Lloyd Banks – Rotten Apple (2006)

13 10 2006

On l’attendait depuis pas mal de temps déjà, mais les retards dûs au label et surtout au fait qu’Internet ait joué un vilain tour à ce cher Mr. Banks, le ‘Rotten Apple’ (G Unit/Interscope/Polydor) n’a donc pu finalement nous être dévoilé qu’en ce mois d’Octobre 2006. Un deuxième album enregistré dans un studio qu’il a récemment lui-même fait installer dans son quartier d’enfance de Southside Jamaica, et qui est selon lui mieux travaillé que le précédent car le ‘Hunger For More’ avait été confectionné en tournée avec ses comparses du G-Unit. Mais en tout cas, la formule ne change pas: on reste dans la même lignée, dans la même tonalité que le précédent avec quelques bangers, quelques morceaux posés, des morceaux sombres, un lot de refrains histoire d’ambiancer et surtout des invités par-ci par-là.Certes, il y a toujours la même équipe sur cet album, mais d’autres featurings sont un peu plus novateurs voir même surprenants pour certains. On aurait pu s’attendre à Nate Dogg pour faire un refrain mais ici c’est bien Musiq Soulchild qui s’en charge et qui vient poser sa voix suave sur « Addicted ». Tout comme sur l’efficace et mélodieux « Help » (produit par Ron Browz), à défaut d’avoir la présence d’Olivia on retrouve la nouvelle égérie de Timbaland, Keri Hilson (qui fait de plus en plus parler d’elle et qui confirme une fois de plus son talent sur ce morceau). Deux bons choix de collaboration qui apportent une première bouffée d’air à ‘Rotten Apple’.

Le plus étonnant quand même était de voir la présence sur la tracklist de deux vétérans du hip hop US comme Rakim et Scarface, des artistes qu’on avait alors peu l’habitude de voir collaborer avec des membres du crew de 50 Cent. C’est désormais chose faite. Malheureusement le résultat escompté n’est pas ce à quoi l’on espérait. Tout d’abord « You Know The Deal (Dollar Bill) » n’utilise qu’un sample de la voix de Rakim pour en faire le refrain, et le « Iceman » manque largement de punch malgré la présence du trio sudiste Young Buck, Scarface et 8Ball, soit 5min26 assez molassones. Cependant le morceau ‘avec’ Rakim reste efficace. En restant toujours dans les vieux soldats, les nouveaux venus dans l’écurie sont eux aussi de la partie. Prodigy represente toujours New-York sur « Rotten Apple » avec 50 Cent (sur une production d’Havoc), un morceau qui introduit cet opus de manière assez mystérieuse car on le dirait tout droit sorti d’une mixtape (vu de la qualité passable). P et Havoc sont tous deux réunis en feat pour un « Get Clapped » bien obscur, comme à l’accoutumé pour ces deux Mobb Deep.

Fier d’être New-Yorkais, Lloyd Banks l’est aussi et le fait d’avoir vécu dans l’un de ces ghettos lui permet, comme à la plupart des rappeurs, d’exprimer son vécu, ce qu’il vit et toutes les autres histoires qui défilent dans ces rues. D’ailleurs sur son nouveau tatouage, on peut nettement lire Rotten Apple et distinguer la Statue de la Liberté qui a défaut de brandir une torche, tiens cette fois-ci un flingue. La torche étant censé représenter la lumière et donc la direction à suivre, on sait tout de suite sa vision des choses et où il veut en venir avec l’autre symbole utilisé. « NY NY », avec une production plus que modeste d’Eminem, est justement là pour nous le rappeler, avec un Tony Yayo qui semble avoir enregistré son couplet entre deux parloirs tellement il fait une faible et minime apparition.

Le premier single « Hands Up », qui est aussi un son sortant des studios Shady, marque le coup pour faire monter le niveau et la pression à l’image de ce qu’avait été « On Fire » sur son album précédent. Quoique bien meilleur que celui-ci, tout en restant dans le simple but d’être un son pour faire bouger, s’éclater avec donc des paroles qui ne volent pas forcémment très haut. Son grain de voix reste le même mais côté flow et lyrics, on sent tout de même une légère progression et une plus grande envie derrière le micro sur certains morceaux. Mais bien qu’il ait voulu obtenir parfois ce côté plus sombre, et parfois plus énergique sur cet opus, le choix des productions est parfois hasardeuses et nous lasse très vite la plupart du temps, tel est le cas par exemple de la boucle de « Playboy 2 » ou de « Make A Move ». Heureusement que d’autres chansons comme « The Cake » produit par 10, ou le très bon « On Night Stand » de 9th Wonder (avec Keon Bryce aux backs) sont là pour ajuster et réhausser le niveau de l’opus.

Pour conclure, on a la un bon petit album qui n’a rien de bien extraordinaire pour autant, mais dont on sait que les admirateurs de Lloyd Banks y trouveront leur compte. Le style du bonhomme a peu changé par rapport à ‘Hunger For More’, qui était un poil meilleur tout de même. Pour les autres amateurs de Hip Hop, il ne s’agit la que d’un album de plus qui ne vous marquera pas forcémment et vous passerez déjà à autre chose d’ici quelques jours.


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