Nelly – Brass Knuckles (2008)

7 09 2008

Nelly c’est le rappeur de Saint Louis qui a su très rapidement se faire une place avec son célèbre tube « Country Grammar » et l’album du même nom qui avait nettement rafraîchi les humeurs sudistes et le Hip Hop de l’époque. Lui qui aurait pu s’apparenter à un simple effet de mode, à un one hit wonder, à finalement réussi à camper sa vibe atypique, sa touche du Missouri dans le game avec un second opus « Nellyville » riche en tubes variés et ultras efficaces. Le succès de celui-ci était tel qu’il semble depuis avoir perdu pied en se noyant dans la facilité d’inviter n’importe qui, pour tenter de réaliser d’autres titres qui lui feront revivre ses mêmes sensations. Résultat : le double album ou plutôt les deux disques séparés Suit/Sweat sortis courant 2004 ne ressemblaient plus à grand chose, encore moins au style initial du petit rappeur de St. Louis qu’on aimait écouter.

Son retour en cette fin d’année surchargé nous laisse alors voguer dans le flou total. La trackliste n’a rien pour nous rassurer avec son côté cérémonie MTV Awards, la pochette (sans aucun goût artistique) semble être un musclé trompe l’œil, et le titre « coup de poing américain » nous laisse de marbre venant de sa part. Sait-on jamais… voyons plutôt l’opinion de trois forumeurs particuliers qui nous donnent leur avis sur ce « Brass Knuckles »:Escobar56: (auditeur lambda).
« … À en croire la pochette du disque, le MC a passé beaucoup de temps dans les salles de musculation ces dernières années. Espérons qu’il en ait gardé un peu pour la musique. Il faut le savoir, Nelly fait partie des rappeurs très commerciaux qui réunissent tous les atouts nécessaires pour vendre un maximum d’albums. Sachant cela, je ne m’attendais pas à un projet extrêmement réfléchi et profond, ni à tombée aussi bas dans l’impersonnalité. Cette fois-ci, Nelly n’a pas fait dans le commercial, mais dans le méga-commercial. Sur les 14 tracks présentes, 18 invités viennent lui prêter main-forte, voire même lui voler la vedette. C’est le cas de T.I. sur « Hold Up » ou de Chuck D sur le bon « Self-Esteem ». Le disque n’est qu’une accumulation de morceaux transpirants l’argent et le formatage radio. Si la stratégie marketing de Nelly est de réunir tous les artistes en vogue du moment sur son album, je suis sceptique quant à la réaction des puristes. En effet, Brass Knuckles est un catalogue de luxure et d’artifices à la mode dont le but est d’en mettre plein la vue à l’auditeur. Aucune ligne directrice, du son bruyant et saoulant et des titres vus et revus des dizaines de fois. Parmi ce lot, seul « U Ain’t Him » feat. Rick Ross, « Self-Esteem » feat. Chuck D et « Long Night » feat. Usher se démarque quelque peu d’un ensemble fade au possible. Le reste oscille entre frimes (« Hold Up» feat. T.I et LL Cool J, « Party Peolple» feat. Fergie, « Stepped on my J’z» feat. Jermaine Dupri et Ciara et « Chill» feat. St Lunatics), dirty south raté (« UCUD GEDIT» feat. Gucci Main & R.Kelly) et rengaines R’n’B complètement dépassées (« Lie» feat. St Lunatics, « Body on me» feat. Akon et Ashanti, « One and Only», « Who fucks wit me» feat. Avery Storm). Nelly avait du talent à ses débuts, mais je crois que désormais il est nettement plus doué pour la musculation que pour le rap. Cet opus fait peur dans la mesure où c’est avec ce genre de projet que le hip hop court à sa perte. Petit conseil : courage fuyons ! »
Note: 9

Sim$: (fan de Nelly )
« J’ai toujours pas compris pourquoi Nelly était autant détesté par les Hip Hop listener. Je reconnais, moi l’admirateur de Nelly, que ses derniers efforts « Sweat/Suit » n’étaient vraiment pas terribles. Mais là avec « Brass Knuckles », il revient fort. Fini les flows à moitié chantés, là, Nelly rappe, et il le fait bien! Il change de flow selon le type de chanson, sur « Party People », il rappe à la manière d’un Twista, sur « LA », il se transforme en crooner avec un flow laid-back et sur « Stepped On My J’z », il rappe comme un vrai rappeur. Ce « Brass Knuckles » a plus des allures de compilations malgré tout, sa fiancée Ashanti et Akon viennent poser sur le single radio « Body On Me » de belle manière où on retrouve ce flow chantonné, cette fois-ci très agréable à écouter. Dans le genre collaboration de choc on peut trouver « Hold Up » avec T.I. & LL Cool J, qui prennent d’assaut le hip hop. Mais la plus étonnante restera « Self-Esteem » avec Chuck D (des Public Enemy), une track smooth plutôt sympa avec une entente excellente entre les deux rappeurs. Son groupe St. Lunatics vient poser sur deux petites bombes qui sont « Chill » et surtout « Lie » avec la divine Keri Hilson au refrain. On ressent quand même une grosse influence sudiste dans cette galette avec d’abord « U Ain’t Him » en feat. avec Rick Ross, qui lui est égal à lui même. « UCUD GEDIT » est marqué par la présence de R. Kelly et Gucci Mane, mais malgré tout le résultat n’est pas très concluant, car les trois protagonistes se font manger par l’instru. Que serait Nelly sans la gente féminine ?? Que vaudrait un Nelly sans une balade du genre « Dilema » ou bien « Over & Over » ?? Pas grand chose en effet, c’est donc avec un Usher, qui pond un excellent refrain, qu’il invite toutes les filles à passer une nuit extraordinaire sur « Long Night ». Un petit coup d’ego trip pour aller avec tout ça sur « Who Fuck’s Wit Me » en compagnie de son collègue Avery Storm. Demandez à Nelly de faire du R&B et il vous sortira « My Place » ou encore « Paradise ». Demandez à Nelly de faire du Rap et il vous sortira « Brass Knuckles ». Cet album fermera la bouche de tous ses détracteurs, car Nelly a prouvé qu’il savait rapper, et de fort belles manières. Vous n’avez à présent plus aucune excuse pour ne pas écouter l’album.
Note: 16

Sagittarius: (hater de Nelly)
Après son « Country Grammar », album vraiment à part qui a permis à St Louis de s’implanter sur la carte Hip Hop, Nelly a colporté le stéréotype du rappeur mainstream archi-commercial. Après trois ans de silence radio, il revient avec « Brass Knuckles », qui sérieusement ne renouvelle en rien son style. Outre le fait qu’il a « amélioré » son phrasé à moitié chanté, les seuls arguments qui peuvent susciter un probable intérêt pour ce 4ème album sont : la liste des VIP conviés (où manquent Lil Wayne et T-Pain pour compléter le tableau) et des producteurs vendeurs à l’heure actuelle comme Polow Da Don ou Jermaine Dupri. Après une seule écoute, j’ai eu affaire à des ersatz de singles, des instrus sans saveur, avec, tout de même, une curiosité qui mérite l’écoute, « Self-esteem » avec Chuck D des Public Enemy, et une abomination, « One & Only », son unique track solo. Sa copine Ashanti peut se cacher d’avoir reçu une déclaration d’amour aussi affreuse. « Brass Knuckles » est tellement superficiel que pour moi, la durée de vie de cet album fut plus courte que la durée du disque en elle-même. Ses scores de vente permettront de savoir s’il est toujours populaire dans le rap game, ou s’il n’est qu’un ex-rappeur hot appartenant au club des has-been.
Note: 9

Une chose est sûre, Nelly ne fait, toujours pas, l’unanimité, plus sa carrière avance plus sa popularité semble en pâtir. La faute est, en premier lieu, a rejeté sur ce manque de cohésion qui existe dans ces derniers opus, un tout qui ressemble plus a une compilation ou a des chutes de studios assemblées pour tenter de subsister dans le milieu du Hip Hop. Pour un album solo encore faudrait-il également qu’il y ait plus d’un titre réalisé tout seul, en serait-il réellement capable? Cela ne fait pas l’album, mais quand on n’est déjà pas dans une bonne posture, il aurait peut-être dû un peu plus sensibiliser les gens sur ce qu’il fait. On remarque néanmoins qu’il aurait la possibilité d’enchaîner de bons petits hits apaisants comme c’est le cas sur « L.A. » ou même des titres consistants et réfléchis tel l’excellent « Self-Esteem », mais malheureusement cette pointe d’espoir n’est que passagère et retombe souvent dans une conception trop bâclée ou dans des univers sans originalité comme ce « Who Fuck Wit Me » qui semble tout droit inspiré (plagié) du dernier album de Justin Timberlake. « Brass Knuckles » est un album dont on ne retient malheureusement pas grand-chose, du moins il ne tournera pas énormément dans les chaînes hifi malgré quelques essais bien rythmés et festifs, nous rappelant sa fraîcheur des débuts (« Hold Up »).


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