Nas – Greatest Hits (2007)

13 11 2008

Dur de résumer les 10 ans de carrière d’un très grand artiste en 15 morceaux. Pourtant c’est toujours la même rengaine avec les maisons de disque : dès qu’ils sentent que le vent tourner un peu, elles se voient l’envie de remettre en valeur, ou de se remplir leur compte en banque (chacun voit ça comme il veut), avec les meilleurs morceaux que le rappeur à pu sortir chez eux. Compilation plutôt futile lorsqu’il s’agit d’un MC comme Nas, pour qui chacun sait que ses propres albums solos est un évènement à posséder. Cela dit, Columbia aurait très bien pu composer un best-of commercialisé mondialement à la va-vite depuis belle lurette, mais s’ils ont attendu près de 14 ans avant de le faire, ce n’est pas pour rien. Le véritable tournant, c’est cette signature sur le label Def Jam. Un ‘nouveau départ’ important pour l’artiste surtout lorsqu’on sait qu’il est désormais sous l’oeil directeur et attentif de son ancien rival au trône de New-York, je parle bien entendu de Jay-Z. Une guéguerre belle et bien enterrée depuis ce fameux concert au Madison Square Garden, ce qui a donné suite l’année suivante à l’historique (mais pas si extraordinaire) première collaboration entre les deux protagonistes sur le mafieux « Black Republican« , présent sur le premier opus de Nasir Jones estampillé Def Jam, le controversé Hip Hop Is Dead.
Mais sur ce Greatest Hits, il s’agit simplement de revisiter le Nas des premiers jours, ses tubes les plus marquant de l’époque de son culte Illmatic jusqu’à la double dose Street’s Disciple de 2004. Back in 1992 lorsque le surnommé Nasty Nas enregistrait en studio « It Ain’t Hard T Tell » sous la houlette du producteur Large Professor, qu’on caractérise souvent comme le découvreur de Nas depuis qu’il l’a laissé faire ses premières armes avec son groupe Main Source (sur le titre « Live At The Barbeque« ). Lorsqu’ Illmatic sort en 1994, on découvre donc « It Ain’t Hard To Tell » mais aussi « Halftime » et tout un ensemble de morceaux impressionnants, réalisés par ce jeune de 21 ans qui débarque avec un don d’écriture inné et un flow intemporel. A la production, ses rencontres ont fait boule de neige et ont amené les meilleurs à venir travailler avec lui. Tel Q-Tip des Tibe Called Quest qui s’est chargé de « One Love » ou comme Dj Premier (qu’on retrouvera presque à chacun de ses opus) dont on peut admirer le travail ici sur ce best of avec son glacial « N.Y. State Of Mind ». Un flow fluide, une écriture urbaine percutante et poétique qui forcémment ne laisse pas indifférent, qui a fait et continue de faire de nombreuses émules depuis sa sortie. Cependant si ce génie est dévoilé au grand public, son titre à l’ambiance jazzy (apportée par le saxo de son père Olu Dara) sur « Life’s A Bitch » va également permette aux auditeurs de découvrir un autre jeune pousse du bitume, un certain AZ qui lâche ici ses toutes premières punchlines et lui vole quasiment la vedette.

De son époque It Was Written en 1996, le Greatest Hits ne retiendra de Nas, devenu alors le caïd Nas Escobar, que son duo avec Lauryn Hill sur « If I Ruled The World (Imagine That) ». La chanteuse, qui jouit déjà de son ‘Score‘ mondial avec les Fugees, participe au refrain de ce single devenu classique. On regrette cependant l’absence de « The Message« , « Affirmative Action« , ou encore peut-être cette préférence pour le remix de « Street Dream » avec R Kelly plutôt que l’originale. La suite est simple, ses singles ayant connu le plus de succès et ayant squatté en rotation les radios sont tous présent. Pour I Am…, l’incommensurable « Nas Is Like » et son duo Bad Boy avec Puff Daddy sur « Hate Me Now » sont bien évidemment présents. Après avoir totalement zappé sa période Nastradamus et notamment son tube « You Owe Me » feat Ginuwine (et c’est tant mieux), le Greatest Hits passe à l’album de la résurrection, le retour du prince avec Stillmatic de par son imposant « One Mic » et « Got Yourself A Gun », laissant de côté (et on comprend pourquoi) son fameux clash « Ether« . Avec God’s Son, on retrouve un Nas plus consciencieux et réfléchi que bouleversé par la récente disparition de sa mère, en nous livrant sur un air de Beethoven « I Can » ou encore « Made You Look », même si qualitativement « Get Down », « Book Of Rhymes » ou « Mastermind » auraient très bien pu aussi avoir leur place dans ce disque. En finissant par ce Street’s Disciple avec « Thief’s Theme » et surtout une pleine fusion Blues avec son paternel Olu Dara sur « Bridging The Gap », la boucle est bouclée et 10 ans derrière le micro sont condensés.

Ce best-of est un résumé très rapide, trop rapide même de son parcours jusqu’à aujourd’hui, et même si un double album aurait déjà été plus préférable, on aurait également douté de son efficacité vu qu’extraire chaque morceau du contexte, de l’ambiance de l’époque à laquelle il est sortie reste assez peu enrichissant. Ceci ne retire en rien la puissance des morceaux inclus, mais pour mettre un eu plus de baume à l’ensemble on a le droit à deux inédits. « Less Than An Hour », un featuring plein d’entrain avec Cee-Lo inclu sur la Bande Originale du film Rush Hour 3 qui se déroule en France (d’où la voix française du début), ainsi qu’un « Surviving The Time » énorme, dans la pure tradition de ses morceaux jazzy et nostalgiques auxquels il nous habitue depuis des années. Nas n’a rien perdu de son envergure, de sa puissance lyricale, ce qui laisse d’excellent sentiments envers son procain album prévu en Février 2008 et qui s’appellera… Nigger, de quoi faire parler de lui et de défrayer les chroniques, une fois de plus.


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