David Banner – The Greatest Story Ever Told (2008)

23 05 2008

Pour ne pas changer la « mode » actuelle, l’album de ce bon vieux David Banner a lui aussi subit la tempête incessante des reports de date de sortie. Avec un titre tel « The Greatest Story Ever Told » (semblable à celui du prochain album de Saigon qu’on attend désespérément) on ne pouvait qu’avoir l’eau à la bouche bien qu’on sache d’avance que le discours sera forcément disproportionné avec le contenu. Surtout depuis qu’il a comparé la qualité de son projet à l’intouchable « The Score » des Fugees… Son silence radio n’est pas si anodin que ça vu la vie et les tourments qu’a pu connaître le rappeur ses derniers temps. La perte douloureuse de son père, le décès d’un grand nombre de proches dont les biens connus Pimp C et Static Major et pour couronner le tout, comme si le destin ne s’acharnait pas assez sur la même personne, David Banner apprend qu’il est diabétique. Le sort parait le forcer a arrêter sa carrière, a l’abandonner sur le chemin alors que le Hip Hop suit son cours. Connaissant sa soif de vaincre, on pouvait compter le reptile du Mississippi et son mental d’acier pour persister et finaliser ce quatrième album solo. C’est chose faite, de plus cette tragédie l’a éclairé et la guidé vers des bonnes actions comme venir en aide a des sinistrés de l’ouragan Katrina, drame dont l’Amérique n’arrive toujours pas a s’en remettre aujourd’hui.

Le monstre vert a perdu du poids, pas pour faire beau comme le pensait son entourage mais à cause de sa maladie. Quoi qu’il en soit il prouve d’entré de jeu que sa langue, elle, n’a pas maigris lorsqu’il faut passer aux choses sérieuses; fustiger tout ce qui le répugne et revenir sur son dur périple avec « So Long » et une intro en guise de seconde piste. Le problème avec ce nouvel essais c’est qu’il y a du très lourd comme des morceaux trop facile dont on se lasse rapidement. On navigue entre bangers sulfureux et tracks monotone. Dors et déjà « B.A.N. (The Love Song) » et « 9mm/Speaker » seront classés dans la partie hot de votre bibliothèque, les 3 gremlins de la musique (Akon/Lil’ Wayne/ Snoop Dogg) qui se multiplient sur tous les projets se retrouvent pour une fois réunis ensemble sur ce gentillet premier single. Quitte à choisir un parmi d’autre, le réel tube de l’album se nomme « Get Like Me » avec Chris Brown et Yung Joc qui affectionne particulièrement ce type de sonorités. Comme dans le clip, ouvrez les 5 portes de votre caisses pour faites vibrer la foule avec ces grosses basses et ce rythme festif. Présent sur de nombreux albums south du moment, on découvre avec plaisir les dernières prestations studios des deux UGK. « Suicide Doors » fait partie de ces excellents morceaux ultra lourd et nous fait en plus réentendre la voix de Kandi, la chanteuse des Xscape qui se fait bien rare dans le milieu.

David Banner crache en un freestyle ce que Nas a fait sur toute la longueur d’un album, une interlude baptisé « Freedom » qui décrit les points noirs de la société américaine. Après l’éloge d’une petite quantité de chansons, place à ceux qui nuisent à l’ensemble par manque de vitalité, d’originalité, ou faute de goûte total. « Shawty Say » ne fera que peu d’heureux; le single « Lollipop » de Lil Wayne est le tube de l’année, qu’on aime ou pas, et David Banner a bien flairé le filon en samplant ici le refrain. Manque de pot le résultat est maladroit et vite désagréable. Autre catastrophe pour les tympans ce semblant de tube pour les dancefloors « A Girl » produit par les Cool & Dre. A son habitude il se charge avec habileté de la majorité de ses productions (l’instrumentale de fin ne fait que confirmer son talent), rappelé par cette douce voix féminine qui dit son nom. Dans la lignée de « Certified » on peut écouter des ballades plus calme comme sur « Hold On » avec son homie Marcus, la désormais courante participation de Jazze Pha (« Fly »), l’énorme titre estival « I Get By » avec la douce voix de Carl Thomas et un sample d’Isaac Hayes, ou cette suite de « Cadillac On 22’s » qui tombe aisément dans la facilité de faire revivre un hit. On connaissait ce cher uncle howie dans la famille Psycho-Logical, on a désormais fait présentation avec l’attachant « Uncle Swac » de David Banner.

De l’encre et de la colère coulent toujours dans ses veines (« K.O ») seulement sur le papier il a oublié d’en étaler une couche plus épaisse, celle qui régnait de long en large sur ses précédents opus. Les invités sur la dernière partie de l’album ne rehausse pas plus que ça la barre; sa combinaison avec Jim Jones reste efficace (« Fuck You Hoes »), par contre son duo avec Chamillionaire (« Ball With Me » produit par Nitti) rejoint le groupe des ‘fautes de goût’. On est loin de l’homogénéité passé, ou encore des meilleurs histoires jamais narrées, David Banner joue sur différents facettes pour ressurgir en force de son bayou, moins convaincant sur la longueur on y retrouve quand même sur le chemin ces pépites coriaces (« Faith ») qui nous font encore apprécier ce rappeur au style si charismatique.


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