Foxy Brown – Brooklyn’s Don Diva (2008)

25 06 2008

La carrière de Foxy Brown est loin d’avoir été de tout repos. La petite rappeuse de Brooklyn prise très jeune sous l’aile de Jay-Z et pouponnée depuis toujours par Def Jam a eu beaucoup de mal à suivre la cadence de ces dernières années. Tout commence sérieusement à se gâter après son troisième album (« Broken Silence »), lorsque le patron de Bad Boy Records, Puff Daddy, et Lyor Chen, alors président de Def Jam, essaie tant bien que mal de trouver un accord pour le prochain projet de Foxy. Les nombreuses mésententes et divergences de points de vue financiers entre les deux boss ruineront totalement la sortie de ce quatrième opus; « Ill Na Na 2: The Fever » tombe à l’eau, mais sera dévoilé sur internet par un mystérieux inconnu… En 2003 la raison était plus que valable pour quitter Def Jam après 13 ans de bons et loyaux services. On la croit alors quasiment perdue telle une brebis trop loin de sa bergerie, mais la situation s’apaise rapidement en 2005 avec l’arrivée de son mentor, ami et soutien Jay-Z à la tête de Def Jam/Roc-A-Fella. Il ne mettra que quelques minutes à la convaincre de re signer dans la maison qui l’a vu grandir.Si les évènements s’arrêtaient la ça ne n’aurait pas été drôle, alors ne voyant rien de concret arriver à son sujet elle décide de s’en aller pour Black Hand/Koch Records qui lui donnent enfin l’opportunité de s’exprimer avec « Brooklyn’s Don Diva ». Elle a pris cette décision toute seule, mais les multiples faits divers (son procès pour des agressions, non-respect de sa probation…) et rumeurs nous laissent fortement penser qu’on lui a un peu montré gentiment la sortie. La rupture avec Jay-Z n’est a priori pas la meilleure solution pour revenir au top niveau, qu’il en soit ainsi, la tigresse de BK a choisi son camp et veut désormais prouver coûte que coûte qu’elle est encore hot avec des titres comme « We Don’t Surrender » (Feat. Graph). Oubliez également ses problèmes de surdités, la belle s’est faite opérée il y a peu, et ses oreilles peuvent de nouveau trembler sur la lourde basse de « We’re On Fire », un banger électrisant ou le Jamaïcain Mavado fou le feu au refrain. Autant vous le dire tout de suite, le flow de Foxy est trop souvent linéaire et manque clairement d’énergie, les productions ne remontent que peu le niveau, mais il y a tout ce même ce petit côté sauvageonne qui fait qu’on accroche à la plupart des morceaux. L’album semble néanmoins tomber dans la facilité avec des refrains tout faits, voir même avec des titres R&Bisé calibré radio comme sur « When The Lights Go Out » avec la chanteuse Kira.

Les points forts de la rappeuse sont ancrés dans le passé, elle nous propose alors un flash back avec « Never Heard This Before » produit par Fizzy Womack et un Dwele toujours aussi agréable a entendre chantonner. On continue encore avec un brin de nostalgie sur « Too Real » produit par Statik Selektah qui n’hésite pas à rajouter deux trois scratchs pour enchaîner idéalement avec le couplet d’AZ. La firme est à moitié complète qu’on replonge avec plaisir dans cette ambiance des 90’s qui nous manque bien souvent. Plus personnelle, elle revient sur les moments douloureux de sa vie via un « Star Cry » assez touchant. Moins cru et moins biatch que son éternelle rivale Lil’ Kim, Foxy nous rappelle qu’elle n’en est pas moins rebelle. Ses pulsions reviennent rapidement lorsqu’elle côtoie Lil’ Mo, les deux expriment alors leur amour pour les bonshommes virulents (« Bulletproof Love/One Love »). Adepte au mélange des genres, comme sur « Chyna Doll », son Hip Hop se confond à des sonorités reagge/ragga/dancehall. Et si le résultat est parfois douteux (« She Wanna Rude Boy »)) voir inaudible (« The Quan »), elle arrive à nous surprendre sur une excellente et inattendue combinaison avec les Morgan Heritage ainsi que son compagnon Spragga benz sur « We Set The Pace ».

D’habitude les artistes encensent bien souvent leur dernier album sortis en le considérant comme le plus aboutit bla bla bla… Foxy Brown innove en le critiquant ouvertement. La faute au label qui l’a structuré tel quel sans son accord lorsqu’elle séjournait derrière les barreaux. Du coup il faut plus considérer « Brooklyn’s Don Diva » comme un street album/mixtape, et s’attendre a une prochaine réédition contenant environ 5 titres nouveaux. Notre semi-déception a donc une explication qui on l’espère sera vite effacé pour son véritable nouvel album « Black Roses ».


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