Prodigy – Return Of The Mac (2007)

7 03 2007

Et de sept ! Un chiffre qui porte bonheur, pour d’autres ça porte malheur. En tout cas le 7 est depuis longtemps un chiffre sacré. Blanche Neige avait ses 7 nains, il y a les 7 péchés capitaux, les 7 jours de la semaine, les 7 merveilles du monde, 7 albums de Mobb Deep et il y aura désormais les 7 ans qui séparent HNIC du grand retour en solo de Prodigy. Mais avant de nous délivrer un album digne du premier du nom, il se fait la main sur cette mixtape/street-album au côté du producteur The Alchemist qui produit le tout. Return Of The Mac, on est bien d’accord qu’on ne parle pas ici de dompteur de trottoir mais bel et bien de la gachette. Et bien que l’intro, samplant entre autres Mark Morrison, fasse douter, l’étonnant « Mac 10 Handle » met les choses au clair. Reprenant un sample qu’avait déjà adapté les Geto Boys, DMX et Jadakiss, Pee fait sa fiction du gangster solitaire, seul dans sa chambre d’hôtel avec son flingue dans la paume de la main, complètement paranoïaque et shooté.
Beaucoup le voyait déjà s’enfoncer encore un peu plus surtout depuis les critiques souvent injustifiées qu’il a essuyé après ses prestations sur le Blood Money. Beaucoup y voient la raison de sa maladie qui l’affaiblit chaque jour un peu plus. Il avait d’ailleurs du renoncer l’année précédente à partir sur pas mal de dates de la tournée Mobb Deep à cause de cela, notamment celles de Paris et Lyon. Tout ceci à sans doute remué en lui, et comme par le passé son état l’a souvent aidé à rendre ses paroles plus solides et infaillibles, il veut toujours nous prouver qu’il est bien la charismatique plume du Queensbridge, en frappant un grand coup cette année avec deux projets nous réinvitant dans son univers crapuleux. Ambiance teintée majoritairement Soul et Funky des années 70 comme on la retrouve dans un film de la Blaxploitation, Prodigy aka Bumpy Johnson et Alchemist aka Dutch Shultz se réincarnent en ces gangsters des seventies et nous plonge pour une virée nocturne sur New-York City. La superbe cover annonce de suite la couleur. La bien surnommé « Rotten Apple » dévoile bien des secrets et nous embarque parfois dans l’une de ses nombreuses rues insalubres. Samplant l’immense et regretté James Brown et son « Down And Out In New-York City » (présent sur la BO du film Black Caesar), Prodigy nous raconte calmement l’atmosphère de la ville qui ne dort jamais, sur un rythme down tempo et sa petite boucle de guitare. L’un des meilleurs morceaux de l’album.

Il a certes bien changé depuis ses débuts, que ce soit son flow qui est devenu de plus en plus posé, ou ses lyrics qui sont un peu moins affûtés. Mais n’en déplaisent aux détracteurs, il garde son style en haut de l’affiche avec des punchlines qui restent efficaces et un phrasé froid qui les rendent encore plus crédibles. Imprégné des images de son enfance, il se souvient de comment tout cela à commencer sur « Legends », comment il voyait et vivait les choses dans son quartiers à l’age de treize ans. Alchemist emprunte ici la douce mélodie de « Touch Me Take Me » de la fameuse chanteuse de la Motown, Rita Wright. Une association parfaite entre un Alchemist au meilleur de sa forme, bien dans son élément avec cette ambiance mafieuse et ses bons vieux vinyls poussiéreux sortis de ses cartons, avec un Prodigy qui nous revient en grande forme, sans manque d’inspiration. The O’Jays, Barry White, The Dramatics, O.V. Wright, The Montclairs, James Brown,… une panoplie d’artistes impressionante qui ne peuvent qu’alourdir et enrichir la musicalité de cette mixtape. Une aventure sortie à la grande surprise sur Koch Records, car tout ce qu’il fait en solo sera désormais sous cette structure. Cela permettra surement à tout ceux qui avaient lâché le rappeur à cause d’une simple signature sur le label de 50 Cent, de le retrouver ici en solo, sans single de pacotille calibré pour les radios, sans featuring obligatoire, seulement Pee, son mic et son franc parlé.

Seul regret, certains beats un peu trop redondants par moment, et la courte durée du projet qui – rappelons-le – n’est qu’un tour de chauffe avant son véritable retour pour H.N.I.C. 2. Mais les tueries, au sens propre, sont bien présentes. Les têtes d’affiches s’appellent « I Stuck On You » et sa soulful attitude, aux textes tranchants, racontant ses trois gros vices que sont l’argent/ les femmes/ et les guns, puis l’énorme « Take It To The Top », « 7th Heaven » (avec le seul invité Un Pacino), ou encore la track éponyme (anciennement « New-York Shit »), un hymne déjà culte reprenant comme refrain un passage d’un ancien freestyle de Tupac. C’est du très lourd que nous sortent Alchemist et Prodigy, une association de malfaiteurs qui continuent de faire des ravages, et dont on est impatient d’entendre la suite.


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