Large Professor – Main Source (2008)

28 09 2008

On pressentait que ce pilier de l’architecture sonore new-yorkais allait revenir avec un nouvel album mais on ne pensait franchement pas que le résultat aurait autant d’effet jouissif pour nos tympans. La faute a un long silence radio après son véritable premier disque « 1st Class », qui, ne mâchons pas nos mots, avait fortement déçu les inconditionnels de Large Pro. Bien sûr il y a eu ces deux volumes instrumentaux sortis dans le commerce histoire de prouver qu’il n’avait pas lâché son matériel, mais tout ceci ne nous garantissait aucun retour victorieux de sa part. A croire que Geffen Records lui avait définitivement coupé les ailes avant de s’envoler pour un succès en solitaire. C’est mal connaître ce résidant de QB, qui avec sa réputation acquise grâce à son groupe Main Source, n’a jamais cessé de ressourcer les croqueurs de la Big Apple. Cormega, Non-Phixion, Boot Camp Clik, Jin, Mic Geronimo,… tous ont bénéficié de la disponibilité et du talent du Professor. Dernièrement, il a fait extrêmement mal en sortant de sa botte secrète le missile « Stages » pour le rappeur de Boston Reks. Le doute n’a plus sa place, le grand Large Pro revient bel et bien dans toute sa splendeur.« Main Source », en référence bien sûr à ses débuts, est un concentré du savoir-faire de Large Pro. Un retour aux sources qui n’en est pas vraiment un puisqu’il n’a durant sa carrière jamais réellement changé l’orientation de ses productions. La puissance et l’efficacité de cet opus résident d’ailleurs principalement dans ces beats structurés de mélodies fortes accrocheuses, et de drums percutants. Il renforce le tout en y ajoutant une saveur old school avec quelques samples, des boucles à l’ancienne (dont de synthé notamment sur « Rockin Hip Hop » ou « The Entrance ») et des scratchs bien placés, comme sur « Hardcore Hip Hop » ou il donne sa vision sur la manière dont le mouvement a évolué. L’attente a été longue avant de le revoir en solo, mais cela en valait la peine, il a enfin trouvé un temps creux dans sa vie de tous les jours pour aller en studio et délivrer le meilleur de lui même. « Hot: Sizzling, Scorching, Torching, Blazing » vient cramer vos enceintes et s’avère déjà comme un titre mémorable.

Les invités restent des rappeurs de son entourage, des résidents du Queensbridge comme Killah Sha aka Prince A.D, son partenaire de longue date Mickey D avec qui il sonne la révolte sur un vigoureux « Pump Ya Fist ». Jeru The Damaja, Big Noyd, Lil’ Dap posent tous un seul couplet bien hot, histoire de faire un clin d’œil et de saluer le travail de Large Pro. On y retrouve aussi le désormais entendu et réentendu « The Hardest » (feat. Styles P, AZ) qui au final se retrouve sur les albums respectifs des trois rappeurs, mais qui ici retourne chez son concepteur initial. La flamme du producteur hors pair n’est pas prête de s’éteindre. Mais n’oublions pas qu’au micro il assure tout autant avec des textes qui peuvent aussi bien traiter de la rue (« In The Ghetto ») que rappeler cette époque ou les Jam Session et les fêtes improvisées fleurissaient un peu partout dans New York (« Party Time »).


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