Big Shug – Other Side Of The Game (2008)

15 11 2008

On continue de parcourir les dernières nouveautés en provenance de la productive ville de Boston avec le vétéran Big Shug. Lui qui avait mis un temps fou à dévoiler son premier projet solo semble désormais incontrôlable et enchaîne les sorties. Après nous avoir mis une bonne grosse claque de forain avec « Street Champ » l’an passé, il est déjà de retour et vous vous en doutez bien qu’on s’est empressé d’écouter ça. Aux commandes, DJ Premier et MoSS assurent de nouveau à eux deux l’essentiel de l’album avec une musicalité mélodieusement froide, afin de servir du mieux que possible l’univers goudronné de Big Shug. Une mère absente, un père alcoolique, élevé avec comme seules règles celles de la rue, sa mentalité d’acier qu’il s’est forgé, ses écrits et sa voix rocailleuse n’en retranscrivent pas moins encore et toujours cette authenticité qui fait de lui l’un des rappeurs les plus respectés de l’underground. N’imaginez pas retrouver sur « Other Side Of The Game » la même virulence que sur le précédent, hormis quelques exceptions, cet essai est clairement plus posé. Une ambiance hardcore légère sous laquelle il lâche de longues paroles introspectives, rassurant son quota d’égo (« When I Strike »), ou retranscrivant cette street life qu’il a tant côtoyé (« Young Death »). Pas de gros single bien lourd en rotation, si ce n’est cet excellent hymne « My Boston » avec Termanology et Singapore Kane qui domine largement l’album. Même la présence de Blaq Poet n’y fera rien sur le titre « Militant Soldiers II ». On zoom en gros plan, l’autre bastion qui lui est cher c’est la banlieue de Mattapan aka « Murdapan » comme il l’appelle là-bas à cause de son trop grand nombre de crimes. Il raconte l’enfance qu’il a connu là-bas et explique d’un air impuissant, attisé par un rif de guitare, la violence des gangs qui y règne.

Ceux qui balancent des productions plus rythmées pour Big Shug sont justement ceux qui apparaissent le moins souvent. Jay Quest amène un air soulful avec « Keep Calling Me », Soul Professa calibre un imposant « What It Means » pour recevoir amicalement les bulldozers Frankie Wainwright et Billy Danze (pour l’aparté, ça en devient trop frustrant d’attendre le grand retour des M.O.P). S’en suit deux amateurs de bons vieux samples de Soul comme le Californien Lee Bannon qui lui délivre un somptueux « Better » et « Protection », alors que Purpose rajoute une touche encore plus forte pour l’histoire écorchée de « Lonely Heart ». On oublie pas non plus le planant travail de MoSS sur « The Meaning Of Hardcore ». Il a beau resté fidèle à sa ligne artistique bien sombre le tout est globalement décevant globalement par rapport à ce dont il est capable et à ce qu’il a pu faire. On ne retiendra malheureusement qu’une pincée de titres de ce troisième album studio.


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