Rick Ross – Trilla (2008)

7 03 2008

Les dentiers de nombreux retraités pensaient pouvoir se reposer paisiblement sur les côtes de la Floride depuis que la booty music se faisait moins entendre, totalement dépassée par l’engouement nationale envers la crunk music. Mais dans la plus hot des villes caribéennes des Etats-Unis, Miami, un palmier peu en cacher un autre et d’autres rappeurs ont pris la relève pour faire résonner les caissons de basse. Avec son tube « Hustlin' » balancé en Août 2006 et son album Port of Miami qui s’en est suivi, Rick Ross a lourdement sévi, bien plus fort qu’une canicule, rappelant alors que sous ses apparences strass et paillettes se cachait une ville bourrée de vices. Lancé par Jay-Z via Def Jam et entouré par tout le panel médiatique du moment, le disque s’est rapidement transformé en or. Après maintes et maintes reports, le voilà de retour avec un nouvel opus nommé Trilla qu’il déclare en toute modestie « intemporel » en référence à un certain Thriller de Michael Jackson.

Rick Ross c’est un peu l’incarnation même de la célèbre phrase ‘The World is Yours’ de Tony Montana. Prise au pied de la lettre, le rappeur a avant tout commencé par annoncé la couleur de son humeur en empruntant le rugueux surnom d’un des plus gros drugs dealer que les Etats-Unis aient connu pour ensuite se livrer a une démonstration stratégiquement éléphantesque de son pouvoir d’hustler, de sa fortune au travers de ses morceaux. Et il en est question durant tout le long de l’opus, ceux qui n’y avait pas encore goûté savent désormais à quoi s’attendre : pas de chichis, pas de morale à deux francs, pas de beau discours…. Enfin si que de beaux discours lorsqu’il s’agit de parler de poudre, de sentir l’odeur des billets vert ou d’arpenter ‘laid backement’ les rues ensoleillés à bord d’une Maybach et accompagné de deux biatchs (ou accessoirement d’un featuring de Sean ‘Jay-Z’ Carter sur « Maybach Music »).

Quoi qu’il en soit Rick Ross a bien l’intention de montrer qui est le patron dans ce Hip Hop, et quand ce n’est pas lui qui le déclare haut et fort (« The BOSS » Feat. T-Pain et produit par J.R. Rotem), les autres s’en chargent pour lui, à l’image de l’interlude de DJ Khaled qui n’hésite pas à le congratuler dans toutes les positions. Il démarre son album avec un son club dont a l’habitude de nous sortir le producteur Mannie Fresh. Sous sa cadence up tempo, « All I Have In This World » est un banger de mise en bouche pour ce qui va suivre. Sur le papier, la liste des featurings n’avait pas du tout l’air attirante, et le résultat final en conclut que nos premières impressions nous donnaient principalement raison. L’univers orageux du rappeur en prend un coup et plonge dans de mielleuses tracks lorsque celui-ci côtoie par exemple Nelly et Avery Storm sur « Here I Am », Trey Songz sur « This Is The Life » ou Rodney avec « I’m Only Human ». On est loin d’une catastrophe ou d’une mauvaise performance de ces derniers, simplement que certaines combinaisons n’auraient mieux faite de ne pas être présentes pour laisser place à des titres plus bruts.

D’ailleurs l’ensemble des productions semblent bien moins pesante que lors de sa première flopée : Cool & Dre sont absents du projet, The Runners ne sont présent qu’à travers le second et peu volumineux single « Speedin' » (Feat. R.Kelly), par contre DJ Toomp lui fait une offrande en lui lâchant la bonne prod de l’introspectif « This Me », et Bink! semble avoir ôter un son à Freeway pour « We Shinin' » et son sample Soul. Ceux qui font ce second projet se sont surtout les membres de la JUSTICE League, qui lâchent une triplette de choix avec d’abord le fameux « Maybach Music » mais ensuite un « Billionaire » envoûtant et un « Luxury Tax » qui laisse déjà des traces suite aux dommages causés par les sudistes Lil’ Wayne, Young Jeezy et Trick Daddy. Si on s’en sort pas trop mal, on est au final quand même loin des lourdes tueries ensoleillées et consistantes qu’étaient « Push It », « Blow » ou des inlassables et insolentes boucles d’ « Hustlin' » et « Where My Money ».


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