Black Milk – Popular Demand (2007)

16 09 2007

Les personnes les plus attentives auront sans doute distingué assez tôt ce nom de Black Milk, à l’origine de certains morceaux pour Lloyd Banks, Phat Kat, Pharoahe Monch, Proof, Canibus,… Et c’est propulsé par l’intermédiaire du célèbre groupe Slum Village que la carrière du jeune rappeur/beatmaker a pu prendre une toute autre proportion. Vivement apprécié pour ses créations, il collabore avec eux sur la compilation Dirty District et se voit même pour la première fois acheté deux de ses productions pour l’album Trinity. Une exposition plus large qui va lui permettre de commencer à se faire un nom, s’en suivra alors le EP Broken Wax et la mixtape Sound Of The City pour faire gonfler un buzz qui ne cesse de croître. Mais à la vue d’un public impatient qui en attend davantage, il était donc venu le moment pour Black Milk de sortir une oeuvre plus aboutie qu’auparavant; un premier album solo intitulé logiquement Popular Demand.Un premier single fait grimper les espérances d’un disque qui promet d’être riche en musicalité. « Sound The Alarm » marque le coup avec son ambiance futuriste, de part ses drums et une basse ascendante qui fait tout le rythme du morceau. Venant aussi de Détroit et ayant collaboré avec J Dilla, on le désigne déjà, peut-être trop précipitemment, comme le digne successeur du défunt producteur. Ses instrumentaux respirent le même air, celle d’une ville qui a baigné dans la Soul de la célèbre Motown et des diverses musiques électro. Un environnement qu’a su s’approprier et s’inspirer Jay Dee dans ses travaux. Cette révolution est devenue la marque de fabrique du Hip Hop de Detroit, et les héritiers en perpétuent aujourd’hui l’atmosphère si particulière qu’il a su apporter de son vivant. Le meilleur exemple de cette influence pourrait se justifier à l’écoute de « Lookatusnow » avec Phat Kat, qui rappelle fortement le style de prod de J Dilla: une musique si vivante, si mélodieuse qu’elle apporte son lot de sentiments en l’écoutant.

Bien évidemment le but de ses sons n’est pas de copier tel ou tel style, ça reste une inspiration, un hommage, mais il y ajoute forcément son grain de sel, son empreinte. Accompagné de ses cousins NameTag et Slim S.D.H. sur « Say Something » il alterne la mélodie entre une simple boucle de piano et le sample d’une voix d’un chanteur de Soul. Encore faut-il le rappeler mais avant de découvrir cette vocation de beatmaker, qui lui correspond mieux, il a avant tout été rappeur. Il est loin d’être mauvais derrière le micro, au contraire, il arrive plutôt bien à poser sur ses créations, mais comparé à ses invités comme Guilty Simpson, Phat Kat, Que Diesel ou les Slum Village (qu’il a réussi a réunir avec Baatin le temps de « Action » ), son flow et ses lyrics sont font plutôt pâle figure.

Aucune piste n’est mauvaise, mais certaines ressemblances dans les productions et la monotonie de son flow (sauf sur quelques pistes dans lesquelles il se distingue particulièrement comme « Three-Sum » ou l’excellent « Shut It Down ») sont les principaux défauts de ce CD. Loin d’être transcendant pour autant, Black Milk nous livre ici un bon album, qui nous permet de nous familiariser avec son style avant ses futurs projets.


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