Jake One – White Van Music (2008)

15 10 2008

 

Rares sont les albums de producteur a maintenir la dragée haute du début jusqu’à la fin, surtout lorsqu’il s’agit de la première tentative de celui-ci. La présence en nombre d’invités prestigieux ne garanti en rien une qualité, c’est le raisonnement qu’il faut absolument avoir en tête lorsqu’on regarde dans les bacs un tel tracklisting. Si Jake One fait partis de ces talentueux et prometteurs beatmakers il n’échappe pas à cette monotonie qui gangrène son album sur la longueur. A 32 ans, Jacob Dutton se distingue et expose un peu plus de lumière sur sa ville de Seattle grâce à ses productions lâchées pour la scène underground (John Cena, Rasco,…). Mais son premier gros coup médiatique se fera par l’intermédiaire du G-Unit pour lesquels il co-produira avec Fusion Untld le titre « Betta Ask Somebody » présent sur Beg For Mercy. Inutile de préciser que cette collaboration est un tournant majeur pour la suite de sa carrière. Les De La Soul feront appel à lui et pourront ainsi déchaîner les scènes grâce au hit « Rock Co.Kane Flow », Freeway fera son attendu come back notamment par l’intermédiaire de son titre « It’s Over », Evidence se dévoilera en solo avec « Down In New-York City » et ainsi de suite. Mais il restera aussi toujours très proche du clan 50 Cent, jusqu’à une concrète affiliation, dont il produira sur la B.O de son film autobiographique, pour Young Buck (qu’on retrouve encore ici avec [i] »Dead Wrong »[/i]), ou encore sur le Terminate On Sight, dernier disque en date de ces soldats. 

Comme bon nombre de sa génération, Jake One est un crate digger passionné, entreposant ses vinyls à l’arrière de son Van (prêt de 10 000 tout de même!), d’ou le nom de ce premier essaie. Teinté de Soul il ajoute également à ses productions des boucles aux sonorités légères et variées qui font de l’ensemble du produit sa marque de fabrique. La guitare électrique et les multiples bruitages de [i] »I »m Coming »[/i], rapper par Black Milk et le producteur Nottz, confirme ces dires. La plupart des rappeurs présent sur son album/compile ont déjà collaboré avec lui, on comprend qu’ils aient bien voulu lui rendre la monnaie de sa pièce en acceptant l’invitation. Son Van va traverser l’Amérique de long en large durant l’écoute. Attaché vos ceinture, on démarre avec des dérapages incontrôlés dans les rues de Brooklyn aux côtés de Lil’ Fame et Billy Danze des M.O.P. sur le titre le plus secoué du disque, [i] »Gangsta Boy »[/i]. On reste sur la Big Apple à la rencontre de Prodigy jamais loin d’Alchemist (qui avait déclaré que Jake ones était l’un de ses producteurs préférés) lui même jamais loin d’Evidence, pour une triplette à la saveur blaxploitation ([i] »White Van »[/i]). Detroit is the place to be! Après la grosse association Elzhi et Royce Da 5’9 » sur le titre [i] »Motown 25″[/i], Jake One réunit de nouveaux les deux talentueux rappeurs avec une saveur plus douce mais toujours aussi délicieuse à écouter. Morceau phare, planant (sur la fin) et probablement le meilleur du disque, [i] »Bless The Child »[/i] avec les Little Brother fidèle à leur ambiance soulful (non! pas de 9th Wonder dans les parages), Gospel, et aux messages d’espoir. On quitte la dure banlieue de Durham pour la chaleur de la Bay Area avec l’un des artiste d’Oakland qui a le plus fait parlé de lui ces dernières années grâce au Hyphy. Je parle bien sûr de Keak Da Sneak qui ici pose sa voix encrassée sur un son bien laid back ([i] »Soil Raps »[/i]. Petit détour par Philly avant de retrouver sa base pour y entendre une fois de plus le flow rageur de Freeway [i] »How We Ride »[/i]. 

Signé et sortis sous le label Rhymesayers, ce n’était qu’une question de formalité de retrouver le rappeur masqué le plus connu du circuit. MF Doom et son humour nonchalant sur [i] »Trap Door »[/i] ainsi que l’obscure [i] »Get ‘Er Done »[/i]. Mais on déniche également d’autres signatures de l’écurie, des rappeurs bien connu des adeptes du Hip Hop Underground qui s’affichent ici parmi les grosses têtes d’affiches. Vitamin D, Brother Ali (toujours à la recherche de la vérité) Blueprint ou bien encore le patron même Slug pour [i] »Oh Really »[/i] en compagnie de Posdnuos des De La Soul. La preuve que Jake One a déjà une réputation bien gonflée résulte dans le fait qu’il a pu travailler avec le poulain de Dr. Dre, Bishop Lamont, ainsi que la grosse pointure d’Aftermath qu’est Busta Rhymes sur l’électrisant [i] »Kissin’ The Curb »[/i]. « White Van Music » manque très nettement d’énergie et de puissance, mais c’est un album qui s’écoute sans prise de tête. Jake One a le mérite d’être très éclectique, capable de bosser et de s’adapter à n’importe quel style de rap qu’il soit de la eastcoast, de cali ou au fin fond d’un bayou. Il n’y a aucun véritable déchet sur ce disque, ce n’est pas la galette qui vous mettra dans tout vos états non plus, mais en revanche elle vous apaisera plus qu’autre chose délivrant de bons morceaux Hip Hop qui crépitent comme un vinyl ([i] »Big Homie Style »[/i]. 


Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :