Reks – Grey Hairs (2008)

7 08 2008

Remember the name: Reks. La sensation underground 2008 n’est pour une fois pas en provenance de la Big Apple, il faut aller chercher un peu plus haut du côté de Boston pour y dénicher l’album qui pour le moment a le plus retenu notre attention. Son premier album « Along Came The Chosen » (Brick/Landspeed Records) lui avait valu en 2001 un très bon succès d’estime, mais depuis tout ce temps le MC s’était fait discret. Jusqu’à ces deux dernières années, bien décidé à faire un comeback fulgurant, qu’il a passé à construire ce deuxième projet dans des studios new-yorkais et Floridiens. Loin d’être un novice qui débarque de nulle part, appartenant au cercle solidaire des originaires du Massachusetts (Big Shug, Termanology, Krumbsnatcha,…), c’est désormais sous l’aile entière de Statik Selektah que Reks revient à la charge sur « Grey Hairs ».
Les deux bonhommes se connaissent bien puisque Statik, en plus d’être de Boston et d’être un producteur montant, avait déjà travaillé sur son précédent album et dernièrement Reks apparaissait sur le street lancé l’année dernière par le producteur (« Spell My Name Right »). Une complicité de longue date qui aboutit sur une collaboration long format et sera peut être le déclic d’une reconnaissance plus large pour Reks. Car l’ambiance dégagée par ses prods, s’emboîte à merveille sur le style du rappeur qui reste bercé par les 90’s. Témoignage de son influence passé, Reks démontre tout son talent en un des morceaux les plus créatifs qui est été conçu: « All In One (5 Mics) ». Épaulé par le gueulard Lil’ Fame, il ressuscite 2Pac, Biggie, Big Pun et Big L en imitant leur voix et en empruntant leurs gimmicks respectifs. Reks rend ici un énorme hommage à ces légendes éternelles du Hip Hop, et procure par la même occasion un morceau déjà anthologique.

L’album est généreux, une vingtaine de pistes nous sont présentées et pour ne pas pressentir la baisse de régime qui se présente vers le milieu, on peut diviser le disque en deux parties; la première énergique, rempli d’agressivité, atmosphère bien street, et une deuxième partie plus posée où le rappeur signe des titres plus introspectifs, plus réfléchis. Des morceaux frappés par des textes constructifs, remplis d’émotions, de volonté comme « My Life » produit par Blaze P ou « Premonition » dans lesquels lui, Consequence et Termanology reviennent sur leurs erreurs commises et espèrent dorénavant à une meilleure vie. Et encore je vous parle pas du poignant « Cry Baby », un témoignage d’amour et de reconnaissance envers sa mère qui a su l’élevé seul alors qu’elle n’avait que 17 ans, des problèmes de drogues et d’argent. Une superbe chanson amenée par la touche soulful de Statik Selektah. Même si la vie ne nous fait pas de cadeau, Reks positive et sait qu’il y aura forcément un jour meilleur que ce soit dans les relations amoureuses ou autres (« Day 2 »). Un avenir plus radieux c’est du moins ce qu’il essaie d’obtenir pour son fils « Isiah ».

Avec sa petite réputation, il avait pu faire de nombreux concerts et premières parties (Mos Def, Rakim, Redman, Big Daddy Kane,…), ce qui lui a permis de rencontrer pas mal d’artistes et ainsi d’étendre ses relations. C’est le cas du rappeur de Brooklyn Skyzoo, affilié à la Justus League qu’on peut entendre à ses côtés sur « Money On the Ave » pour relativiser ensemble sur le fait que le business de rue est plus prolifique que celui de la musique. Comme sur le premier opus des Mobb Deep ou celui de Nas, Reks bénéficie de la présence de DJ Premier et Large Professor, deux monstres de la production qui lui fournissent du gros calibre pour attiser sa rage au mic. « Say Goodnight » pour la moitié de Gangstarr; un beat sorti de l’au-delà avec une mysticité planante qui lance Reks comme une fusée pour une déflagration lyricale. « Stages » pour le maître d’oeuvre de Main Source qui sort une prod. fleurant bon l’âge d’or, surclassant à elle tout seule, l’album sur lequel il nous donne sa vision sur l’évolution du Hip Hop.

Son esprit est purement ancré dans cette musique, ses morceaux sentent le froid et la pauvreté des quartiers de Boston. Rappeur consciencieux qui développe en profondeur et avec habileté, ses inquiétudes, Reks dévoile selon lui le principal fléau qui touche les Afro-Américains : l’argent et la façon dont il est dépensé. « Black Cream (The Negro Epidemic) » laisse songeur et met en avant un sujet pas facile a exploité, le tout envoûté par les chants de Big Shug qui semblent avoir trouvé un endroit ou les placer. L’an passé Joell Ortiz se distinguait avec brio grâce à son street album, cette fois-ci Reks semble bien parti pour avoir la palme de l’album indispensable de l’année, on attend toutes fois les projets futurs et principalement celui de Termanology qui s’annonce tout aussi percutant.


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