Necro – I Need Drugs (2000)

7 10 2007

En 2000, l’apocalypse annoncée n’a pas eu lieu, n’en déplaisent à tous ces pseudos voyants véreux (hein Paco). Le Hip Hop lui, semble cependant avoir mal accepté ce changement soudain et va pour se venger mener cette année-là une véritable campagne de terreur. A peine remis du phénomène Eminem qui vient braver tout les interdits et les tabous avec The Marshall Mathers LP, les États-unis voient naître un nouvel écorché vif. Déjà choquées par les Gravediggaz ou les Flatlinerz avec leur style Horrorcore, ils n’allaient plus s’en remettre avec Necro et son Death Rap ravageur. Ce gamin venant des bas fonds de Brooklyn, de Glenwood Project pour être plus précis, montre déjà son mépris pour l’autorité en préférant définir lui même son style avant que les médias s’en chargent. L’underground new-yorkais découvre alors un rappeur ado morbide, ultra violent, fan de Charles Manson, qui délivre déjà des freestyles d’anthologies sur les ondes de l’émission de Stretch & Bobbito. Le temps passe, son rap prend de plus en plus d’ampleur, ses productions funèbres s’affinent et il en fait profiter quelques uns comme Cage sur son mythique Agent Orange, ou pour son propre EP en 1998 (Necro). Après s’être en plus essayé dans la réalisation de films aussi sanglants et crus que ses rimes, il crée son propre label Psycho+Logical Records pour pouvoir enfin dévoiler son tout premier album solo, intitulé logiquement en toute provocation I Need Drugs.
L’album en lui-même contient peu d’inédits, il s’agit plus d’un condensé de ses anciens morceaux enregistrés entre 1997 et 2000, vu qu’on y retrouve tous les titres présents sur son EP ainsi que 3 de ses multiples freestyles, dont un spécial Noël qui vaut le détour. Entièrement produit par ses soins, l’enfant terrible va défrayer la chronique durant 13 morceaux glacials qui sentent le cul et la perversion. C’est sur « The Most Sadistic » que débute l’album, seul et unique single de l’opus, Necro y convie son frère Ill Bill pour cet égotrip familial qui annonce la couleur rouge sang d’entrée de jeu. Les frères Braunstein sont les plus tarés, les plus sadiques, y’a pas de doutes la dessus. Et il vaut mieux ne pas être leur cible vu l’agressivité de leurs propos, à moins que vous soyez suicidaires, ou encore plus psychologiquement atteints que leur envie à vouloir absolument vous poignarder et plonger votre tête dans vos globules rouges pendant que l’autre tèterait les seins de votre maternelle, à vous de voir. Necro et ses lyrics représentent à lui tout seul tout ce que rejette ou bannit la société américaine. Sur le titre éponyme « I Need Drugs », sûrement le plus connu de son auteur, il nous montre avec une rare efficacité ce fléau qu’est la drogue en se mettant dans la peau d’un toxico. Sur cette parodie d’ « I Need Love » de LL Cool J, Necro arrive parfaitement à nous faire comprendre cette déchéance et pour cause, il est lui même ancien dealer et son oncle Howie en personne est un junkie. Histoire de marquer encore plus les esprits, un clip est réalisé et nous plonge dans le vif du sujet, mieux qu’un documentaire, en direct d’une crackhouse dans laquelle il rappe à côté de son oncle en train de se piquer, de fumer du crack, et d’avoir les trips qui vont avec. Rien que de le regarder, on en a des sueurs froides. La pochette de l’album, qui a été censurée, est justement extrait de ce clip bluffant.

Quand certains rendent hommage à leurs amis, Necro lui dédie un morceau entier aux cafards (« Cockroaches »). Odeurs nauséabondes, mangeant des excréments, aimant le sang, on comprend alors pourquoi il est si proche de ces insectes. Inquietant ! Comme la production de « Your Fuckin’ Head Split » qui nous entraîne dans sa folie meurtrière. Mais ce n’est pas seulement un lyricist gore, histoire de varier de sujet temps en temps Necro se la joue romantique et nous parle aussi d’amour….., ou du moins de ses fantasmes sadomasos, de gonzos, et autre délires sexuels comme « Get On Your Knees » hymne à la fellation, un véritable sex-pert comme il se surnomme dans « Hoe Blow ». C’est ça aussi l’esprit Psycho-Logical! Capable d’enchaînement démesuré à l’image de « Fuck You To The Track » et sa production piquée à l’héro, il se remet dans le bain de l’époque de ses freestyles pour délivrer un charismatique égotrip. Humour satanique, élégance carnassière, il installe l’horreur et la démence dans votre vie plus vite que votre ombre. Bien que les mentalités aient évolué, âmes sensibles s’abstenir! 20 ans après Blowfly, 10 ans après 2 Live Crew, Necro continue de tracer le chemin d’un rap outrancier, en pimentant sa recette d’un sot d’hémoglobine, d’un sachet de coke et de quelques putes siliconées.


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