Paul Wall – Get Money, Stay True (2007)

7 04 2007

Sortez vos grillz, enfilez vos bermudas, vos polos, décapotez votre caisse car le climat estival a fait son apparition prématurément et des albums appropriés aux températures viennent squatter les bacs de vos magasins préférés. Moi, j’arrache d’un coup de croc doré, tel un chien enragé, le plastique qui entoure le dernier album du blanc bec de Swishahouse Records, Paul Wall, « Get Money , Stay True ». Ouverture du boîtier d’un doigté agile, feuilletage rapide du livret avant de monter dans la petite 106 Kid rouge (Stay True!) pour fourrer l’autoradio Sony de cette galette qui s’annonce chaud bouillante pour les tympans. Petite virée en banlieue parisienne donc pour l’écouter tranquillement sous ce beau ciel bleu. 
La lecture est lancée, « Get Your Paper » featuring Yung Redd défile et commence à faire vibrer gentiment la carrosserie. Cette petite mise en bouche produite par Mr. Lee, mi slow mi up-tempo nous fait frétiller de ses quelques touches de synthé. Mr. Lee, le producteur du label Rap-A-Lot semble s’être lié d’amitié avec le rappeur puisque depuis sa participation sur « The Peoples Champ », il s’occupe presque de l’intégralité de celui-ci. Vitres baissés, coude à l’air, siège légèrement baissé, j’suis à l’aise et j’écoute attentivement l’arrivée du maigre couplet de Snoop Dogg sur « Everybody Know Me » mais je suis vite lassé par l’instru, donc je décide de zapper sans pitié ce morceau passable. On le sait tous que les sons sudistes mettent bien le feu lors de soirées avec leurs grosses basses ou leur BPM ultra-rapide, et qu’ils sont justement fait entièrement pour ça. Des sons festifs, des sons juste pour s’éclater, s’épanouir sous la chaleur haletante de ce sale sud. Et bien Paul Wall est un parmi des milliers à s’exercer dans ce domaine, mais doit sa reconnaissance internationale récente à son style de chien galeux mais aussi grâce à ses collaborations avec Chamillionaire, Mike Jones ou encore au dernier album de Kanye West (le tube « Drive Slow »). Il reste en tout cas sur ses positions et la ligne artistique qu’on lui connaît sur cet album, il n’y a qu’à écouter le premier single « Break ‘Em Off » accompagné de Lil’ Keke ou bien « I Ain’t Hard To Find » pour se rendre compte qu’il reste largement influencé par son défunt mentor DJ Screw, véritable légende dans la région.

Petit passage par la pompe à essence (Get Money!), et là j’entend la musique qui débute chaque production So So Def. Merde je me suis pas gourré d’album pourtant ? Ben non c’est bel et bien toujours Paul Wall qui vient poser sur « I’m Throwed », un beat largement différent que ce que nous sort d’habitude Jermaine Dupri. Faut dire que ces derniers temps, il travaille plus souvent avec des artistes R&B mielleux que des artistes de sa localité. Et bien qu’il l’ai toujours fait, on avait senti une grosse baisse de régime dans sa créativité. C’est en quelque sorte un retour au source pour lui ici, ou l’ambiance d’Atlanta se mêle au brut de Houston. Accélération sur l’autopont de la RN3 avant de prendre l’A3 direction Périphérique Sud, les très bon « Call Me What You Want » et « Bangin’ Screw » viennent bouillonner dans mes veines. Rien à foutre des paroles conscientes de certains rappeurs, il faut par moment de la bonne screw music comme celle-la, qui ne parle que de grosses caisses, de fric, de belles nanas, de petits business entre hustlers pour se défouler un bon coup. Car le style Paul Wall est bien là : bad boy au crâne rasé, lunettes de soleil à la chicano, avec des gros tatouages partout et surtout ses grillz qui sont sa marque de fabrique. Posé dans sa Cadillac, sa voix posée qui nous emmène dans ses aventures à chaque morceau. Entré sur le périphérique, j’enchaîne sur « How Gangstas Roll » où la douce voix de Crys Wall (qui fait le refrain) n’est autre que sa femme, c’est assez rare d’ailleurs de voir un rappeur poser avec sa femme hormis bien sûr pour un Nas ou un Jay-Z. On la retrouve aussi sur un « On The Grind » plus léger mais bien ensoleillé ,avec Freeway qu’on avait un peu perdu de vue malgré l’annonce de son prochain second album.

Damn ! Un Hummer me poursuit sur le périph’ , j’ai beau appuyer sur le champignon, la 106 a du mal à rivaliser. Ce monstrueux 4×4 qu’on a plus l’habitude de voir dans les clips Hip Hop américain s’introduit de plus en plus dans le paysage français. Bon certes, on en voit pas tous les jours mais il suffit d’une journée comme ça pour en croiser quatre aux alentours des Champs Elysée, dont même un Hummer Limousine. Ce n’est pas anodin si je vous parle de bagnoles, cette musique est faite en partie pour ça. Conduire ces voitures de luxe, ces engins customisés aux suspensions hydrauliques et jantes disproportionnées en faisant péter les boomers fait partie du jeu de celui qui aura le plus la classe. Sortie Porte de Chatillon, Trina débarque sur le bon slow down « That Fire », puis laisse place au titre le plus faible de l’album, « Tonight », sur lequel Jon B et Paul Wall jouent les lovers, mais le tout laisse un goût amer et ramollit d’un coup l’album. Heureusement que le ton remonte vite vers la fin sur « Gimmie That » où il se déchaîne avec Drumma Boy sur son bon gros son crunky, ou encore le bon « I’m Real, What Are You » (sur une production de KLC) avec Juelz Santana donne la réplique au texan.

Le disque est correct dans l’ensemble, « Get Money, Stay True » est ce genre d’album qu’on apprécie de réécouter par moment. Bien qu’il n’ait rien d’extraordinaire et quelques morceaux ennuyeux, il plaira en grande partie aux amateurs du genre. J’arrive enfin à destination, ça tombe bien le dernier morceau arrive et laisse place au groupe Expensive Taste dont il est l’un des membres avec ‘Skinhead Rob’ (ex membre du groupe rock Transplant) ainsi que Travis Barker (le batteur des Blink 182). Une chanson transgénique pour ce mélange surprenant dont on aura en 2007 un plus large aperçu puisque leur album est bientôt prévu avec des participations de Bun B, Slim Thug et bien d’autres. Et puis pour ceux qui en veulent plus, sachez qu’il y a trois bonus ainsi que la traditionnelle version Screwed de l’album qui est disponible, remixé par Michael « 5000 » Watts.


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