus de l’alcool avec trois petites anecdotes de sa vie toutes aussi délirantes. Un verre de plus et vous verrez la vie différemment… Produit par les revenants de Trackmasters, « One More Drink » est surtout ambiancé par l’auto « charmeur » tune T-Pain qui l’accompagne au refrain de ce second single pétillant comme une bulle de champagne.

Petit détour par la cité des anges pour y rencontrer The Game et partager avec lui sa street credibility. Dans ses bagages, Luda a ramené son protégé Willy Northpole des DTP qui manque un peu de charisme au micro, surtout en passant dernier, mais qui niveau texte reste très efficace. « Call Up The Homie », un banger servi par un Clinton Sparks très inspiré. Son cœur bat depuis le début pour sa ville d’Atlanta, mais aussi pour tout le South en général. Les différents « héros » du conte urbain « Southern Gangsta » nous sont présentés par l’acteur Ving Rhames, avant que ces derniers – Ludacris, Rick Ross et le duo Tity Boy/Dolla Boy aka Playaz Circle – n’interviennent chacun leur tour. Quand Nas scandait ‘Hip Hop Is Dead’, Ludacris arborait lui fièrement son ‘Hip Hop Lives in the South’ sur le dos pour contredire cette idée lancée uniquement pour faire parler, mais aussi faire taire les nombreuses critiques envers la scène sudiste. Conscient que ces mouvements créent de nombreuses polémiques et confusions, l’enfant prodige du Queens et Ludacris lance un fédérateur « I Do It For Hip Hop » sur laquelle est aussi convié Jay-Z. Troisième collaboration entre les deux activistes new-yorkais, produit par le peu connu mais talentueux Wyldfyer qui s’était déjà chargé de l’historique « Black Republican ».

Un point qui parait vraiment important pour Ludacris, c’est sa réputation. Dans bons nombres de ses morceaux, il dégage une impression de toujours vouloir montrer son authenticité dans le rap, d’être toujours au top depuis les années 2000. Ses dernières déclarations sur son sentiment d’être encore trop sous-estimé nous conforte encore plus dans cette vision. Chose qu’il essaie sans doute de réparer en travaillant avec DJ Premier sur « MVP » qui lui ramène toute l’essence du Hip Hop dans ses platines. Contrairement à ce qu’il déclare dans sa track, ce n’est pas le premier artiste South à bosser avec la légende, vu que Devin The Dude l’avait déjà fait auparavant. Quoi qu’il en soit, cette collaboration apporte une fraîcheur et une teinte si particulière à son style, ajouter à cela des gros scratchs du morceau « Virgo » et vous obtenez l’une des pistes les plus intrigantes de l’album. L’humour a toujours été son point fort, délirant sur n’importe quel sujet, vanneur sans pitié, avec « Everybody Hates Chris » (certainement inspiré par la série du même nom), il le prouve encore en se jouant de lui même et en invitant l’auditeur à crier « FUCK You, Luda! », sans oublier les interventions d’un Chris Rock en grande forme: « The only rapper that, goes to the airport without a gun in his bag », « He got six albums, what you tryin to fill up an iPod, nigga?! ».

Comme la pochette de « Chicken-n-Beer » le montrait, Ludacris est également un croqueur de bonne chair. Il est donc naturel d’y retrouver quelques minutes consacrées aux ladies. Cependant, on l’a connu plus convaincant dans le domaine. Deux morceaux consécutifs, pourtant bien produit, nuisent malheureusement à l’ensemble et font offices de bouche-trou : « Nasty Girl » avec Plies, « What Them Girls Like » Co-Staring Chris Brown & Sean Garrett (qui semble la jouer à la Drop It Like It’s Hot). Seul « Contagious », avec son ambiance feutrée servie par Scott Storch et la voix de Jamie Foxx, arrive à nous charmer. Finalement, le titre le plus prestigieux de ce « Theater of the Mind » restera le titre magistral avec Lil Wayne, « Last Of A Dying Breed » produit encore par Wyldfyer. Nouveau morceau ou le Hip Hop est à l’honneur, sauvé par ces deux gladiateurs des temps modernes. En invitant Lil Wayne, c’est en quelque sorte un pied de nez à ceux qui le critiquent d’être une nuisance pour le mouvement, d’autant plus qu’ici il se déchaîne totalement et explose le morceau lors de son passage. Les deux acteurs délivrent des couplets bien lourds et ne sont clairement pas venus pour faire de la figuration. Pour finir en beauté cette séance, Ludacris éveille les consciences avec un soulful « Do The Right Thang » produit par 9th Wonder, avec une participation pas anodine de Spike Lee (le message du morceau est très représentatif de ses films) et co-interprété avec Common.


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