Infamous Mobb – Special Edition (2002)

12 07 2006

Queensbridge, soit l’aboutissement du plus important projet de logement public de la ville de New York. Six blocks Nineteen Six buildings comme le répète souvent Ty Nitty, Twin Gambino et G.O.D. part 3, ayant tout trois naquis dans ce quartier sur la 41ème avenue. La construction des batiments en forme de Y avait pour but d’améliorer l’ensoleilement des résidents, mais à contrario c’est toute une atmosphère ténébreuse et dangereuse qui s’en dégagea. Musicalement, au cours des années le QB a démontré qu’il regorgeait d’artistes: MC Shan, Marley Marl, Tragedy Khadafi, Mobb Deep, Nas et j’en passe. Normal me direz-vous, quand on vit dans un endroit ou se trouve une forte concentration d’habitants totalement déshérités s’y mêle chomage, délinquance, drogue et histoires de gang en permanence, on en a des choses à raconter. Chacun retranscrit du mieux avec sa plume les moments de leur vie dans ce hood.Parmis ces écorchés du bitume les Infamous Mobb ont su faire leur place, et pourtant il en aura fallu du temps avant qu’ils ne sortent leur premier projet. Après avoir fait leur début dans l’ombre de Mobb Deep en collaborant sur des albums et non des moindres tel que ‘Hell On Hearth’, ‘Murda Musik’, le ‘Soul Assassins’ de DJ Muggs ainsi que sur la compile ‘QB Finest’, il nous faudra attendre jusqu’a l’année 2002 – après maintes difficultés à trouver un label – pour enfin découvrir l’opus de ce trio intitulé ‘Special Edition’, sorti sur leur propre support IM3 et distributé par Landspeed.

C’est uni comme les doigts de la main (à l’image de la pochette de l’album) qu’ils nous invitent dans leur univers sale en livrant comme des affamés leurs histoires, leur vie de ghetto mal fâmé. Et pour nous faire cette visite guidée, et mettre l’ambiance sonore en fond de cette narration, ils ont fait appel à un producteur peu connu à l’époque, à savoir The Alchemist, qui de par ses beats lourds et inquiétants nous entraine dans cette jungle urbaine et apporte une solide structure à ce disque. Sept instrus sont signées de sa main de maître, mais on y retrouve aussi Ax The Bull, Havoc, Muggs ou encore Vic.

Quand on vient de Queensbridge, on représente sa localité bien évidemment comme partout (‘I Rep’), mais l’on fait aussi appel à ses comparses de trottoirs pour venir poser à leur côté au micro. En commencant par monsieur featuring Big Noyd que l’on retrouve sur l’immense ‘Killa Queens’, tout comme Prodigy qui vient aussi poser avec son célèbre flow sur ‘Mobb Niggaz (The Sequel)’. L’autre moitié de Mobb Deep est bien évidemment présent à la production (comme dit précédemment) mais aussi sur le refrain de ‘We Don’t Give A…’.

Chaque jour, c’est comme un film sombre, des scénarios malsains aussi divers qu’il y a de chance de gagner au loto. Mais malgré cela, ils s’en sortiront comme ils le disent dans le percutant ‘We Will Survive’ avec la douce voix de Chinky qui de part sa voix féminine allège la pression, tout comme dans cette chanson où ils se remémorent le QB de leur jeunesse sur ‘Back In A Days’. Ty-Maxx, Uno-Dos, Blitz, Kaos, Hostyle, V-12 tout un tas d’artistes proche du groupe que l’on peut entendre le long de cet album. Trois rappeurs, trois voix de brigand qui ont réussi à apporter leur musique au sommet, à nous faire frissoner et à prolonger l’esprit rappologique de ce quartier devenu pour tout amateur de hip hop une référence.

Realize QB ain’t playing no games


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