Ll Cool J – Exit 13 (2008)

31 03 2008

James Todd Smith III a montré la voie à de nombreux rappeurs en se consacrant désormais plus au cinéma qu’au Hip Hop, mais notre rappeur bodybuilder à bloc à trouver le temps de faire son régulier passage en studios pour peaufiner un nouvel album. Un enregistrement nettement plus important pour lui puisqu’il s’agit (enfin ?!) de son ultime projet sous l’écurie Def Jam. Après 24 ans de bons et loyaux services et une carrière qui commence à fortement rouiller à en croire ses dernières livraisons, la 13 ème livraison semble être le bon de la délivrance pour LL Cool J. Un bon de sortie qu’il compte bien honorer en puisant au fond de lui même l’esprit old school qui coule dans ses veines, période ou il brillait alors de plein feu et était encore considéré comme une figure emblématique du mouvement.
Pionnier oublié des jeunes auditeurs, il aura en tout cas du mal à leur indiquer clairement la direction artistique menée pour ce dernier disque tant il part un peu dans tous les sens. On est loin des caries auditives connues avec ses friandises totally R&B mais on reste dans un ensemble assez brouillon, avec une volonté de faire bonne impression qui atteint son but qu’à quelques moments. L’heure de régler les comptes a sonné « It’s Time For War » a des allures de pamplum glorifiant élogieusement sa personne et son parcours dans le game. Petit rattrapage en une intro/rétro intéressante qui plante d’amblé le décor par celui qui se surnomme le G.O.A.T. (Greatest Of All Time). Les générations passent, de la Old School à la New School (prod. Ryan Leslie), les modes défilent, mais LL Cool J est encore de la partie, certes plus habillé en survet’ Le Coq Sportif mais toujours opérationnel pour nous raconter ses histoires. On dirait que cette fois-ci LL a retrouvé toute son humeur Hip Hop. On distingue même des anciens collaborateurs revenir le soutenir à la prod comme Marley Marl sur l’électrisant « You Better Watch Me » ou DJ Scratch sur « Rockin’ With The G.O.A.T. » et un obscure « This is Ring Tone M… » avec le vieux de la vieille Grandmaster Caz aka Casanova Fly a qui l’on doit les paroles du célèbre « Rapper’s Delight ». Ces derniers lui permettent de croquer un peu le micro comme à la belle époque.

Oui, mais voila, l’instinct de prédateur reste présent. Lui qui a toujours séduit la gente féminine via ses biceps et montrés son besoin d’amour dans ses chansons ne va pas manquer l’occasion de jouer le romantique pour ses big ol butt préférés. Et puis les Ladies Love Cool James comme en témoigne son blaze. Dans ce domaine, le bilan qualitatif reste par contre nettement mitigé. Capable du meilleur comme du pire, on commence par un plutôt faiblard « Feel My Heart Beat » sur laquelle 50 Cent vient chanter le refrain. On attendait d’ailleurs une participation plus massive de l’équipe G-Unit sur cet album, car les dernières nouvelles le laissaient présager, mais finalement il n’en est rien. Reste à savoir si cela aurait tourné en sa faveur ou le contraire… on se contentera pour le moment de ce refrain. On poursuit avec le second single « Baby » (Feat. The Dream) qu’on va laissé pour les radios, car il n’y a vraiment rien d’innovant ici, on retrouve le LL des « Luv You Better », « Hush », « Control Myself », et compagnie. Duo fusionnel par contre avec Lil’ Mo pour un touchant « Cry » produit par Raw Uncut. À contrario du catastrophique « Like A Radio » avec de nouveau Ryan Leslie. Timbaland revient sur « Exit 13 »? Non c’est Jonathan Rotem qui use d’une mélodie indienne pour parfaire la tapisserie d’un médiocre « Fall In Love » ou s’ajoute le porto ricain Elan. Une fois n’est pas coutume la partie réservée à ses dames fait des dégâts, et ce n’est pas l’immonde « American Girl » qui contredira le constat.

À 40 balais, le rappeur du Queens s’en sort comme il peut, revenant sans grand explosif, passant même de justesse entre les filets de la ringardise. Avec des sujets pas toujours très recherchés il arrive a sortir des morceaux plutôt convenables tels « Ur Only A Customer » dans une ambiance très new-yorkaise fournit par Dame Grease. Se rafraîchissant au son du sud avec « Get Over Here » produit par Frado & Absolut ou délivrant un son plus « dark » pour les clubs avec « Come & Party With Me » avec Sheek Louch et Fat Joe en figurant. « Exit 13 » est un résumé condensé de ce dont il est capable: parler relax de sa pimp attitude (« We Rollin' »), mettre des morceaux désolants n’ayant aucune cohérence avec le reste (« Baby » (Rock Remix)), ou bien réussir des coups fracassant comme ici avec « Speedin On Da Highway/Exit 13 » (feat. Funkmaster Flex). LL a bien sûr son mot a dire sur la façon dont est géré son pays, avec WyClef Jean il ne cache pas ses convictions avec « Mr. President ». Le résultat est fade comparé au message beaucoup plus personnel et sincère que l’on retrouve sur « Dear Hip Hop » (produit par StreetRunner) qui, malgré quelques contradictions, clôture cet album de belle manière. Ça faisait un moment qu’il ne faisait plus grand bruit en sortant un album, cette destination finale ne risque pas non plus de faire boom et nous conforte dans notre idée, même s’il s’en sort bien mieux que ses dernières années, qu’il semble faire DEFinitivement partie du passé.


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