Fabolous – From Nothin’ To Somethin’ (2007)

25 06 2007

Rappellons quelques faits : En Novembre 2004, Real Talk avait confirmé que Fabolous n’était plus qu’un simple espoir du rap, mais une pointure qui avait franchi un cap en donnant un album solide, composé de morceaux bien street et de bons bangers, le tout travaillé par les plus gros producteurs du moment. Vers le mois de Juillet 2006, on apprend qu’il change de label en toute discrétion, fuyant Atlantic Records pour rejoindre le géant Def Jam. En attente de son premier album sous sa nouvelle casquette, il lâche quelques mixtapes histoire de rassurer son public qui attend une suite aussi bouillante que la précédente. Autre évènement majeur dans sa carrière : en Octobre, une altercation l’amènera à être blessé par balle à la jambe gauche. On se dit alors qu’on est pas passé loin d’un nouvel évènement tragique dans le monde du rap. C’est finalement début Juin, que le hustler de Brooklyn fait son grand retour avec ce nouvel album tant attendu, qu’il intitule From Nothin’ To Somethin’, en rapport forcément à son fabuleux destin.La première écoute laisse bouche bée, mais pas dans le sens époustouflé qu’on pourrait croire. Se serait-il perdu suite à ses mésaventures et son changement d’orientation? Pour ceux qui suivent de près Loso depuis ses débuts, on se rend vite compte – au fur et à mesure que les morceaux défilent – qu’on a affaire à son opus le moins performant. Ça reste un mélange de divers styles comme il nous en avait habitué auparavant, mais il y a une certaine baisse de régime certaine qui se distingue amplement à tous niveaux. A la vue de la tracklist, on était déjà loin d’être enchanté, les invités comme Rihanna, Akon, T-Pain, Ne-Yo, Lloyd, laissaient déjà présager un album de l’allure de Street Dreams résonnant principalement sur des collaborations R&B. Là n’est pas le problème, car bien que le Street Dreams avait reçu de nombreuses critiques, il était tout de même de bonne facture avec de bons singles pour ceux qui apprécient ces combinaisons R&Bisées. Mais le hic c’est qu’ici l’ambiance et la qualité semblent encore moins présentes et bien plus fades. On pourrait lui reprocher de faire trop de ce genre de morceaux, mais c’est sa double facette qu’on lui connaît, donc ici le reproche sera plus le réel manque d’inspiration, d’enthousiasme et d’alchimie avec les productions dans certaines de ses pistes.

Autre point marquant : la monotonie permanente de son flow. Dès l’intro, on s’aperçoit qu’il est comme ça durant tout le long. Ses lyrics en ont également pris un grand coup, et les bonnes punchlines ne semblent plus trop être de rigueur à chaque ligne. Qu’on ne s’y trompe pas, Fabolous reste le même dans l’âme, et ses paroles bien moins percutantes restent cependant très précises. Comme son envie de représenter encore et toujours son hood, ici sur l’excellent hymne « Brooklyn » (samplant un bout de « Freestyle » de Notorious BIG), avec des bons couplets de Jay-Z et son nouveau phénomène Uncle Murda. Un titre bien brut qui se démarque largement de l’ensemble de l’album. S’essayant un peu à tous les styles, comme celle des ambiances south avec Young Jeezy sur « Diamonds » (qui reprend d‘ailleurs quelques passages de leur précédent duo « Do The Damn Thang« ), Fabolous nous livre plus ici une sorte de compilation où viennent s’ajouter à chaque morceaux un nouvel invité.

Trop d’invités tue la mention d’album ’solo’ à proprement parlé, surtout lorsqu’il s’agit de prendre les chanteurs/rappeurs les plus en vogue pour tenter d’amener la sensation du moment. Son « Make Me Better » est sans nul doute le crossover R&B le plus touchant, où lui et Ne-Yo viennent parler d’amour et de sentiments, sur une bonne production d’un Timbaland toujours présent avec ses violons lorsqu’il s’agit d’apporter son lot d’émotion. A contrario, côté fête et champagne, Jermain Dupri lâche T-Pain et son vocodeur pour un « Baby Don’t Go » super énergique, mais tellement inintéressant côté texte. Après la bouffée d’air amenée par Just Blaze sur « Breathe« , celui-ci revient en grande pompe sur « Return Of The Hustle » avec un Swizz Beatz qui vient faire de la figuration en reprenant des bouts de lyrics de « C.R.E.A.M. » du Wu-Tang Clan. Red Cafe, autre natif de ce fameux quartier de New-York et nouvellement signé sur le label d‘Akon, vient jouer les grosses pointures sur l’électrique « I’m The Man« . Également présent sur la bonus track, il confirme une fois de plus tous les espoirs mis en lui pour son premier solo qui doit sortir courant 2007.

From Nothin’ To Somethin’ est un album assez brouillon, le peu de qualité se mêle avec des titres bien faibles, le résultat n’en est que plus décevant. A l’image du morceau avec Pusha T, « Jokes On You« , il devient vite lassant après plusieurs écoutes. Dommage ! Mais qu’on se rassure, si l’on en croit sa discographie, Fabolous nous lâche une fois sur deux un excellent album, on attend donc rapidement le prochain.


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