Beanie Sigel – The Solution (2007)

15 12 2007

Beaucoup de questions se sont posées sur le cas Beanie Sigel depuis 2005 avec « The B.Coming ». Mais malgré tous ces interrogations causées par quelques faits divers et une vie semée de turbulences, le natif de South Philly ne s’est jamais vraiment retrouvé dans une impasse et c’est presque avec bénédiction qu’il retrouve à chaque fois son chemin et réponse à son problème. Son destin semble tout tracé. Alors qu’il purgeait une peine d’un an de prison, un sacré remue-ménage avait lieu à Def Jam, et le cul entre deux chaises, il a fallu choisir son camp. Partir de Roc-A-Fella pour aller chez le récent concurrent Dame Dash Music Group n’était clairement pas la meilleure des issues pour lui. Peu importe, après la rapide faillite de ce dernier, Jay-Z, pas rancunier, organise une fête en son anniversaire et lui offre une nouvelle signature dans son empire. On se dit alors que le ROC va refaire trembler le monde du Hip Hop avec le retour de Beanie et la présence des fidèles comme Freeway, Memphis Bleek, Young Gunz,… Déjà le quatrième album, mais selon les dires même du rappeur ce serait la première fois qu’il a autant de liberté, que le label n’est pas toujours sur son dos pour la création de celui-ci. On pourrait en douter, mais les paroles de Beanie Sigel ne trompent pas et dès le single ça se confirme: produite par The Runners, le tube « All Of The Above » est une collaboration avec l’infatigable R Kelly. Quand on connaît les relations houleuses du chanteur r&b avec Jay-Z, on comprend tout de suite la fleur qu’a eu Sigel sur sa liberté de choix des featurings. Déjà samplé sur le Intelligent Hoodlum de Tragedy Khadafi, « Back To life » des Soul II Soul est ici bien reprise par les Cool & Dre sur « Bout That », un des morceaux les plus puissants du disque, dans lequel il montre d’ailleurs gentiment encore ses crocs envers Jim Jones et le Dipset. Beanie Sigel a toujours été un bad guy, si on en entend souvent parler de lui dans les faits divers ou autres histoires obscures, c’est bien parce qu’il n’a pas la langue dans sa poche (mais peut-être un gun). Disser Jadakiss, Cam’ron et ses poulains, The Game ou dernièrement dans son viseur le comportement de Pharrell et Kanye West, voilà entre autre pour son palmarès. Gangster dans l’âme, il partage avec Styles P leur attitude sur le sulfureux « You Ain’t Ready For Me » produit par Dame Grease.

Dans les inédits, trois collaborations surprenantes, plus ou moins intéressantes à la croisée des genres: une vibe Reggae se dégage de « Go Low » Feat. Rock City, agréable mais vite ennuyeux, un sample d’Ozzy Osbourne (oui vous avez bien lu!) sur le décapant heavy métalleux « Judgement Day » et un sample du chanteur Pop/Rock british James Blunt sur « Dear Self » qui reprend donc « No Bravery », simple mais efficace, la mélodie collant parfaitement avec la voix du rappeur sur cette chanson introspective. Un album de Beanie Sigel ne serait pas pareil si celui qui l’a lancé il y a maintenant 8 ans n’était pas une fois de plus présent : On parle bien sûr du boss Jay-Z, qui vient l’épauler avec classe sur « Gutted ». Une haute pointure en cache d’autres, sur « Pass The Patron » et sa musique d’ascenseur crée par Rockwilder, il voit l’accompagner à ses côtés les couplets énergiques de Ghostface Killah et Peedi Crakk, le tout ré-apaisé par l’étrange refrain customisé de Diddy, mais rien de très intense pour autant.

Difficile de faire mieux que le précédent qui enchaînait bonnes productions, morceaux solides et variés à la chaîne, tout comme les nombreux feats. Celui-ci y est moins pulpeux mais reste cependant tout aussi coloré et dégage encore parfois cette sensation de légèreté, de nostalgie à l’écoute de « Im In » ou de l’excellent « Rain » avec l’autre poids lourd Scarface et l’exquise voix de Raheem Devaughn au refrain. L’atmosphère feutrée, lumière tamisée, assis dans l’ombre, caché par l’épaisse fumée d’un cigare cubain, Beanie Sigel lâche le très jazzy « Hustlas, Haze & Highways ». Just Blaze n’est plus du tout de la partie, il est maintenant principalement pris en main par le duo de producteur Dre & Vidal qui lui fournissent le nécessaire pour le mettre à l’aise.Een restant dans son domaine en alourdissant le tout comme sur « What They Gon Say To Me » (avec un scratch du « What They Gonna Do » de Jigga) ou encore pour détendre l’ambiance sur le final « Prayer », très relax avec de nouveau Raheem Devaughn, aux paroles spirituelles et ou encore une fois la réflexion sur lui-même et son parcours est de mise.

Comme son compatriote de Philly Freeway, qui a sorti un peu plus tôt son second solo Free At Last, le MC a une sacré carrure et en impose derrière le micro avec un flow imparable et reconnaissable entre deux. S’il déçoit très rarement, on regrette tout de même parfois l’absence d’homogénéité sur l’ensemble de ses projets solos, et celui-ci tout en restant vraiment bon ne déroge pas à la règle. On attend désormais le retour du State Property!


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